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MOINEAUX SANS NID N° 69

16 Octobre 2011, 09:00am

Publié par nosloisirs

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69 LE TRAVAIL DE MIMI

 

Pendant ce temps que devenait la pauvre Mireille, retombée entre les griffes de l’Araigne, ce qu’elle craignait le plus au monde. Elle avait bien son chien pour la défendre, mais que pouvait faire l’animal ?

Le brave Vaillant s’était précipité dans la cabane aussitôt que la mère Picquet avait ouvert la porte, mais la mégère était si menaçante que l’animal prêt à aider Mireille, était resté planté devant elle.

L’Araigne n’osait pas s’approcher, mais ses lèvres minces laissaient échapper les pires insultes et les menaces les plus féroces.

— Je te démolirai, petite vermine, fille ingrate !

Le chien gronda.

— D’où vient cette bête ? Hurla la sorcière. Tu crois qu’elle te servira à quelque chose, imbécile ? Elle sera tout juste bonne à manger la peau de ton dos, quand je te l’aurai arrachée ! Allez, sale bête, hors d’ici !

Mais malgré cet ordre, le chien ne bougea pas. Alors, la vieille eut la mauvaise idée de se saisir d’un bâton pour frapper l’animal. Dès que celui-ci vit le geste, il s’élança sur elle comme un fauve, et sous le choc, elle s’affala sur un gros tas de guenilles.

Apeurée, Mireille intervint et saisit le chien par le cou en ordonnant :

— Arrête, Vaillant ! Ne mords pas !

Obéissant, l’animal abandonna sa proie, sans lui avoir fait d’autre mal qu’un accroc à sa robe usée.

Au lieu de remercier la gamine de son intervention, la vieille s’élança vers la porte, l’ouvrit et se mit à crier dans l’espoir d’attirer l’attention de quelqu’un.

Or, par hasard, il y avait deux agents dans le voisinage et ils accoururent aussitôt.

— Que se passe-t-il ici ?

— C’est ce chien ! Hurla la sorcière. C’est un vrai loup ! Il s’est glissé chez moi et il a failli me tuer !

Vaillant semblait comprendre ce qui se passait et il regardait Mireille comme pour l’interroger.

— A qui est ce chien ? Demanda un des gardiens de la paix.

— Qu’est-ce que j’en sais, moi ? Mentit la vielle en haussant les épaules. C’est cette maudite gamine qui l’a amené ici.

— Il est à toi ? Interrogea le même agent, en se tournant vers l’enfant.

— Oui, Monsieur. Je lui ai donné à manger et il m’a suivi ... Il est à moi !

— Ne l’écoutez pas ! Cria l’Araigne. Je ne veux pas de chien chez moi !

Un des agents allongea un coup de pied au pauvre animal.

— File, sale bête !

Mais le chien commença à montrer les dents.

— Vous voyez, insista la vieille avec mauvaise foi, c’est une bête sauvage ! Tirez-lui dessus !

A ces mots, craignant sans doute qu’ l’animal ne fut enragé, les deux hommes sortirent leur revolver et le braquèrent sur Vaillant.

Mimi se mit à pleurer et à supplier :

— Ne le tuez pas, Messieurs les agents ! C’est un bon chien, je vous l’assure. Il a voulu seulement me défendre !

Cependant, l’animal en voyant les revolvers, avait compris le danger. Tous les chiens savent que les armes à feu font mal ! Aussi, sans hésiter, Vaillant s’enfuit et Mireille restait sans défense devant sa tortionnaire.

— Eh bien ! Maintenant, nous allons pouvoir régler nos comptes toutes les deux !

Quand les deux agents furent partis, l’Araigne infligea à la malheureuse enfant une telle correction qu’elle n’avait même plus la force de pleurer ! Puis, quand la mégère soulagée, s’arrêta de frapper, plus par fatigue que par compassion, elle dit :

— Et on est habillée comme une princesse, hein ? Qui t’a donné ces vêtements ? Je vais t’en payer du luxe, moi ! Ce soir, tu iras travailler avec ta tenue habituelle.

Elle lui jeta un tablier déguenillé et luisant de crasse.

— Enlève-moi ces habits pour que je les vende et mets ça à la place pour aller mendier.

— Non ! Jeta la gamine avec une énergie dont elle semblait incapable. Vous me tuerez, vous me découperez en morceaux, mais je n’irai pas mendier !

Cela fut dit avec une telle force par la malheureuse enfant, dont le petit corps était tout bleu de coups, que la sorcière en demeura quelque instant sidéré et hésitant. Dehors, on entendait Vaillant qui grondait et grattait à la porte.

— Alors tu ne veux pas travailler ? J’ai dû mal entendre sans doute ? Répète un peu pour voir !

Malgré le ton menaçant des derniers mots, l’enfant eut encore le courage de tenir tête à la mégère.

