Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le repos * Statistique originale * Les parisiennes

2 Décembre 2011, 09:00am

Publié par nosloisirs

<!-- @page { margin: 2cm } TD P { margin-bottom: 0cm } P { margin-bottom: 0.21cm } -->

L E       R E P O S

Chronique documentaire par le docteur TOULOUSE

Le docteur Toulouse vient de publier sous le titre « Comment former un esprit » une série de chronique du plus haut intérêt et qui réunissent l'agrément de la forme à la sûreté, de la documentation et à la précision scientifique. Nous sommes heureux de publier avec l'agrément de l'auteur un de ces articles.

 

Le repos est aujourd'hui pour un grand nombre de personnes , une obligation légale. Il a toujours été une nécessité physiologique. Il ne reste pour tous que d'apprendre à se reposer ; et cela est du ressort du médecin.

C'est une loi à laquelle est soumis à tous organisme que des périodes de repos soient intercalés entre des périodes activités. Le cœur — qui est un muscle — réalise le plus parfaitement cette condition. Il se contracte et se relâche dans des temps sensiblement égaux, le tout à peu près chaque seconde. Et ce travail se répète sans arrêt — car un faux pas, le moindre retard d'une demi-seconde causent une impression d'angoisse, et un repos de deux secondes est déjà une imminence de mort — jusqu'à 100 000 fois par jour, et cela pendant soixante ou quatre vingt ans.

Le cœur ne connaît pas les longs délassement nocturnes — puisque dans l'assouplissement général du sommeil il continue à battre, à peine plus lentement. Il s'arrange pour se reposer après chaque contraction de manière que, la pause écoulée — une fraction de seconde — sa fatigue soit complètement passée.

Méditons cet exemple qui sera un précieux guide. L'expérience m'a montré que toute l'activité doit le plus possible se rapprocher des conditions où travaille le cœur. Ainsi l'idéal de la marche sera une allure assez lente pour qu'une jambe se repose de sa fatigue après un pas pendant que l'autre jambe se meut. Je dis l'idéal parce que dans ce cas les membres inférieurs ont à supporter le poids de la station debout et qu'il faut tenir compte de l'entraînement intermittent ; car nous marchons que quelques heures par jour. Il en résulte — est cela est vrai généralement pour tous nos modes d'activités, la parole, l'écriture, le travail physique ou intellectuel — que nous nous forçons quand nous agissons.

Il nous faut donc un repos correspondant à chaque exercice. Plus ce repos correspondra à la période active, plus il sera efficace. A cet égard, une trêve au milieu de l'ouvrage, si elle est d'une durée suffisant sera la meilleure. Les statistiques montrent que les accident de travail deviennent moins nombreux dans les heures qui suivent les repos intermédiaires.

La fatigue s'accroît en sorte qu'un long repos n'arrive plus à dissiper complètement un épuisement que de petits répits d'une durée totale auraient prévenu.

On doit chercher à intercaler le plus possible de détentes ans le travail. Dans certaines tâches elles sont imposés par la nature. Ainsi les sténographes du Parlement se succèdent à de très courts intervalles au pied de la tribune, où ils ne pourraient pas suivre longtemps avec un égal profit des orateurs. Si l'on est libre de son activité, que l'on s'interrompe souvent. Écrit-on il est bon de poser la plume par moments, de marcher, d'arrêter sa pensée.

Ce qui fait la forme nouvelle de surmenage des grands magasins, c'est que pendant des heures le vendeur y est attentif à des clients qui se succèdent sans trêve, tandis que le petit boutiquier avait jadis toit loisir de baguenauder entre deux acheteurs. Dix heures de travail sont pour le premier une besogne épuisante ; pour l'autre quinze heures de présence ne constituaient d'ordinaire qu'un passe-temps agréable.

Guy de Maupassant dans Bel Ami, montre les antichambres d'un grand journal encombrées de visiteurs se morfondant sous l’œil impassible des huissiers qui prétextaient de graves conférences directoriales, alors que derrière la porte où jouait de longues parties de bilboquet. Pour bouffonne qu'elle paraisse, cette pratique ne devrait pas être méprisée par les sages. Et le cerveau de celui qui est soumis au supplice — digne des Chinois — des longues réceptions se trouverait fort bien d'un régime d'audiences où quelques intermèdes de cet ordre feraient par place des oasis de repos.

Efforçons-nous de liquider la fatigue du jour dans la nuit suivante. Si au réveil, le corps n'est pas revenu dispos, l'esprit avide d'exercice — car il est un appétit d'activité comme un appétit de nourriture — c'est que le travail est trop dur. En vain l'on prendra un repos hebdomadaire et des vacances prolongées. Rien ne pourra réparer l'usure de la fatigue quotidienne qui n'est pas quotidiennement réparée.

