UN POEME "JUIN"
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J U I N
Les prés ont une odeur d'herbe verte et mouillée
Un frais,soleil pénètre en l'épaisseur des bois ;
Toute chose étincelle et la jeune feuillée
Et les nids palpitants s'éveillent à la fois.
Les cours d'eau diligents aux pentes de cailloux
Ruissellent clairs et gais, sur la mousse et le thym
Ils chantent au milieu des buissons d'aubépine
Avec le vent rieur et l'oiseau du matin.
Les gazons sont tout pleins de voix harmonieuses,
L'aube fait un lapin de perles aux senties
Et l'abeille, quittant les prochaines yeuses
Suspend son aile d'or aux pâles églantiers.
Sous les saules ployant, la vache lente et belle
Plaît dans l'herbe abondante au bord des tièdes eaux,
Le joug n'a pas encore courbée son cou rebelle,
Une rose vapeur emplit ses blonds naseaux.
Et par delà le fleuve aux deux rives fleuries
Qui vers l'horizon bien coule à travers les près
Le taureau mugissant, roi fougueux des praires
Hume l'air qui l'enivre, et bat ses flancs pourprés
LECONTE DE LISLE
LES CLIMATS DES HAUTES MONTAGNES
NE RÉUSSIT PAS AUX CHATS
Les chats que l'on transporte sur les montagnes élevées ne tardent point à souffrir des troubles organiques les plus variées
A Leadville, ville très peuplée située plus de 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer, il n'y a ni petit minet ni robuste angora qui puissent résister plus de trois mois.
Tous les chats, quelque temps après leur arrivée sont pris d'une somnolence invincible et passent presque tout le temps à ronfler. Ce mal s'empare de l'animal pour deux ou trois semaines. Un bien être relatif lui succède. Mais bientôt surviennent de véritables attaques hystériques ; et ces attaques se répètent à des intervalles de plus en plus rapprochées et jusqu'à ce que mort s'ensuive. On a essayer d'acclimater des petits chats venus au monde à des hautes altitudes ; mais tous les efforts ont été inutiles.