— Travailler, je veux bien mais demande l’aumône, jamais ! D’abord, je gagne plus à vendre des billets de loterie.

L’Araigne haussa les épaules.

— Les billets de loterie ne m’intéressent pas ! C’est moi qui commande ici, compris ?

— Mais je ne veux pas mendier ! Je ne le ferai plus ! Tuez-moi si vous voulez !... D’ailleurs, je préfère mourir que rester avec vous !

En entendant cela, la mère Picquet s’élança sur la malheureuse gamine. Mais cette fois, Mireille ne se laissa pas attraper et se mit à sauter par-dessus les tas de chiffons qui encombraient la pièce.

Elle avait connu un monde différent ; les caresses maternelles de Valérie, l’affection de Robert Montpellier et, maintenant cette vie misérable lui paraissait encore plus intolérable ! De plus, elle savait que l’Araigne n’avait aucun droit de la frapper ni de l’exposer au froid le ventre vide, pour apitoyer les passants. Pour le moment, elle rusait pour essayer de sortir ; dans la rue, elle pourrait se faire défendre par les agents et par son ami Vaillant.

— Vous n’avez pas le droit de me battre ! Criait-elle. Vous ne m’êtes rien ; ni ma mère, ni ma grand-mère, pas même ma tante !

— Tu vas voir si je n’ai pas le droit ! Hurlait la vieille, tremblante de rage. Qu’est-ce que tu te crois donc ? Parce que cette dévergondée t’a acheté des habits, tu te figures qu’elle a des droits sur toi ?

— Ne l’insultez pas ! Elle vaut mille fois mieux que vous !

Alors, la brocanteuse se mit à rire railleusement, et s’arrêta pour reprendre son souffle, tout en veillant pourtant à ce que Mireille ne puisse atteindre la porte.

— Ah ! Cette mijaurée vaut mieux que moi ! C’est sans doute pour ça qu’elle est en prison, comme une criminelle ? Moi, je n’y suis jamais allée en prison ! Viens ici, effrontée !

— Je ne suis pas une bête pour recevoir des coups de bâtons ! Ne me touchez pas !

Elle s’était remise à courir ça et là et, soudain la fillette réussit à atteindre la porte. Elle allait l’ouvrir quand elle fut poussée du dehors ... un homme entra.

— Tiens, Mireille ! S’exclama-t-il. Tu es donc revenue ?

— Ne la laisse pas échapper, Larme à l’œil ! cria la sorcière.

Le nouveau venu était un homme de quarante à quarante cinq ans, maigre avec une barbiche en pointe et des yeux noirs très expressifs.

On se rendait compte tout de suite que cet individu avait une certaine classe et presque de la distinction. Les vêtements étaient misérables, mais il portait un veston, un col, une cravate et un chapeau mou. C’était le vrai représentant de la « misère en faux col ».

— Voyons, dit-il calmement, en regardant tout à tout la petite et la vieille, qu’est-ce qu’il se passe ici ?

— Eh bien ! Cette petite sotte est en train de se monter la tête et elle veut jouer à la fille de riches !

L’homme se tourna vers Mireille.

— C’est vrai ? demanda-t-il.

— Ah ! Sanglota la pauvrette, elle m’a battue ! Elle m’aurait bien tuée à coups de bâtons !

Larme à l’œil se tourna vers la mère Picquet et questionna :

— Qu’est-ce qu’elle a fait ? Rien, sans doute ...

— Ce ne te parait rien qu’elle se soit échappée et qu’elle soit restée je ne sais combien de jours sans revenir ? C’est une chance qu’un agent me l’ait ramenée ; autrement, qui sait où elle serait en ce moment !

Larme à l’œil secoua la tête et conseilla !

— Allons, sois gentille, Mireille. Demande pardon à madame Picquet ; ce que tu as fait c’est pas bien ; promets-moi de ne plus recommencer et elle ne te battra plus.

La petite ne répondit pas.

— Tu vois ? Hurla la sorcière. Tu te rends compte de son entêtement ?

— Calmez-vous l’Araigne ! A voir les égratignures et les bleus qu’elle a, j’ai l’impression que vous l’avez déjà bien corrigée. Maintenant ça suffit ! Cette petite est docile et au travail elle n’a pas sa pareille.

— Mais je te dis que ...

— Laisse-là moi et vous verrez que je la remettrai dans la bonne voie.

— Bon, bon, emmène-là. Et si ça ne marche pas, tape dessus sans pitié !

— Ca ne sera pas nécessaire, assure Larme à l’œil.

Quand à Mireille, il lui semblait toucher le ciel du doigt en entendant qu’elle allait sortir de cet enfer !

— Fais attention ! Qu’elle ne t’échappe pas !

— Ne craignez rien !

L’homme regarda Mireille avec attention.

