VOTRE OPINION ET LA NOTRE 2/3
VOTRE OPINION ET LA NOTRE
A la bonne heure ! Nous sommes désormais au même niveau que les Américains. Nos trains rapides sont pillés par les brigands comme dans le Far-West et on ne plaisante plus, chez les Yankees, la routine ou la pusillanimité de nos malfaiteurs.
Chaque année, à la réouverture des théâtres, un directeur quelconque reprend le Courrier de Lyon ou l'Attaque de la malle-poste. Il est sans exemple qu'une saison d'hiver ait commencé sans ce drame. On vient de le moderniser sur la ligne d'Orléans ; il s'appellera maintenant l'Express de Toulouse ou l'attaque du fourgon de recettes. Avec une belle judiciaire au bout, cela fournira mille représentations.
Les malfaiteurs étaient bien armés ; ils tiraient juste ; on a demandé aux employés du chemin de fer pourquoi ils n'avaient pas sorti leurs revolvers ; ils ont répondu : « Parce que le règlement nous interdit d'en avoir Et ce règlement-là résume assez bien notre étonnante organisation sociale où les honnêtes gens sont presque toujours en état d'infériorité devant les autres.
Les femmes médecins sont assez nombreuses déjà. Ne trouvez-vous pas que, sans pousser très loin les études médiales, toue femme devait être un peu médecin, c'est-à-dire recevoir les notions de physiologie et d'hygiène qui lui seront nécessaires à son foyer, pour soigner ses enfants — bien entendu — et pour soigner aussi son mari.
Car on pense toujours aux enfants, on pense rarement au mari. Le mari compte pour quelque chose dans la famille. Les hommes sont ordinairement négligents de leur hygiène, surtout lorsque leur travail les absorbe. Quand ils se sentent indisposé, ou bien ils n'y font pas attention et continuera à vivre comme d'habitude jusqu'à ce que le mal s'aggrave ou bien ils s'en remettent à la mère de famille, qui leur applique par tradition quelque « remède de bonne femme ». A table l'homme mange ce qu'on lui sert, sans savoir si telle ou telle variété d'aliments convient à son tempérament et à son genre d'existence.
La maîtresse de maison devrait avoir sur ces matières des idées précises, raisonnées, et ne pas décider qu'on fera telle ou telle chose parce que « cela se faisait ainsi chez sa mère ».
REVUE NOS LOISIRS DU 15 DECEMBRE 1907