TONTION DANS LE MONDE * POUR ALIMENTER LA CONVERSATION
TONTON DANS LE MONDE
Par Alphonse ALLAIS
Tonton six ans est en visite chez madame Durand avec son père et sa mère. Parfaitement insupportable, d'ailleurs il a découvert le bouton qui commande l'éclairage du salon et s'amuse tour à tour à faire l'ombre et la lumière.
LE PAPA —Tonton, reste tranquille, où je vais me fâcher
TONTONcontinuant son jeu — Le jour... la nuit... le jour... la nuit. J'connais rien de plus rigolo que ce truc-là.
LE PAPA — Tu trouveras peut-être moins rigolo les calottes que je vais t'envoyer , si tu continues.
TONTON — Probable !... C'est rudement commode tout de même, d'avoir un petit bouton à tourner pour s'éclairer !... Pourquoi qu'y en a pas comme ça à la maison ?
LE PAPA — Parce qu'il n'y a pas d'électricité dans la maison.
TONTON — Eh ben ! On la met parbleu, c'te malice ! Mme Durand l'a bien pourquoi que nous ne l'aurions pas ? Elle est pas plus indigne que nous Mme Durand.
Tonton est ramené par de vives réprimandes au sentiment des convenances ; mais la question de l'électricité continue à le passionner.
TONTON — Alors l'élé... l'élé...
LE PAPA — L'électricité.
TONTON — Oui, l'électricité, c'est donc pas un truc comme le gaz ? Ça vient pas dans les tuyaux.
LE PAPA — Non, mon ami.
TONTON — Dans quoi qu'ça vient, alors ?
LE PAPA — Ça serait trop long à t'expliquer. Tu apprendras ça au collège.
TONTON — On apprend ça au collège ? Est-ce qu'on apprend aussi à ramoner des cheminées ?
LE PAPA — Comment... ramoner des cheminées ? Tu es fou !
TONTON — Dame ! Puisqu'on apprend des machines d'éclairage, on pourrait bien apprendre aussi des trucs de chauffage.
Écrasé par cette logique enfantine, le père ne trouve rien à répondre. Il consule sa montre et opine pour le départ.
LE PAPA à la maman — Si tu veux, chère amie nous allons nous retirer. Nous dînons chez ta mère et tu sais qu'au moindre retard, cette personne nous réserve un accueil plutôt grinçant.
TONTON — Dis donc, papa ?
LE PAPA — Quoi, mon ami ?
TONTON — Quand grand-mère crie, pourquoi que tu ne lui mes pas une goutte d'huile ?
LE PAPA ahuri — Une goutte d'huile
TONTON — Oui, comme t'a fait, l'autre jour, à la serrure (Il se tord)
On prend congé de madame Durand. Tonton met à profit ce laps de temps pour se livrer éperdument à des fouilles nasales du plus mauvais goût. Le papa s'en aperçois.
LE PAPA indigné — Veux-tu que je d'aides, polisson ?
TONTON — Tu pourrais pas, t'as les doigts trop gros.
LE PAPA — c'est dégoûtant, mon ami, de se retirer ainsi des crottes du nez !
TONTON froidement — C'est bon, je vais les remettre !
POUR ALIMENTER LA CONVERSATION
John W. Barrack de Tiffin dans l'Ohios se prétendant capable de prédire le temps vingt quatre à l'avance au moyen de ses sourcils : « S'il doit pleuvoir affirmait-il la pointe des sourcils se tourne en haut, et s'il doit faire sec, en bas » Ce baromètre n'est peut-être pas très précis, mais chacun du moins peut l'essayer.
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Le peintre Caillebotte grand collectionneur de timbres-poste vendit sa collection à un Anglais pour le prix de 400 000 francs. Cette collection est actuellement au British Museum à Londres.
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A Cheshire (Connecticut) on admire un pommier auquel la tradition assigne 190 ans, mais qui doit être beaucoup plus vieux. D'une forme régulière il porte huit grosses banches principales, donc cinq se couvrent de fruits une année et les trois autres l'année suivante.
Son tronc mesure 5 m 30 de tour et 35 centimètres du sol, sa hauteur est de 25 mètres et son feuillage ombrage un cercle de 40 mètres de diamètre. Une année il a donné 512 hectolitres de pommes. Une des maîtresses branches a près de 3 mètres de tour.
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Les deux chevaux le plus vieux du monde.
Dans l'État de New-York à Schoharie County un fermier possède une paire de chevaux couplés qui est bien le plus vieil « attelage en paire » qu'il y ait actuellement à la surface du globe.
Ces deux chevaux ont en effet, l'âge combiné de soixante dix neuf ans ; l'aîné ayant quarante ans et le cadet trente neuf. Ces deux vieux serviteurs qui travaillent toujours ensemble depuis plus de vingt sept ans, fournissent encore quotidiennement un labeur régulier.
REVUE NOS LOISIRS DU 19 JUILLET 1908
