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Un monsieur a perdu quelque chose * Le gilet de flanelle

26 Octobre 2011, 09:00am

Publié par nosloisirs

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UN MONSIEUR A PERDU QUELQUE CHOSE...

Fantaisie par Georges FABRI

Rue de Rivoli Trois heures de l'après-midi

La circulation est active.

Tout à coup un Monsieur quitte son trottoir , semble vouloir traverser, mais s'arrête au milieu de la chaussée et là, il fouille du regard le pavé dans un rayon de deux mètres.

Les voitures l'évitent avec peine, des badauds s'approchent, les gens des impériales se lèvent malgré l'avis préfectoral et aux fenêtres des rideaux s'écartent.

De toute part la même pensée jaillit :

— Un monsieur qui vient de perdre quelque chose.

Une minute ayant fui, le Monsieur e trouve encerclé de curieux qui cherchent avec lui. De temps à autre, ils le regardent quêtant une vague indication.

Mais le Monsieur est bien trop absorbé !

On se remet donc à chercher — avec d'autant plus d'ardeur qu'on ignore totalement ce qu'on cherche.

Nouvelles minutes.

Nouveaux badauds.

Les derniers venus se hasardent à questionner les avant derniers.

Ceux-ci interviennent les avant-avant-derniers — lesquels transmettent aux privilégiés du premier rang l'interrogation générale :

— Qu'est-ce qu'il y a ?

Mais le premier rang à ses raisons pour rester discret.

Néanmoins voici ce qu'on entend bientôt à partir du sixième.

— Ce n'est rien... c'est une dame qui a perdu le talon de sa bottine.

— C'est un enfant tombé du quatrième.

— C'est un drame qui vient de se dérouler...

— Oh ! Ces automobiles !

— Encore un ivrogne

— Il paraît qu'on attend les pompiers...

— C'est un chien qui a perdu son aveugle !

 

La circulation est maintenant arrêtée. Fiacres, omnibus, camions, voitures à bras s'enchevêtrent, non sans cris. Les tramways se rangent en escadre et semble attendre l'ordre de faire feu.

Rires, disputes, poches autopsiées, microbes échangés, cors écrasés.

Le frison des grandes catastrophes a passé dans l'air.

La foule commence à avoir une âme.

Et cette âme monte au ciel une invocation suprême.

— Il n'y a donc pas d'agent par ici ?

 

 

Or, précisément, en voici un qui arrive à pas apaisés, un gros, un vrai, aux moustaches pleines d'ombre, et qui doit avoir l'accent.

On s'écarte. Il pénètre au cœur de la place.

Les regards tout de suite lui désignent le chercheur initial, le chercheur en chef.

Dialogue :

L'AGENT — Ce que vous faites ?... Que tout le monde , il se rassemble ?...

LE MONSIEUR — Vous voyez... je cherche...

L'AGENT — Que vous auriez perdu quelque chose ?

LE MONSIEUR — Je vous crois... J'ai laissé tomber un diamant.

L'AGENT — Un diamant ?

LE MONSIEUR — Un diamant...

LA RENOMMÉE AUX CENT VOIX — Un diamant ! Un diamant !

L'ECHO —... Diamant... iamant... mant... nt... C'est un diamant que ce Monsieur à perdu !

L'AGENT (aux badauds) — Reculez un peu, allons ! Reculez... et pas remuer les pieds !... (au Monsieur) et où ce serait-il que vous l'auriez perdu, ce diamant ?

LE MONSIEUR — Ici... Tenez : de là... à la...

 

 

Cent paires d'yeux s'efforcent d'éclairer le sol. Mais le sol s'obstine à garder son secret...

Un temps...

 

 

L'AGENT — Que... que vous êtes bien sûr de l'avoir perdu ce diamant ?

LE MONSIEUR — Si j'en suis sûr !

L'AGENT — Et combien de temps que l'avez laisser tomber, ce diamant ?

LE MONSIEUR (tirant sa montre) — voyons, il est trois heures et demie... eh bien dans sept minutes oui, c'est ça... dans sept minutes, il y aura exactement dix ans.

 

 

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LE GILET DE FLANELLE SERA-T-IL ROUGE ?

La couleur rouge qui exaspère les taureaux peut dans certains cas; exercer sur les individus de l'espèce humaine une action bienfaisante. Voici bien longtemps que dans certains pays on traite les varioleux en les entourant de draperies rouges ; la lumière rouge à le don de ne pas irriter la peau et de ne pas favoriser les production des cicatrices qui défigurent tant les malades. C'est pour une autre raison qu'un médecin à récemment proposé de remplacer dans les hôpitaux la flanelle blanche par de la flanelle rouge. Il affirme en s'appuyant sur des expériences personnelles que la flanelle rouge à la vertu de ranimer les malades et de dissiper les idées noires ! « Le rouge, dit-il, est antineurasthénique ; il brille comme une gaieté saine au milieu des âmes moroses ; il illumine d'un jet écarlate les hypocondries les plus rebelles, les plus farouches mélancolies. Pourquoi ne le point faire flamboyer sur la poitrine à nos malades ? »

il y a peu de vrai là-dedans ; plusieurs médecins déjà ont proposé d'utiliser les lumières colorées dans le traitement des affections mentales en conseillant la lumière bleue pour les personnes agitées, et le rouge pour les sujets déprimés et dont le moral veut être remonté. Seulement si la lumière et les teintures rouges peuvent exercer une certaine action qui s'effectue surtout par la vue, nous en voyons pas bien à quoi serviront les gilets de flanelle rouge qui sont cachés sous la chemise et que le malade ne voit pas. Nous serions curieux de connaître les « expériences personnelles » qui font ressortir les avantages du gilet de flanelle rouge.

REVUE NOS LOISIRS DU 26 JANVIER 1908

 

 

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