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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 1/2

1 Août 2012, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

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VOTRE OPINION ET LA NOTRE

M. Carnegie donne à la France diplodocus. C'est gentil. Justement le Muséum se plaignait de ne plus recevoir de dons gracieux ; le jardin des Plantes aller manquer d'animaux. Comme le diplodocus mesure six mètres de haut et vingt sept mètres de la tête à la queue, il pourra remplacer un certain nombres de singes.

Malheureusement il est mort et même ce que M. Carnegie nous offre, ainsi qu'au roi Édouard VII, ce n'est qu'un moulage de la bête, dont le squelette original demeure aux États-Unis. Il coûtera moins cher à nourrir, et c'est fort bien, dans l'état de dénuement où sont réduits les hôtes de notre jardin zoologique.

Dans les Montagnes Rocheuses où ils vivait avant le déluge, le diplodocus était tenu en petite estime en dépit de ses grandes dimensions, parce qu'il possédait fort peu de cervelle ; son crâne est dérisoirement étriqué par rapport à l'ensemble de sa personne. C'est pourquoi l'espère à disparu. Il ne faut pas être si encombrant dans le monde, quand on n'a pas de ressources intellectuelles.

 

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L'Établissement du service militaire de courte durée rend précieux le temps d'instruction que les soldats passent au régiment. Il ne faudrait pas le gaspiller en besogne inutiles. Or les Parisiens sont frappés de la quantité de militaires qu'on distrait de leur véritable service pour les affecter à des parades, enterrements, transports, piquets d'ordre, gardes d'honneur, tout à fait hors d'usage dans les autres pays.

De 600 à 650 officiers et soldats sont ainsi employés quotidiennement quand les Chambres siègent ; une centaine de moins quand les chambres ne siègent pas. L'Élysée, le Palais Bourbon, le Luxembourg occupent 250 hommes en temps de session, 135 en temps de vacances, à faire la hie, battre le tambour, présenter les armes devant les élus de la démocratie.

La Banque, le Ministère des Finances, les champs de course, le sous-secrétariat des postes, sont gardés par des soldats. Pourquoi ?

Tout ce travail est étranger aux fonctions de l'armée moderne. Il doit être accompli soit par des agents de police, soit par le personnel même des établissements intéressés ; dans la plupart des cas, il doit être simplement supprimé. A Berne ou à Washington, capitales de vraies républiques, on ignore ces abus.

 

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Il y a cent ans que fut inventée l'enveloppe où nous enfermons nos messages. Encore ne l'emploie-t-on en France que depuis une soixantaine d'années.

Jusque-là, c'est au dos de la lettre même pliée et cachetée que s'inscrivait l'adresse. Le timbre de la poste donnait date certaine de la missive. Maintenant quand on produit une enveloppe et une lettre, rien ne prouve que la lettre a vraiment voyagé dans l'enveloppe. Même si la lettre est recommandé, les marques postaux s'appliquent seulement sur l'enveloppe et le destinataire qui a signé une décharge peut soutenir que l'enveloppe contenait une feuille blanche ou ne contenait rien du tout.

Pour ces motifs, quelques amateurs du passé critiquent l'usage de l'enveloppe ; ils voudraient revenir à l'ancienne mode, qui donnait aussi plus de caractère et de valeur aux autographes. Eh bien, qui les empêche ? La carte-lettre d'ailleurs réalise précisément ce qu'on voudrait ressusciter.

 

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Il sévit sur les archiducs une véritable épidémie de renoncement. Après tant de ses cousins, voici que l'archiduc Joseph Ferdinand, colonel du 93e régiment d'infanterie autrichienne, quitte son grade pour entrer dans la vie bourgeoise. Un de ces frères, également est sortie de l'armée pour vivre à Munich. La famille de Habsbourg qui a été la plus orgueilleuse de l'Europe, finira toute entière par adopter les mœurs de la classe moyenne.

Pendant ce temps, les bourgeois qui ont fait fortune emploient tous les moyens pour se procurer des titres et pour se faufiler dans la société dite aristocratique ; les Américains offrent des dons énormes en échange de parchemins plus ou moins authentiques plus ou moins rongés par les mites.

C’est-à-dire que l'homme n'est jamais content de sa condition. Il aspire aux honneurs ; quand il y est plongé jusqu'aux oreilles, il ne souhaite plus que d'en servir. Il croit toujours que son bonheur dépend du milieu où le hasard le place, alors que son bonheur dépend de lui-même, de sa philosophie, de sa science d'adaptation aux circonstances.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 17 MAI 1908

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