Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

VOTRE OPINION ET LA NOTRE 3/3

8 Mai 2012, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

VOTRE OPINION ET LA NOTRE 3 / 3

Le développement de la criminalité parmi les très jeunes gens on pourrait dire parmi les enfants est un gros sujet de préoccupation pour les citoyens animés de « l'esprit public ». On commence à douter que la sévérité en quelque sorte mécanique des tribunaux, ordinaires soit un bon remède ; on a proposé l'institution de tribunaux spéciaux, tout au moins la tenue d'audience spéciales, pour juger les jeunes coupables. Et ces audiences ont été tenues depuis un an, chaque lundi, à la 8e chambre correctionnelle de la Seine.

Dans les douze derniers mois, 171 enfants ont comparu devant les magistrats qui, au lieu de les envoyer dans les maisons de correction, c'est-à-dire de les pousser à la perdition définitive, les ont placés en « liberté surveillée ». Ce régime consiste à doubler l'autorité familiale insuffisante par le contrôle d'inspecteurs administratifs. Si les parents sont indignes ou absents, l'enfant est confié à un patronage ou à un patron qui en répond. Un certain nombre ont été placés à la campagne, qui vaut beaucoup mieux que les grandes villes pour rétablir la santé physique et morale. Sur 171 sujets une centaine paraissent maintenant sauvés.

Le système le plus judicieux consisterait sans doute à laisser la menace de la maison de correction suspendue sur la tête des enfants, en cas de rechute comme on fait avec la loi de sursis.

 

038 -01

 

Comment désirez-vous qu'on vous enterre ? Ça vous es égal, probablement. Alors, comment désirez-vous qu'on organise les enterrements où vous serez forcé d'assister, avant d'y passer à votre tour ? Ce n'est pas une question gaie ; mais c'est une question pratique.

On a réclamé depuis longtemps, en prose et même en vers, contre les cérémonies qui « pour honorer les morts, font mourir les vivants ». On n'a rien modifié. Cependant chaque hier, un nombre infini de braves gens contractent des bronchites, des pneumonies, attrapent la grippe, et prennent le lit en revenant de suivre au cimetière le convoi d'un ami, ou le convoi d'un indifférent.

Le mort ne s'en porte pas moins. Si c'est un ami il serait très fâché de votre accident. Si c'est un indifférent pourquoi se tuer en son honneur ? Dans la boue, sous la pluie, vous cheminerez lentement par les rues ; vous prenez un bon rhume de cerveau sous les voûtes glacées de l'église ; vous le confirmez sur les bords de la tombe ; vous perdrez une journée entière, sans compter celles que vous passerez dans votre chambre pour vous remettre. Est-ce raisonnable ?

En d'autres pays, où l'on professe pour les morts autant de respect que chez nous même quand ces morts étaient peu respectables de leur vivant on ne leur permet pas de causer tant de ravage. On les enlève décemment mais par les voies rapides

 

038 -01

 

Le ministre de la Guerre a décidé que les conseils de réforme renverraient dans leurs foyers les soldats qui pèsent moins de 50 kilos. Car selon les règles immémoriales de l'art militaire, on ne doit faire tuer à la guerre que les beaux hommes, saints et robustes.

Il semble pourtant que les « poids légers » pourraient payer leur dette à la patrie de diverses manières. Pour les besognes d'administration et de paperasserie exécutés en si grand nombre dans les bureaux, il ne faut pas une force athlétique. Et les progrès de l'aérostation militaire ouvrent une nouvelle carrière aux guerriers qui manquent de pesanteur, leur défaut deviendrait une qualité à bord des dirigeables. Le ministre, évidemment, n'y a plus songé. Il est encore temps.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 12 AVRIL 1908

TOUS LES LUNDI A 14 HEURES IL Y A UNE SERIE DE PHOTOS

Commenter cet article