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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 2/3

28 Juin 2011, 09:00am

Publié par nosloisirs

VOTRE OPINION ET LA NOTRE 2/3

 

Un élève en pharmacie empoisonne son patron qui ne lui montrait pas assez d'égards. Le jury condamne l'empoisonneur à mort. Et l'avocat traduit : « Avec la grâce avec les commutations ça fera dix ans de bagne » Or le bagne est devenu presque confortable et certains auteurs le décrivent comme une villégiature. Le condamnée à mort écoute donc le verdict et l'arrêt sans émotion pénible.

On ferait mieux de ne pas prononcer la peine de mort et livrer ainsi la loi à la risée des malfaiteurs. Quel pouvoir d'intimidation pour conserver la justice dont les sentences demeurent vaines.

 

 

La question des moustaches qui avait causé de grands troubles parmi les arçons de café ou de restaurant, ce qui avait amené les parisiens a prendre leur apéritif entre deux agents de la force publique, enflamme aujourd'hui les valets de chambre, valets de pied, grooms et cochers.

Ces citoyens ont tenu un grand meeting à la salle Wagram pour affirmer leur revendications. Ils réclament d'abord le droit à la moustache. Ils l'auront car nous entrons dans l'ère de la justice et de l'affranchissement.

Mais quand les domestiques porteront a moustache, les maîtres se la couperont, afin de e pas ressembler à leurs domestiques. Et les domestiques y renonceront, afin de ressembler encore à leurs maîtres. Toutes les modes ont leur origines dans ce désir des uns de passer pour d'autres qui veulent au contraire se distinguer. Nous attachons une grande importance à notre figure et à notre vêtement au leu de comprendre que notre caractère moral nous rangera seul dans la catégorie des maîtres ou dans la catégorie des valets.

 

 

Les souveraines ont de singuliers amusements. La reine du Portugal était venue passer huit jours à Paris, pendant que l'agitation politique s'accroit à Lisbonne, quelle récréation pensez-vous qu'elle a choisie ? Une promenade à Versailles, ou dans les musées ou les magasins ? De la musique ou de l'automobile ? Ou encore la conversation de quelques personnes intimes et spirituelles ?

Vous n'y êtes pas. A Majesté a choisi la chasse à courre. Avec une forte bande de chevaux, de chiens, de chasseurs, de piqueurs de valets, elle a tué un pauvre cerf dans les bois de Rambouillet.

La reine d'Italie prend volontiers le même plaisir, les journaux relatent, comme un trait original que Sa Majesté ne craint pas de disséquer un peu avec son couteau de chasse, les biches tombées sous son fusil pour suivre dans leur chair la trace des chevrotines.

Nos hommes politiques, à mesure qu'ils arrivent au pouvoir, sont pris de la même manie meurtrière. Tel qui décrit de généreux articles pour défendre « nos frères inférieurs » emploie maintenant ses loisirs à mitrailler chevreuils et faisans dans les tirés présidentiels.

On dirait que l'art de tuer rentre fatalement dans l'art de gouverner « C'est par les lapins qu'on commence, c'est par le peuple qu'on finit ! » chantaient nos pères.

REVUE NOS LOSIRS DU 22 DÉCEMBRE 1907

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