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POUR EMPECHER LA TUBERCULOSE

22 Avril 2013, 09:00am

Publié par nosloisirs

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POUR EMPECHER LA TUBERCULOSE

DE TUER LES PETITS FRANÇAIS

L’Œuvre de la Préservation de l'enfance contre la Tuberculose fondée par feu le professeur Grancher a sauvé déjà de la contagion, de la maladie et de la mort plus de cinq cents petits Français. Les médecins de campagne et les instituteurs en sont les auxiliaires les plus dévoués et les plus méritants.

 

tuberculose-01-.jpegLa Tuberculose spectre hideux dont le seul nom met un frison d'épouvante dans l'âme la plus fermement trempée, fauche tous les ans, dans notre seule France, plus de cent cinquante mille existences ! Plus d'un million de Français sont autant de tuberculeux en évolution ; jeunes ou vieux, riches ou pauvres, droits ou contrefais, géniaux ou simple, l'horrible tueuse terrasse tous ceux qu'elle touche, quand on n'intervient pas à temps pour les lui arracher.

Déjà plusieurs savants ont cru, de bonne foi, découvrir la panacée merveilleuse, le sérum sauveur. Hélas ! Ni la tuberculine de Koch, ni la tulase de Behring, ni le sérum de Marmoreck n'ont donné les résultats qu'on était en droit d'attendre d'eux, après la formidable et théâtrale publicité qu'on leur avait faite. Le sérum antituberculeux est encore à trouver, et celui qui en donnera la formule au monde éperdu de reconnaissance n'est peut-être pas né encore. Mais on peu, d'ores et déjà combattre efficacement, utilement la tuberculose ; et parmi les moyens dont o dispose pour réduire, sinon annihiler l'action dévastatrice du fléau, celui que préconisa Pasteur et que mit excellemment en œuvre le docteur Grancher, a de tous donné les meilleurs résultats.

 

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Dans un de ses beaux livres Pasteur a dit :

« Quand une race est décimée par une maladie contagieuse, il n'existe qu'un remède : c'est de trier la graine saine et de sauver la race en sauvant la graine »

C'est cette idée si génialement simple que le docteur Grancher a reprise pour son compte. Il a organisé et codifié le triage de cette graine humaine ; il a créé le sauvetage des enfants candidats à la tuberculose. Le docteur Grancher a défini lui-même avec une sobriété impressionnante le but et le fonctionnement de l'Œuvre, on ne peut en vérité, faire mieux que de citer ses paroles. « Quand la tuberculose sévit dans un étroit logis et frappe le père ou la mère, la contagion des enfants est presque fatale, et j'ai pensé que le meilleur moyen de luter contre la tuberculose était de lui enlever sa proie.

Dans cette famille tuberculeuse , l’œuvre de Préservation prend les enfants encore sains, de trois à dix ans, et les place à la campagne, dans des familles de paysans également saines où nos pupilles passeront toute leur vie scolaire jusqu'à treize ans ; plus même, car nous sommes certains que beaucoup resteront aux champs et feront souche de paysans ou de paysannes.

Les pupilles sont confiés à d'excellents médecins de campagne qui choisissent les maisons de paysans et soignent nos enfants gratuitement.

Instituteurs et institutrices rivalisent de zèle en faveur de nos pupilles.

Formule idéalement simple et scientifique ! Elle est pour l'enfant la meilleure de l'on puisse opposer à l'envahissement du fléau tuberculeux car : Médicalement elle donne une solution complète et radicale. Elle supprime en effet, toutes les causes de la tuberculose, cause lointaines, le taudis et la misère des grandes villes qui préparent le terrain ; cause immédiate à la contagion familiale.

Socialement l'enfant enlevé à la promiscuité d'un logis infecté de tuberculose et placé pour une longue période de a vie dans une bonne maison, en plein air avec une nourriture abondante, devient un être nouveau, physiquement et moralement. Il arrive plein de vigueur au seuil de l'adolescence, et peut alors choisir entre la vie des champs où le retour à la grande ville.

Enfin la préservation de ces enfants, condamnés presque tous à devenir tuberculeux, supprimera pour l'avenir, autant de foyer de contagion et diminuera progressivement le champ de la terrible tuberculose.

Tous les bienfaits n'ont pas échappé à ceux qui connaissent l'Œuvre et des amitiés puissantes parmi les hommes politiques, les philanthropes et les médecins, l'ont aidée à se mettre au premier rang dans la lutte tuberculeuse.

Mais le nombre des demandes d'entrée dans l'Œuvre de Préservation est si grand et nos ressources sont si insuffisantes que nous tendons la main à tous, pour le sauvetage de cette graine de Français.

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tuberculose-02--.jpegVoici tantôt cinq ans que l'Œuvre existe et son action a été merveilleuse bonne et féconde. Grancher lui a consacré son immense savoir, toutes les forces vives de son être, toutes les ressources de sa lumineuse intelligence. En mourant, il pensait encore à sa chère Œuvre, lui léguait une rente annuelle de 20 000 francs, rouant sans doute que ce n'était pas assez encore de lui avoir donné toute sa pensée, sa vie, son âme et son bien.

