TROIS PETITES HISTOIRES
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ENTHOUSIASME JAPONAIS
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Une coutume que M. Loti ne parla pas et qu'il est assez curieux de retrouver en Extrême-Orient identique à une coutume espagnole, encore que les tempéraments des sujets du mikado et des bouillants Ibères soient bien dissemblables.
Un voyageur retour du japon, nous raconte que dans l'Empire du Soleil-Levant au théâtre, l'enthousiasme des spectateurs se traduit d'une façon touchante. Ils jettent à l'acteur différentes pièces de leur vêtement ainsi qu'en usent les spectateurs des corridas ; mais à la différence de ce qui se passe en Espagne, ces pièces de vêtement sont rachetées à l'acteur moyennant un prix qui est déterminé à l'avance.
Parions que cela ne réussirait pas en France.
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LE FANTOME DE WASUNGEN |
Wasungen petite ville de Thuringe, à ardé l'antique usage des veilleurs de nuit. Depuis plusieurs années l'un d'eux, nommé Kœnig, avait remarqué, du haut de la tour communale, que le 31 décembre, à minuit des flammes voltigeaient au-dessus du cimetière. Il en ft la confidence à un certain Bach, qui le 31 décembre dernier se rendit sur place, escorté de ses deux sœurs et d'un ami armé d'un revolver et d'un poignard. La troupe arrivait à peine qu'une lumière spectrale jaillit de l'obscurité. Les femmes terrifiées s'évanouirent mais Bach courageux et croyant chanta : « Tous les bons esprits louent le Seigneur »tira sur l'apparition un coup de revolver et toujours chantant, ses deux armes au poing, se lança parmi les tombes. Distinguant une figure dans les ténèbres il cria :« Etes-vous un esprit ou un homme ? »Comme il ne recevait pas de réponse, il joua si bien de son poignard et de son revolver que la fantôme, criblé de coups, se décida à avouer qu'il s'appelait Bernard Gunkel « Je viens ici, dit-il tous les ans, brûler un fagot d'épines parce que, d'après la tradition certaines épines, cueillies dans certaines circonstances et brûlées à minuit le 31 décembre exemptent de maladies les hommes et les bêtes. »
Poursuivis pour coups et blessures devant la cour de Meinigen, Bach protesta de son innocence, déclarant qu'il y avait accident et non attentat, qu'il avait cru frapper un spectre et que le Code Pénal ne punit que le meurtre des vivants. La cour de Meinigen a rejeté cette excuse. Considérant que les armes n'ont point d'effet sur les fantômes et qu'en tirant sur celui-ci , Bach avait prouvé lui-même qu'il le tenait pour un être humain, elle l'a condamné à six mois d'emprisonnement.
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ÉTRENNES D'AUTREFOIS |
Voici venir avec le nouvel l'an, le moment des étrennes. La mode des étrennes est fort anciennes. Les seigneurs à la cour de Louis XIV, s'envoyaient mutuellement et surtout en comblaient la favorite qui, heureusement disposée en leur faveur, pouvait beaucoup pour leur fortune.
Mme de Montespan en 1679 reçut des étrennes dont la splendeur fit grand bruit à Versailles. Les dames du palais, la reine la première, la comblèrent de cadeaux et le frère du roi lui fit présent d'un service d'or, serti de diamants et d'émeraudes dont la valeur dépassait 100 000 écus.
Plus tard apparurent les premiers jouets mécaniques. Le célèbre Vaucanson imagina un jouet qui s'appela la « Cheminée à la Popelnière » La Popelinière était un fermier général aussi célèbre par son luxe que par ses malheurs conjugaux. Il paraît que sa femme , au mieux avec le duc Richelieu, dont l'hôtel était contigu à celui du financier, avait trouvé le moyen de communiquer avec ce grand seigneur, grâce à une plaque tournante dissimulée au fond dune cheminée.
Vaucanson fabriqua un jouet formant une plaque tournante et qui fit fureur à Paris.
REVUE NOS LOISIRS DU 15 DÉCEMBRE
1907