Je comprends le repos hebdomadaire et les vacances comme de simples distractions, où débarrassé des préoccupations routinières, chacun peut méditer sur ses affaires et aussi prendre certains plaisirs impossibles en d'autres temps. Ces loisirs ont une valeur morale ; et je les crois en ce sens nécessaires. Mais on aurait tord de compter sur eux pour compenser les pertes journalières.

Le temps le plus réparateur est celui où le plus grand nombre de fonctions physiologiques sont inactives. Mauvais repos que celui pris au centre de Paris ; les bruits de la rue harcèlent l'ouïe presque sans cesser. A peine vient-on avec le pavage en bois les roues caoutchoutées des voitures, de commencer de satisfaire notre besoin naturel de silence.

Le bon endroit agirait par la douceur de sa lumière et aussi par son air pur, ni échauffé ni chargé de poussières. C'est dire que le magasin, l'atelier — pas plus que le cabaret — ne sont des endroits propres aux délassements. Les hôpitaux anglais possèdent d'agréables salles de réunion où les infirmières viennent se distraire entre leurs périodes de travail. Que les grands industriels organisent pour leur personnel des lieux de récréation qui, en empêchant la déperdition de travail nerveuses des travailleurs, réaliseront les mêmes économies de force que, dans les installations motrices, les dispositifs pour diminuer les fuites du fluide électrique.

Maintenant que l'on s'entraîne au repos et en cela l'esprit est le vrai maître. Ne se repose pas qui veut. Je vois souvent des neurasthéniques qui viennent à moi implorant des recettes mystérieuses et souveraines qui leur procureraient le calme. Ils dorment mal, toujours obsédés par leurs occupations qui les poursuivent comme des Euménides implacables. C'est tout un cercle d'habitudes hygièniques nouvelles à leur refaire patiemment et dont le principe directeur est celui-ci : n'apportez à son activité aucune part d'émotion, aucun effort de sentiment. Il ne faut y mêler ni inquiétude, ni désir, ni crainte.

Le changement de vie trop brusque n'a pas toujours de bons effets. La campagne déprime parfois les Parisiens qui ont besoin — par un entraînement peut-être morbide — d'un minimum d'excitations pour se tenir à un état normal. C'est le même cas pour les retraités qui languissent et meurent si facilement dans les premiers temps de leur oisiveté forcée.

En définitive l'efficace détente n'est pas dans de rares et longues périodes d'inaction complète, incapables d'effacer l'usure d'un labeur quotidien excessif. Elle tient plutôt dans la distribution de l'effort qui doit se réparer à mesurer de sa production si bien que l'on peut dire du repos qu'il est vraiment dans un travail modéré.

 

 

 

<!-- @page { margin: 2cm } TD P { margin-bottom: 0cm } P { margin-bottom: 0.21cm } -->

STASTISTIQUE ORIGINALE

Il ne vous ai jamais arrivé sans doute de chercher à supputer le chemin que peut bien parcourir la langue d'un être humain au cours d'une conversation.

Un ingénieux Italien y a songé pour vous. Il a pris pour base ses calculs, une femme moyennement bavarde (?) et a établi qu'en trente cinq ans le trajet de sa langue n'est pas inférieure à 5 640 kilomètres.

Chacun suivant son humeur, pourra tirer de ce chiffre telle conclusion qui lui plaira mais que le monde serait triste si les femmes ne parlaient pas !

 

LA PARISIENNE VUE... DE LOIN

Un journal d'Amérique voulant sans doute initier ses lectrices aux secrets de l'élégance française, donne la formule de la démarche des Parisiennes.

« La dame française dit l'auteur de l'article, le docteur R... tient son pied très à plat, elle ne pose jamais le talon à terre ; elle glisse légèrement sur le sol, elle tient les jambes serrées, les genoux immobiles et droits les pieds tout à fait en dehors ; elle se penche très en avant et porte la tête très en arrière ; elle tient sa jupe relevée à l'aide de a main gauche et laisse tomber inerte son bras droit. Elle marche ainsi à tout petits pas précipités, avec une excessive lenteur et regarde les passants d'un air très dédaigneux »

Si jamais les jeunes Yankees parviennent à suivre à la lettre ces préceptes, c'est qu'elles auront pris des leçons de gymnastique dans les cirques.

REVUE NOS LOISIRS DU 16 FEVRIER 1908

 

 

Commenter cet article