— Ce vêtement ne me plait pas, déclara-t-il. Je veux quelque chose de plus décent. Une robe de petite fille, par exemple un peu usagée. Vous comprenez ?

— Elle a un costume en bon état, en trop bon état, même ! C’est du neuf, mon cher !

— Pas d’importance ! Faites-le lui mettre. Il lui faut des vêtements corrects et des chaussures trouées qui laissent passer les doigts de pieds. Je veux essayer un nouveau « truc ».

— Explique-le lui avant de partir, conseilla l’Araigne.

— Tiens ! Pour que vous me voliez mon idée ! Vous n’êtes pas bête vous !

Mireille avait remis les vêtements dont Valérie lui avait fait cadeau sans oublier de reprendre la clé de la « maison » de Pierrot qu’elle avait cachée.

— Sapristi ! C’est mieux que ce que j’attendais ! Fit le professionnel de la mendicité en examinant l’enfant. Maintenant, il suffit de lui mettre de vieux souliers troués et ce sera parfait !

Ils fouillèrent dans un tas de vieilles chaussures et finirent pas trouver ce que voulait Larme à l’œil.

— Très bien ! S’exclama-t-il. Je crois que nous allons faire une bonne soirée !

Il prit la gamine par la main et ils sortirent. Soudain, l’homme demanda :

— As-tu mangé ?

— Non Monsieur, et je n’ai pas faim.

— Pourtant, il faut se mourir ! Je vais te faire dîner, et, pendant ce temps-là je t’expliquerai ce que tu auras à faire.

Ils entrèrent dans un modeste restaurant et l’individu commanda un bon repas et une bouteille de vin.

— Mange, petite !

Mireille ne se le fit pas répéter. La vue des plats et leur parfum lui avaient ouvert l’appétit. Quand ils eurent terminé, Larme à l’œil dit :

— Ecoute-moi bien, Mireille. Nous irons dans un faubourg à l’heure où les ouvriers sortent du travail. C’est samedi, ils auront reçu leur paye et ...

— Monsieur, interrompit l’enfant, pourquoi ne travaillez-vous pas ? Vous êtes en bonne santé ! Pourquoi trompez-vous les gens ?

D’un geste l’homme lui imposa silence.

— Ne parlons pas de ça !

— Mais c’est vrai ! Laissez-moi vendre honnêtement des billets de loterie.

— Tais-toi ! Le travail, c’est fait pour les imbéciles et les fous ! Qui travaille meurt de faim ! Dans ce monde, la règle c’est de nous tromper les uns les autres ! Tu es encore trop jeune pour comprendre tout ça !

Il appela le garçon et commanda une autre bouteille de vin.

— Comme je te le disais, reprit-il, après avoir vidé son verre d’un trait, nous irons dans un centre usinier ; j’aurai l’air épuisé par les privations, et toi, tu te mettras à pleurer comme tu sais si bien le faire !

— Je le fais bien, parce que je pleure de vraies larmes !

— Ca n’en sera que mieux ! Les gens s’approcheront et tu diras que nous n’avons pas mangé.

— Oui, le mensonge habituel.

— Ne dis pas de bêtises ! Ecoute-moi plutôt ; si on te demande si je suis ton père, tu diras que non, mais que tu es la fille d’un boxeur mort il y a trois ans. Tu diras que ta mère est morte aussi, que je suis ton oncle et que je t’ai recueillie. Tu ajouteras que j’ai été licencié du bureau où je travaillais parce que je suis malade.

— Si on te demande autre chose, raconte ce que tu voudras, comme tu l’as déjà fait, et n’oublie pas de parler des médicaments dont j’ai besoin. Pour le reste, ça me regarde. La chose principale c’est le nom de ton père, le boxeur. Voyons ... Comment s’appelait-il ? Ah ! Oui ! Claude Borel.

— Oh ! Non, Monsieur, non ! Murmura la fillette indignée. Je ne veux plus faire des choses comme ça !

— Rappelle-toi ce que m’a dit madame Picquet, menaça l’homme ; si tu me fais rater une affaire, tant pis ! Les raclées de l’Araigne ne seront rien à côté des miennes ! Je te montrerai ça !

Que pouvait faire la pauvre mignonne sans défense ? Elle ne pouvait qu’obéir, hélas ! Elle savait qu’un petit garçon qu’il avait durement corrigé était mort des coups qu’il avait reçus ...

Larme à l’œil était terrible, surtout quand il avait bu. Et cependant, il aurait fort bien pu réussir dans n’importe quelle profession ; il avait l’esprit clair et connaissait beaucoup de choses.

Comment était-il descendu si bas ? Comment pouvait-il s’abaisser à des actes si ignobles ? Parce que le jeu et l’alcool l’avaient dégradé et, aussi, parce qu’il méprisait la société qu’il croyait composé uniquement de malhonnêtes gens.

