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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 1/2

29 Juin 2012, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 1/2

Les banquiers Japonais qui font un krach ont une manière simple et commode de liquider la situation, après avoir fait krach ils font hara-kiri, c'est-à-dire qu'ils s'ouvrent le ventre après avoir vidé la bourse de leurs actionnaires. Et tout le monde est satisfait.

Jamais cette idée ne viendrait aux Boulaine, aux Lepère, aux Mary-Reynaud, aux Marcé-Berneau d' Occident. Nos écumeurs de finance connaissent l'infatigable, l'inépuisable, l'incommensurable naïveté de leurs dupes, ils savent bien qu'une première catastrophe ne les démonétisera pas au contraire ; ils trouveront de fantastiques partisans chez les gogos mêmes qu'ils ont déjà plumés.

Rien n'était plus édifiant à ce sujet que les propos recueillis par l'observateur désintéressé aux assemblées d'actionnaires qui ont suivi le krach Rochette. La crédulité tenace dont bénéficiaient autrefois les prophètes religieux où les sorciers profitent aujourd'hui aux aventuriers d'affaires. Ce qui n'empêche pas la foule moderne de se croire très supérieure à la foule du moyen âge.

On les subtilise pourtant son bel argent, auquel l'homme moderne tient autant que l'homme d'autrefois tenait au salut de son âme.

Quand il y a chez nous des hara-kiri, des suicides ce n'est jamais le financier voleur qui s'exécute ; ce sont les souscripteurs volés !

 

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Parmi les grandes réformes dont il est question en ce moment, la suppression des billets de faveur devrait avoir un bon numéro d'ordre.

Le billet de faveur tient une place considérable dans la vie parisienne ; il est le fléau des journalistes.

La perpétuelle ambition des Parisiens ou des provinciaux en visite à Paris, est d'aller au théâtre gratuitement. Même les gens riches rougissent de payer leur loge ou leur fauteuil ; ils dépenseront beaucoup d'argent en réception, en dîners, en politesses variées ; au besoin ils commanditeront des journaux ou des théâtres, pour obtenir le billet de faveur. Ce qui leur aurait coûté 50 francs, ou 10 francs au guichet, leur reviendra peut-être à cent ou à mille francs. Peu leur importe. Le parisien qui paye sa place a le sentiment d'être confondu dans le vinaigre ; au lieu que le billet de faveur annonce de hautes relations dans le monde théâtral ou journalistique, ans les milieux officiels ou littéraires, dans la vie de Boulevard.

Les malheureux journalistes sont en butte à d'exaspérantes sollicitations. Ils n'ont jamais de billets pour leur propre compte en dehors des services nécessaire à l'exercice de la critique et tous les gens qu'ils connaissent leur en demandent. Très souvent ils sont obligés de payer de leur poche les places qu'ils offrent, en échange d'une côtelette ou d'une tasse de thé. C'est cher !

 

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L'équipe de Cambridge a battu l'équipe d'Oxford, c'est un fait. Toute l'Angleterre se passionne pour cet événement.

En vertu de l'entente cordiale, qui nous vaut déjà l'importation de la boxe anglaise, notre public sportif commence à considérer aussi le match annuel d'Oxford contre Cambridge comme digne d'intérêt. Si vous demandiez à beaucoup de nos concitoyens en quoi consiste l'épreuve, ils ne pourrait vous répondre. Même s'ils sont au courant, ils ne vous expliqueront jamais pourquoi la victoire de huit étudiants, montant un bateau, sur huit étudiants, montant sur un autre bateau, importe aux destinées de la nation britannique, encore moins aux destinées du peuple français.

Pourtant les vainqueurs garderont de leur succès une auréole. Ils seront plus célèbres en Angleterre que s'ils avaient remporté par leur Université des prix littéraires ou scientifiques. Non seulement au club, mais dans la vie pratique, dans les affaires, peut-être au Parlement, leurs concitoyens leur accorderont une considération particulière, même des avantages réels, parce qu'ils auront manié l'aviron vigoureusement un jour de printemps. Voilà le snobisme.

Accordons au sport sa place légitime dans l'existence humaine ; mais ne tombons pas dans la puérilité. L'anglomanie doit avoir des limites.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 3 MAI 1908

TOUS LES LUNDIS A 14 HEURES SERIE DE PHOTOS

 

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