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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 1/2

12 Septembre 2012, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

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VOTRE OPINION ET LA VOTRE

 

Les statisticiens jettent de nouveau cris d'alarme la spécialité du statisticien est de jeter un cri d'alarme à propos du ralentissement de la natalité. Seulement ils sont obligés de reconnaître que ce phénomène n'est pas particulier à notre pays ; il est constaté dans tous les pays civilisés ; bien mieux, il se manifeste davantage à mesure que les pays se civilisent.

Et dans chaque pays, ce sont les classes les plus cultivées, les plus raffinées que s'abstiennent de mettre au jour des enfants, tandis que les classes pauvres avec une brutale imprévoyance, engendrent des légions de malheureux.

Le simple rapprochement de ces faits pourraient suggérer aux savants sociologues et repopulateurs certaines réflexions. Dans l'échelle des êtres, depuis les poissons qui pondent des millions d’œufs jusqu'aux mammifères supérieurs qui portent un ou deux petits, on constate que la fécondité diminue en proportion du perfectionnement. La même loi s'applique à l'espèce humaine. La natalité ne diminue pas à la cause de l'affaiblissement ou de la corruption de la race ; au contraire, elle diminue parce que la sagesse la raison éclairée, les sentiments délicats l'emportent de plus en plus sur l'aveugle impulsion de la bestialité.

 

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A mesure que les moyens de transports se multiplient dans les grandes villes, le besoin d'être transporté grandit. Tramways, omnibus, bateaux, chemins de fer, aériens et souterrains n'y suffisent pas. On me marche plus. Un peuple innombrable s'enferme dans des véhicules incommodes pour gagner les ateliers, les bureaux et les magasins où ils s'enferment tout le jour. Les citadins mènent une existence de prisonniers.

Il faut réagir. La circulation du sang, la respiration, les fonctions digestives, ne se trouvent pas bien d'un tel régime. Le temps qu'on passe debout à faire la queue aux stations d'omnibus ou dans les couloirs du métro, on l'emploierait plus utile met à marcher. On ferait l'économie d'une petite somme, répétée deux fois par jour, et multipliée par le nombre de jours ouvrables, finit par devenir une grosse somme.

On aurait meilleur appétit on dormirait mieux, on guérirait ses vapeurs, ses migraines. Avec une centaine de francs de plus , on louerait un logement plus confortable où l'on s'habillerait plus à son goût. Moins on marche, moins on a le désir de marcher. Dût-on faire quatre ou cinq kilomètres le matin et les refaire le soir, on y gagnerait à tous égards : argent et santé.

 

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Tandis que ans les vieilles sociétés d'Europe, les hommes dépourvus d'initiative et de vitalité cherchent un petit rond-de-cuir pour y rester assis jusqu'à l'âge de la retraite sous la dépendance d'une multitude de supérieurs hiérarchiques et dans l'atmosphère malsaine d'un bureau, les hommes du Nouveau-Monde rêvent d'indépendance et de grand air.

L'offre la plus séduisante que fassent les défendeurs de grands capitaux à la foule des travailleurs n'est pas de les employer dans une usine ou dans un magasin, mais de leur faciliter l'acquisition d'une petite ferme. Un fermier sur sa terre est un homme libre, un homme bien portant, un homme heureux. En cas de mauvaises récoltes, il serre sa ceinture d'un ou de plusieurs crans, comme l'employé ou l'ouvrier d'usine en cas de chômage ; mais les deux misères ne sont pas comparables. Le sentiment du « chez soi » la bonne hygiène, la pratique d'une vie normale, permettre de supporter sans dépressions des épreuves.

Aussi la,possession d'un petit domaine agricole est-elle l'objet de toutes les ambitions intelligentes dans les pays anglo-saxons. En Angleterre, quelques propriétaires de vastes terres commencent à les morceler. Aux États-Unis des compagnies se forment pour exécuter les travaux et les constructions nécessaires sur de considérables étendues, à l'installation de fermes où la culture peut donner le bien-être et le bonheur à des êtres raisonnables.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 7 JUIN 1908

 

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