Il n’y avait, à son avis, ni hommes bons, ni femmes honnêtes ; les riches étaient avares, mauvais et égoïstes ; aucune fortune n’avait été édifiée proprement. Quand aux pauvres c’étaient des imbéciles, dont pas un n’arrivait à sa cheville ; c’est pourquoi il se croyait autoriser à vivre de mensonges dans une mendicité « bien mise au point » disait-il.

Il se vantait d’avoir étudié l’homme à fond et entendait tirer profit de cette connaissance. Et il faut dire que cela lui rapportait beaucoup d’argent. Il avait acquis une telle expérience qu’il se trompait rarement dans le choix de ses victimes. Et à tous ceux qui l’approchaient, il demandait la somme qu’ils étaient en mesure de lui donner.

En outre, il connaissait parfaitement les lois et les peines auxquelles il s’exposait, dans les « affaires » louches qu’il faisait. Mais sa spécialité, sa manie, c’était la mendicité, fondée sur les horribles drames qu’il inventait ; il ne vivait que pour tromper tout le monde.

Il jouissait de cette réussite plus qu’un homme de science devant une découverte qui lui a demandé bien des recherches, plus qu’un artiste aux acclamations de la foule, plus qu’un médecin aux remerciements d’un malade arraché à la mort !

Quand avec Mireille, il sortit du restaurant, il changea immédiatement d’allure ; il se mit à marcher en traînant les pieds courbé, s’arrêtant à chaque instant pour s’appuyer contre le mur d’une maison.

Au moment où ils arrivèrent sur leur lieu de « travail » le soir tombait. Un grand nombre d’ouvriers, sortaient des usines, joyeux d’être arrivés à la fin de la semaine et d’avoir en poche l’argent durement gagné. Des couturières et des modistes, ses petites ouvrières parisiennes qui ressemblent à des oiseaux échappés d’une cage, passaient en riant, marchant à petits pas.

Mireille les regardait avec envie ; elles s’en allaient vers leur maison ; elles achèteraient le journal du soir pour leur mère, et demain dimanche, elles iraient se promener heureuses de vivre.

Larme à l’œil allait à leur rencontre, geignant à chaque pas.

— Pleurs, tonnerre ! Vas-tu pleurer ? disait-il à mi-voix à l’enfant.

Mais Mireille ne pouvait plus pleurer comme avant elle ne savait plus. Elle le faisait si mal, ce soir-là, qu’il finit par gronder, furieux !

— Pour le faire comme ça, il vaut mieux que tu te tiennes tranquille ! Mais nous allons bien voir si tu peux pleurer de vraies larmes comme tu dis !

Et il la pinça au bras sauvagement. Alors, Mireille poussa un cri et éclata en sanglots.

— Très bien ! Très bien ! Approuva la brute.

Mais à ce moment, un énorme chien sortit de l’obscurité et s’élança en grognant sur le misérable ; c’était Vaillant qui les avait suivis, sans que ni l’un ni l’autre ne l’ai aperçu.

— Mors-le, Vaillant ! cria la petite.

Alors le faux malade dut cesser de jouer la comédie ; il se redressa pour se défendre des crocs de l’animal qui l’attaquait furieusement. Il lui lançait de grands coups de pieds, mais sans parvenir à l’atteindre.

Cependant, les gens commençaient à s’attrouper autour d’eux et paraissaient vouloir prendre parti pour l’homme contre l’animal. Mais aucun n’avait assez de courage pour saisir le chien. Mireille profita des circonstances pour prendre la fuite et, de loin, elle appela :

— Vaillant ! Vaillant ! Viens vite !

Sans hésiter, l’animal s’élança vers sa jeune maîtresse et Larme à l’œil poussa un soupir de soulagement. Seulement, maintenant, adieu sa belle mise en scène ! D’abord, la gamine n’était plus là, et puis il ne pouvait plus jouer le malade mourant de faim alors qu’on venait de le voir se défendre contre le chien avec l’agilité et l’énergie d’un homme bien portant ...

Mireille s’était éloignée le plus rapidement et, bientôt, elle arriva à la porte de Pantin. Alors, elle tira de sa poche, où elle les avait cachés, les billets de loterie qui lui restaient et commença à les offrir aux passants. Vaillant ne se tenait pas de joie, sautant et gambadant autour de la fillette et lui léchant les mains, comme s’il avait compris qu’elle allait retrouver la liberté !

Des vendeurs de journaux annonçaient les « dernières nouvelles » sur le crime de la rue Lakanal. Et c’est ainsi que Mimi apprit l’arrestation de Valérie, considérée complice de Marigny.

« Ce n’est pas vrai ! Ce n’est pas vrai ! Se disait-elle. Les journaux ne disent que des mensonges ! »

( A SUIVRE LE 19 OCTOBRE )

 

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