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LES CHERCHEURS DE TRESORS

6 Août 2013, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

LES CHERCHEURS DE TRESORS

On cherche à renflouer des Galères Impériales coulées il y a 2000 ans

TRESOR-01--.jpegLe beau lac de Nemi qu'aucun souffle ne ride, a été illustré par Lamartine et par Renan, par le poète et par le philosophe.

Ce sont maintenant les archéologues qui se pressent sur ses rives. Voici en quels termes M. Joseph Primoli rend compte d'une promenade aux bords du lac illustre :

« De la terrasse des jardins Sforza, nous vîmes le radeau flottant d'où le scaphandrier disparaissait pour aller trouver sous les eaux la galère où Tibère donnait des fêtes. Le plongeur semblait revenir du fond de l'histoire romaine, casqué comme un légionnaire et apparaissait à la surface tourbillonnante rapportant ans sa main de larges anneaux et des débris d'armes, son butin de bronze. Nous descendîmes au bord du lac. L'homme débarrassé de son casque monstrueux assis sur le radeau, les jambes pendantes au fil de l'eau, contait ce qu'il avait vu comme dans un rêve, et nous en donnait la vision. C'était au fond du lac, engagé dans les joncs et les herbes, le pont en mosaïque d'une galère, vert blanc et rouge les trois couleurs italiennes... déjà ! serpentin, travertin et porphyre. L'extraction complète du navire eût exigé des travaux trop considérables et il fallait se contenter des intéressantes épaves, une face de Méduse, l'aigle romaine, deux têtes de loup, des ancres, des épées et des amphores »

Le lac Nemi occupe le fond d'un cratère. Il mesure seulement cinq kilomètres de tour, mais sa merveilleuse situation le rendit célèbre dès la plus haute antiquité. Situé à trente kilomètres de Rome, près d'Albano, il fut l'un des rendez-vous de plaisir favoris de Jules César, de Tibère, de Caligula. Deux galères romaines y sombrèrent et elles reposent maintenant à vingt cinq mètres de profondeur, gardant dans leurs flancs des trésors inestimables.

Durant plus de cinq siècles, on essaya à diverses reprises d'atteindre ces galères, mais ce furent de vains efforts. De simples plongeurs ne pouvaient supporter un semblable travail, et la fraîcheur de l'eau est si forte qu'on en retira certains à demi gelés.

Les ingénieurs abandonnèrent le projet, le considérant comme impossible. Mais voici qu'un savant italien, le professeur Malfatti donne un plan qui permettra de renflouer l'embarcation impériale.

 

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Pour avoir la galère toute entière, M. Malfatti propose de dessécher le lac en conduisant l'eau dans la vallée d'Ariccia et en utilisant pour ce faire un ancien aqueduc romain qui fort probablement n'avait été construit que dans ce but. Une fois le lac à sec on tirerait les galères de la fange et on les transporterait au moyen d'un chemin de fer à voies étroites en un lieu où les savants, les archéologues, les numismates etc pourraient l'explorer à leur aise.

Jules César fut le premier qui choisit le lac de Nemi comme un lieu de plaisance. Sur ces bords, il se fit construire une magnifique villa, dont la splendeur et la richesse bien qu'immenses ne semblèrent pas suffisantes à des successeurs orgueilleux tel que Tibère et Caligula. Chacun d'eux se fit faireun palais flottant où il venait passer quelques moments en fêtes et orgies.

Ce sont ces palais flottants que les archéologues modernes s'efforcent de sortir des eaux qui les recouvrent. Au quinzième siècle l'archevêque Leone Alberti fit des efforts inouïs pour avoir les trésors que recèlent les galères. Des pêcheurs de perles et des audacieux, attirés par le gain, draguèrent le fond du lac avec des grappins puissants, comptant que le hasard ou la bonne fortune leur permettrait d'accrocher quelque chose.

Un siècle plus tard, un ingénieur français M. de Marchi, s'engagea dans la même entreprise. Il commença par explorer systématiquement le fond du lac sondant et prenant des croquis jusqu'à ce qu'il eût obtenu un plan assez exact de l'endroit où se trouvent les galères submergées ; il connaissait même leurs dimensions et leur aspect probable.

On inventa des appareils, des sortes de cloches recouvrant la tête des plongeurs, qui permettaient à ceux-ci de rester sous l'eau de cinq à dix minutes. Des plongeurs purent visiter en partie les galères mais ne conquirent que quelques objets sans valeur que l'on a conservés pourtant comme de précieuses reliques. Toutefois, ils racontèrent ce qu'ils avaient vu dans le fond du lac et ils le firent en termes si admiratifs que les explorateurs reprirent un courage nouveau. On finit bien par s'apercevoir de l'insuffisance des moyens et du manque de matériel approprié. On n'en continua pas moins les fouilles et, de temps en temps on obtenait quelque parcelle qui enrichissait le musée. Cela durera jusqu'en 1895. alors M. EliséoBorghi explora partiellement le lac.

Des plongeurs furent engagés, qui déterminèrent l'emplacement des épaves, leurs mesures et leur aspect. Même ils sortirent une grande quantité d'ancres, de décorations sculptés et de pièces de bronze. Mais il leur fut impossible de pénétrer dans les galères à cause de l'énorme quantité de vase et de sable qui avait envahi les appartements impériaux et c'est là sans nul doute que se trouvent les trésors les plus convoités.

 

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On sait maintenant que la plus grande galère mesure 46 mètres de long et 16 mètres de large et la plus petite 40 mètres de long sur 13 mètres de large et que leur style est d'un luxe invraisemblable. Parmi les objets les plus intéressants, que l'on a déjà conquis, se trouve une tête de lion fondue d'une seule pièce et magnifiquement ouvragée ; la gueule tient un anneau. Sans doute cette pièce formait-elle le chapiteau d'une colonne de bois ; les morceaux qui y adhérent le prouvent. D'autres pièces pareillement destinées à recevoir des cordages, figurent des animaux divers. On a trouvé encore une merveilleuse tête de Méduse, une lourde grille de bronze, quelques monnaies de plomb sur lesquelles on peut encore lire l'inscription suivante :

C. Cœsaris Aug. Germanici

ce qui fut le nom de Caligula. Les vaisseaux étaient doublés de plaques de plomb, fixées avec des clous à tête aplatie. M. Borghi ramassa encore quelques mosaïques, des tuiles, du porphyre, des verres colorés et des émaux obtenus pas fusion. Ces pièces formaient le carrelage du pont.

Ces galères mystérieuses englouties depuis des siècles nous réservent sans doute, encore bien des surprises.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 25 OCTOBRE 1908


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