Ah ! Celui-là fut vraiment un grand cœur d'honnête homme. Prince de la science, vénéré par tous, honoré et respecté, il aurai pu se confiner dans sa tour d'ivoire, poursuivre ses travaux de laboratoire, se cantonner dans le domaine de la science pure. Il ne l'a pas voulu. Sa souveraine pitié, douce ferme et prévoyante, le ramenait sans cesse vers ceux qui souffrent et qui meurent, abandonnés, désespérés dans l'horreur et l'épouvante. Et il est mort à la peine à l'honneur devrait-on dire avec la simplicité grave de ceux qui ont bien fait leur devoir.

Mais son œuvre bien aimée lui survit, Mme Grancher a succédé à son mari. Généreusement elle a donné d'importances sommes à la préservation de l'enfance. Et grâce à d'admirables dévouements, aussi pure que désintéressés, comme ceux de son président actuel le docteur Roux directeur de l'institut Pasteur, de ses vices-présidents ; le docteur Faisan et M. Cheysson ; des membres de son comité et de ses dames patronnesses , on continue à sauver, sans en rien dire, ceux qui naguère on condamnait sans appel ; on fait des êtres sains, forts, vaillants, des petits candidats à la tuberculose ; on transplante aux champs les débiles fleurs du pavé parisien et on les sauve par la vertu de l'air par de la vie simple rude et paisible. Et c'est la bonté qui accompli des miracles.

 

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Mais qu'est donc cette œuvre ? Direz-vous chers lecteurs. Comment fonctionne-t-elle ? Quelles sont les ressources qui lui permettre de vivre ?

L'Œuvre de la Préservation est médicale et gratuite. Ce n'est pas une œuvre de cure. Comme son nom l'indique elle a pour rôle de préserver les enfants contre la contagion familiale. Purement sociale elle n'a aucun caractère confessionnel : catholiques, protestants, israélites y trouvent le même accueil, les mêmes soins, y font l'objet du même dévouement.

Quant à son fonctionnement , il nous a été bien défini par le docteur P. Armand-Delilleque nous ne pouvons faire mieux que de reproduire tout simplement ses paroles. Le jeune docteur est bien placé pour être renseigné ; il était chef de clinique du docteur Grancher et est, actuellement , secrétaire général de l'Œuvre fondé par son vénéré maître.

L'Œuvre nous dit-il prend les enfants encore sains, vivant auprès de parents tuberculeux dans de telles conditions que leur contamination n'est qu'une question de temps. Quelle que soit leur douleur de se séparer de leurs enfants, les pauvres gens auxquels nous apportons aide et secours, consentent volontiers à cette séparation que tous jugent nécessaire. Si l'enfant que nous prenons est reconnu sain, nous les plaçons à la campagne chez des paysan aisés, honnêtes, bien portants, qui lui serviront de seconde famille.

Et là, loin du foyer contaminé où s'étiolait sa pauvre et misérable enfance, il reconquiert la force et la santé ; il retrouve la joie, il comptait l'ivresse de vivre. S'il lui faut plus tard rentrer dans la grande ville pour y gagner sa vie, il le ferra sans péril, car il aura pour résister au fléau, des muscles solides, des artères pleines d'un sang vif, riche et sain, des poumons vastes dont les cellules ont été tonifiés par le grand air de la campagne.

Et celui que nous aurons, d'un cœur joyeux arraché à l'horrible mal, pourra lui aussi plus tard faire souche de gars solides ou de belles filles... Voilà, monsieur à quoi tend notre Œuvre.

 

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tuberculose-03--.jpeg

 

Ainsi parla le docteur Armand Delille il se confia à, la fin pour les mettre sous les yeux de nos lecteurs, quelques photographies, ici reproduites. Elles nous disent la vie aux champs des petits « rescapés » parisiens.

Et elles sont;là pour vous engager, amis lecteurs, à coopérer à cette belle et bonne œuvre. Ce n'est pas de l'argent perdu, et si plus tard il vous est donné de rencontrer sur votre chemin l'un des pupilles de l'Œuvre de Préservation , vous pourrez vous dire en contemplant ses yeux vifs et ses joues roses : « si ces cent sous ont servi à payer la belle couleur de tes joues, mon bonhomme , ce fut certes, de l'argent bien dépensé »

Et vous aurez raison.

Allons... un bon mouvement. Envoyez votre choix à l'Œuvre du docteur Grancher, 4 rue de Lille à Paris. Si modeste qu'elle soit, elle sera bien accueillie. C'est pour sauver une existence qu'on vous la demande. C'est pour permettre la semailles de la bonne graine ! C'est pour,perpétuer par les âges, la race française.

 

                         REVUE NOS LOISIRS DU 6 SEPTEMBRE 1908

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