VOTRE OPINION ET LA NOTRE 2/2
VOTRE OPINION ET LA NOTRE
Un publiciste qui revient de Chine exprime son ahurissement à l'idée que : « La mort est pour les Chinois un accident prévu, accueilli de bonne grâce ; et que le fils témoigne sa piété filiale en offrant pour étrennes, à ses parents un beau cercueil. »
les publicistes chinois qui rentrent dans leur pays après un voyage de découverte en Europe, doivent manifester autant de surprise en observant le contraire.
« Les Barbares d'Occident considèrent la mort comme un événement invraisemblable, ils auraient horreur d'en parler ; ils tâchent de n'y jamais penser. Bien qu'ils voient mourir autour d'eux leurs parents et leurs amis de tout âge, ils se persuadent qu'ils ne mourront point eux-mêmes ; où que cette catastrophe arrivera dans les temps infiniment éloignés. Un fils passerait pour enfant dénaturé, s'il faisait allusion devant ses parents à leur mort possible. Il doit feindre de croire que ses parents vivront jusqu'à la consommation des siècles. C'est une convention de mensonge, fondée sur la peur »
Ce publiciste chinois serait beaucoup plus sensé que notre confrère européen.
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Avez-vous jamais graissé vos bottes avec de l'ambre gris ? Non probablement et vous avez bien fait. L'équipage d'un bâtiment anglais, naviguant dans les mers du Sud, n'a pas été économe.
Ayant aperçu des plaques d'une substance huileuse qui flottaient sur les vagues, ces marins en ont puisé des seaux, et l'ont employée à imperméabiliser leurs cabanes, leurs surcits, leurs souliers et à encaustiquer le plancher des ponts. A leur arrivée au port, comme ils avaient encore une petite provision de ce dégras on leur appris que c'était de l'ambre gris, valant 2 000 francs la livre. Matelots, capitaine, armateurs furent désespérés d'avoir passé près de la fortune et d'en avoir gaspiller une partie misérablement. Quand on vit sur la mer et de la mer, il faudrait en connaître les produits.
Mais cet incident montre la relativité des valeurs selon les circonstances. Tel objet se vend au poids de l'or dans la société civilisé qui serait dédaigné dans la société primitive et vice versa.
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Un de ces procès qu'on appelle « bien parisiens » parce qu'il ont toujours pour héros de nobles étrangers, vient d'apporter des lumières nouvelles sur la coquetterie féminine.
Il y a quelques mois, une artiste des théâtres subventionnels qui gagne bon an mal an une quinzaine de mille francs sur la scène, confiait aux journalistes qu'elle ne peut pas s'en tirer à moins de 200 000 francs par an chez sa couturière, sa lingère et sa modiste. Cette fois, c'est un couturier — sans la lingère ni la modiste — qui présente une petite note de 435 000 francs et qui en soutient l'exactitude devant le tribunal de la Seine. On y voit figurer en trois jours pour une seule femme, 9 050 francs de robes légères (batiste, linon) et dans un seul mois 22 250 francs de fournitures.
Les magistrats se déclarant peu compétents pour chicaner le détail, on réduit en bloc de 20 % la facture de 435 000 francs, comme ils souhaiteraient que fussent réduites les factures plus modestes de leurs épouses.
Le plus étrange, c'est que les personnes capables de dépenser 435 000 francs pour se vêtir paraissent sur les champs de courses avec des robes si réduites qu'on les accuse de se montrer nues. Que dépenseraient-elles pour s'habiller complètement ?
REVUE NOS LOISIRS DU 20 SEPTEMBRE 1908