POUR S'ARRANGER UN CHEZ SOI AGRÉABLE
POUR S'ARRANGER, UN CHEZ SOI AGRÉAGLE
Si la première série de nos articles a
obtenu auprès de nos lecteurs un si prodigieux succès ; c'est qu'ils étaient rédigés dans un esprit absolument pratique et qu'il permettaient à chacun de réaliser avec un minimum de dépenses, une
installation confortable, artistique et moderne. Un grand nombre de lecteurs nous demandent aujourd'hui de leur donner à nouveau ces renseignements et ces conseils. Ils trouveront désormais dans
« Nos Loisirs » toutes les indications nécessaires à l'agrément et à la commodité de chez soi.
Pour qu'un intérieur soit véritablement agréable il faut qu'il réalise au même degré deux qualités indispensables : le confort et l'élégance. Bien mieux. La véritable élégance et le confort bien compris vont toujours ensemble et sont impossibles l'un sans l'autre. C'est une loi en matière de décoration, que ce qui n'est pas pratique n'est pas non plus agréable à l’œil.
Pour aujourd'hui nous allons simplement vous suggérer une petite modification, très facile à exécuter et qui vous permettra de mettre en valeur un objet donc les formes sont d'ordinaire bien sacrifiées et dont l'apparence est bien triste : la cheminée.
Elles sont bien laides, nos cheminées modernes. Le marbre en est du dernier choix. Et de plus, étroites et sèches de lignes, elles gâtent le plus souvent le panneau qu'elles devraient décorer.
Mais votre cheminée banale peut devenir intéressante et agréable constituer un véritable « coin d'intimité » si vous essayer la petite transformation que nous vous indiquons ici. Mais rien ne vous oblige à copier exactement ce croquis, tout peut se modifier, s'arranger, s'adapter mieux à vos besoins où votre convenance ; retenez seulement l'idée en elle-même.
C'est un revêtement de bois de chêne ou de bois blanc qui comprend deux petites armoires longues et minces décorée de pyrogravure avec étagère à colonnes sur le dessus ; le frontispice sert également de tablette et peut s'élever au-dessus de la glace si glace il y a ; le panneau de la cheminée est ainsi très artistiquement garni et j'ajoute très confortablement, car les petites armoires sont très précieuses, tout à fait à la portée de la main ; elles renferment le livre ou les livres amis, les revues, les cigares de ces messieurs, votre petit ouvrage, que sais-je encore, toute chose qu'on aime posséder bien près de soi à l'heure de la bonne petite flânerie, les pieds sur les chenets. Quand à la cheminée elle-même, elle est revêtue d'un simple bandeau de soie pyrogravée et teinte comme les panneaux des armoires. Pour atténuer l'éclat des flammes un tout petit écran s'impose ; vous le ferez en chêne ou en bois clair comme le revêtement ; le haut est pyrogravé comme la cheminée et le bas tendue de petite soie comme le bandeau, soie unie et coulissée bien entendu. L'ensemble est ainsi très meublant et ne vous demande ni grosse dépense d'argent ni de longs jours de travail. Confiez le croquis à un bon menuisier. Pendant l'ajustage, vous vous chargerez de a décoration et dans huit jours au plus vous pourrez opérer votre transformation et jouir du succès qu'elle obtiendra certainement auprès des vôtres.
CAMBRONNE MANIAIT LE CRAYON AVEC
AUTANT DE VERVE QUE LE FRANÇAIS
Le général Cambronne a passé à la prospérité pour une parole, héroïque en la circonstance mais qu'il est malséant de répéter. On connaissait mal sa vie privée. Un historien vient de combler cette lacune. Cambronne dont le langage était violent, au moins à la guerre, avait une vie domestique réglée.
En 1860 il vivait à Nantes, sa ville natale à la façon d'un bon bourgeois. Il tenait lui-même son livre de comptes. Mais le livre de comptes de Cambronne avait une particularité bien curieuse, il était illustré. A côté du chiffre de chaque emplette, le général dessinait l'objet qu'il avait acheté.
C'est ainsi qu'on lit à la première page :
Un gigot.............................. 4 F
Un corsage pour ma femme... 37 F 50
Une vache........................... 135 F
Et le gigot, le corsage, la vache sont dessinés en regard non sans une certaine verve.
Cambronne qui avait le « coup-de-gueule » avait aussi le coup de crayon.
REVUE NOS LOISIRS DU 26 AVRIL 1908
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