VOTRE OPINION ET LA NOTRE 1/2
VOTRE OPINION ET LA NOTRE
La Champagne ne récoltera pas du vin en 1908 et la Bourgogne craint de ne plus récolter des escargots.
Il y a une crise de l'escargot, les pouvoirs publics s'en émeuvent ; le conseil général de la Côte-d'Or adjure le gouvernement de prendre des mesures. Il s'agirait d'assimiler au gibier à poil à plume — (dans quel catégorie le classera-t-on?) — et d'en interdire la chasse pendant quelques mois.
Les escargots comme les lapins, se divisent en escargots de garenne et escargots de clapier ou de « parc ». L'escargot de garenne habite les vignes, l'escargot du parc dans des enclos, abrité sous des ifs, est nourri de choux, de salades et d'herbes fraîches. Les gourmets font sans doute une différence entre le gastéropode sauvage et le gastéropode de basse-cour.
C'est naturellement l'escargot sauvage qui tend à disparaître, comme a disparu l'écrevisse, à cause d'une chasse inconsidérée ; le sulfatage des vignes entraîne aussi la mort de cet intéressant animal.
D'ingénieux commerçants ont essayé de remplacer l'escargot à diverses denrées ; ils ont introduit dans les vieilles coquilles du mou de veau découpé en spirale ou des débris de pneumatiques. Mais les amateurs s'en aperçoivent. Et le commerce local s'associe au vœu du conseil général de la Côte-d'Or. Sauvons (pour le manger) l'escargot de Bourgogne.
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« Quelle race au point de vue de l'art, offre le type le plus parfait de la beauté féminine ? »
il y avait qu'une Américaine qui fut assez audacieuse pour poser cette question. Naturellement après l'avoir posée, l'Américaine l'a résolue à son avantage ; elle avait parcouru le monde, d'hôtel en hôtel et elle a conclu : « La femme Américaine est le type accompli de la beauté »
Là-dessus, grand bruit dans Landerneau. Comme on ne pouvait ps interroger toutes les femmes directement intéressées —ni de tous les hommes qui ont cependant leur avis —on a consulté un grand nombre d'artistes. Les uns se sont tirés d'affaire avec un mot spirituel ou galant ; d'autres ont considéré surtout la clientèle qu'ils recherchent ; quelques-uns ont taché d'être sincères. Mais la divergence même de leurs jugements montrent qu'ils n'ont pas plus d'autorité en la matière que le reste de l'humanité.
Il n'y a pas de type absolu de la beauté. Ce qui semble beau chez les Hottentots paraît dégoûtant à Paris ; la belle Anglaise et la belle Esquimaude n'ont que peut de traits en commun. La beauté des statues grecques ne nous enthousiasme pas aujourd'hui. Même dans un seul pays, la conception de la beauté change avec le temps, presque selon la mode. Et puis, il y a le milieu, le costume, le décor surtout le charme personnel de la femme, enfin le goût de son admirateur. Point de règle fixe, point de juge impartial.
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Peu de gens se doutent du rôle que jouent les odeurs dans la vie animale. D'abord, notre odorat perd beaucoup de sa sensibilité dans l'atmosphère corrompue dans les grandes villes ; ensuite, les sensations de cet ordre, à moins d'être violentes, passent inaperçues.
Les peuples moins « civilisés » que nous ayant conservé leurs organes en milieu état, font plus d'attention aux odeurs. Les Asiatiques et les Africains reconnaissent de loin l'odeur des Européens ; les nègres la trouvent fade, écœurant ; les Chinois où les Japonais la trouent rance, aigre, intolérable ; il leur faut du temps pour s'y accoutumer. Ils sont surtout végétariens, tandis que les Européens sont carnivores ; et les animaux carnivores dégagent toujours un fumet plus accentué. Vous n'avez qu'à faire la comparaison, au Jardin des Plantes, entre le quartier des herbivores et le quartier des fauves, loups, chacals, tigres.
L'odeur de la race comporte en outre une infinité de différenciations individuelles ; c'est ce qui permet au chien de suivre une piste, celle d'un gibier déterminé ou celle de son maître ; parmi cent autre pistes. Les états pathologiques modifient encore l'odeur individuelle.
L'odeur entre certainement pour une part importante dans les attractions et les répulsions que nous éprouvons à l'égard des autres personnes. Nous ne remarquons pas assez ce phénomène ; mais nous le subissons à chaque rencontre.
REVUE NOS LOISIRS DU 4 OCTOBRE 1908