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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 1/2

9 Décembre 2012, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

 

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Votre opinion et la nôtre

Les statisticiens établissent que la population de la France ne représente aujourd'hui que 13 % de la population des grandes puissances ; au dix septième siècle, elle y représentait 38 %.

Nos professeurs d'histoire dans les lycées et dans les écoles, ont toujours oublié de nous donner ces chiffres, lorsqu'ils célébraient devant nous la gloire passées, les hauts faits de nos guerriers, l'hégémonie de Louis XIV en Europe et les luttes soutenues contre cinq ou six États coalisés. Nous prendrions dès notre enfance, l'habitude de juger des choses plus sainement si nous savions que la force de la France ne provenait pas der la valeur surhumaine de ses habitants, mais de leur supériorité numérique. Si le Grand Roi combattait à la fois cinq ou six autres monarques, c'est qu'il pouvait mette sur pied autant de soldats à lui tout seul que ses ennemis ensemble.

Aujourd'hui les proportions sont renversées. Les autres États sont groupés, centralisés homogènes comme la France le fut très tôt ; et ils renferment sept fois plus d'habitants . Le rêve de ressusciter le passé n'est donc pas raisonnable ; et le rêve de sur peupler la France pour égaler en nombre nos rivaux est encore plus fou. Réglons nos ambitions sur les conditions présentes, et non sur des conditions disparues.

 

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Maintenant que l'automobilisme est entré dans les mœurs et qu'il a trouvé la plupart de ses applications pratiques, les problèmes de la navigation aérienne vont accaparer l'attention. La théorie, du « plus lourd que l'air » garde des adeptes convaincus. Les derniers résultats obtenus par les aéroplanes encouragent les aviateurs.

Il s'agit d'utiliser la force infinie du vent ; c'était un obstacle ; il faut que ce soit un auxiliaire. Telle est la position nouvelle de la question. Pour tirer partie des forces de la nature, il suffit d'observer avec attention la vie des animaux. Quelques savants avaient noté que plusieurs espèces d'oiseaux très lourds et de vaste envergure arrivent non seulement à se maintenir en l'air, mais encore à s'élever, à se diriger, à parcourir d'énormes distances sans donner le moindre coup d'ailes, sans faire la moindre dépense de force, rien qu'en exploitant le souffle des vents.

Les grands aigles, les grands vautours volent au départ pour s'élancer ; ensuite ils planent leurs ailes restent immobiles ; mais ils décrivent des cercles, montent au-dessus des nuages, descendent au point qu'ils ont choisi. Le moteur n'intervient qu'à de rares intervalles. Est-il possible que l'homme ne trouve jamais le moyen d'en faire autant ?

 

O o O o O

 

L'armée italienne fait d'importants achats de chevaux dans les départements français du Sud-Ouest où se remonte notre cavalerie légère. Les éleveurs sont enchantés parce que les italiens paient des prix plus forts que notre administration militaire. Mais notre administration militaire s'inquiète, parce que les cours vont monter, et parce qu'elle voit diminuer une ressource essentielle à la défense nationale. Il est bien difficile de sauvegarder à la fois tous les intérêts. Faut-il sacrifier les intérêts particuliers à l'intérêt public ? Est-ce que l'intérêt public ne se compose pas d'un ensemble d'intérêts particuliers. Graves questions.

Pendant la guerre du Transvaal, nous fîmes la traversée de l'Atlantique avec des Hollandais qui manifestaient chaudement leurs sympathies pour les Boers et qui maudissaient l'ambition britannique. Savez-vous ce qu'allaient faire aux États-Unis ces Hollandais anglophobes ? Ils allaient acheter des chevaux pour remonter la cavalerie anglaise de Transvaal.

Le sentiment est une chose ; les affaires sont une autre chose. En parole on obéit au sentiment, en actions, c'est la « bonne affaire » qui domine tout.

REVUE NOS LOISIRS DU 12 JUILLET 1908

 

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