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LE PETIT CHAT

7 Février 2013, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

 

                                   
<!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } A:link { so-language: zxx                                                    Le petit chat


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C'est un petit chat noir, effronté comme un page

Je le laisse jouer sur ma table, souvent

Quelquefois il s'assied sans faire de tapage ;

On dirait un joli presse papier vivant.

Rien en lui, pas de poil de son velours ne bouge ;

Longtemps il reste là, noir sur un feuillet blanc

a ces minets tirant leur langue de drap rouge,

Qu'on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.

Quand il s'amuse il est extrêmement comique,

Pataud et gracieux, tel un ourson drôle.

Souvent je m'accroupis, pour suivre sa mimique,

Quand on met devant lui la soucoupe de lait.

Tout d'abord de son nez délicat il le flaire,

Le frôle, puis à coups de langue très petits

Il le lampe ; et dès lors, il est à son affaire,

Et l'on entend pendant qu'il boit, un clapotis.

Il boit bougeant la queue et sans faire une pause

Et ne relève enfin son joli museau plat

Que lorsqu'il a pausé sa langue rêche et rose

Partout bien proprement débarbouillé le plat.

Alors il se pourlèche un moment les moustaches

Avec l'air étonné d'avoir déjà fini,

Et comme il s'aperçoit qu'il s'est fait quelques taches

Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.

Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates

Il les ferme à demi, parfois en reniflant,

Se renverse ayant pris son museau dans ses pattes

Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.

Mais le voilà qui sort de cette nonchalance ;

Brusquement il devient joueur et folichon ;

Alors pour l'intriguer un peu, je lui balance ,

Au bout d'une ficelle, invisible, un bouchon.

Il fuit en galopant et la mine effrayée...

Puis, revient a bouchon, le regarde, et d'abord

Tient suspendue en l'air sa patte repliée...

Puis l'abat, et saisit le bouchon, et le mord.

Je tire la ficelle alors sans qu'il le voie ;

Et le bouchon s'éloigne, et le minet le suit,

Faisant des ronds avec sa patte qu'il envoie,

Puis saute de côté, puis revient, puis refuit.

Mais dès que je lui dit : « Il faut que je travaille ;

Venez vous asseoir là, sans aire le méchant !... »

Il s'assied... et j'entends, pendant que j'écrivaille

Le petit bruit mouillé qu'il fait en se léchant.

                                                                               Edmond Rostand

                                                                     de l'Académie Française


LA POMME DE TERRE VA-T-ELLE DISPARAITRE ?

Vous tous qui aimez les savoureuses « frites » les pommes e terre sautées, à l'étouffée, à l'anglaise ou les purées imprégnées de jus onctueux, vous ne lirez pas ces lignes sans frémir.

Il sévit en Allemagne, une maladie de la pomme de terre. Elle est causée par un champignon qui s'appelle la peronospera (mildiou) Il fait tomber les feuilles s'attaque aux tiges et provoque le dépérissement progressif de la plante. Un grand nombre de champs de pommes de terre sont infectés de l'autre côté du Rhin, par ce parasite végétal. Les agronomes allemands se sont réunis et ne désespèrent pas d'arriver à le détruire. Espérons en tout cas, que ce champignon ne s'acclimatera pas en France.

 

UN PRINCE L'ÉPOUSA PARCE QU'ELLE SAVAIT MIEUX

QU'AUCUNE AUTRE PRÉPARER LE MACARONI

UN-PRINCE--.jpegLe mariage de Mlle Julia Matossi peut servir de leçon et d'exemple aux jeunes filles qui méprissent les qualités domestiques.

Née à Turin de parents honorables mais très pauvres elle avait renoncé déjà à l'espoir de se marier et gagnait modestement sa vie comme ouvrière chez une couturière de la ville.

Cependant il n'était bruit dans toute l'Italie que du concours original institué par le prince Jannino di Cimino, héritier d'une grande famille milanaise et qui avait refusé tous les partis aristocratiques que lui proposait sa famille.

Le prince résistait à toutes les sollicitations. Sa mère, son père, ses tantes lui proposaient en vain des jeunes filles les plus séduisantes, les plus riches, les lus titrées.

De caractère assez original, ayant mené jusqu'alors une existence assez agitée, le prince Cimino ne voulait pas aliéner à la légère sa liberté de célibataire déjà endurci malgré son jeune âge.

De plus dégustateur délicat du plat national italien, le prince n'admettait pas qu'on lui servit à table des macaronis mal préparés. Il s'entendait lui-même à les confectionner et il avait souvent offert à ses amis des repas arrosés de vins généreux et dont le plat de résistance, un gratin de macaroni, avait été préparé par lui-même.

Mieux qu'aucun cuisinier le prince savait arroser d'une sauce tomate savoureuse et imprégner de fromage râpé les macaronis de choix dont il faisait son aliment préféré.

De plus le prince avait sur le mariages des théories très catégoriques. Il voulait que sa femme fut une compagne agréable. Mais il exigeait d'elle qu'elle n'eut pas seulement les qualités mondaines. Il la voulait experte aux travaux du ménage et capable de surveiller elle même son chef ou sa cuisinière.

Allez donc demander cela aux jeunes filles de l'aristocratie, qui se piquent de descendre d'un doge ou d'un podestat.

Aussi décida-t-il de faire un concours.

Et ce concours n'était pas banal. Il s'agissait de confectionner convenablement un plat de macaroni.

Cent vingt huit jeunes filles s'inscrivirent (La crise du mariage sévirait-elle aussi en Italie ?)

Le jury été composé en tout et pour tout du futur mari, qui corrigea lui-même les compositions, c'est-à-dire qu'il goûta les cent vint huit plat de macaroni.

Cela dura quinze jours. Mais au bout de ses deux semaines, il trouva la femme idéale, Mlle Julia Matossi qui avait confectionné le plus admirable et le plus parfait des cent vingt huit gratins de macaroni.

Et c'est ainsi que l'humble couturière de Turin épousa un prince.

L'histoire est à la fois romanesque et morale. Elle eût beaucoup étonné Mme Bovary.

 

LE MÉTIER DE MARCHAND D'ASTICOTS EST UN MÉTIER

TOUT COMME UN AUTRE

 

La pêche à la ligne n'est pas seulement un sport qui a ses fervents et ses amateurs. Elle est aussi l'occasion d'un commerce assez peu connu et qui, à défaut d'aptitude très spéciales, exige au moins un certain entraînement et... un cœur solide.

Nous voulons parler de la production et de la culture des asticots. Les professionnels entassent ans des réduits ou des hangars abandonnés, tous les cadavres de chiens et de chats que leur fournissent les chiffonniers.

Quand la putréfaction se produit, on voit alors apparaître les vers. Le « fabricant d'asticots » les recueille avec soin dans des boites de fer blanc qui pleines se vendent 2.50 F à 3 F. L'odeur qu'on respire dans les « usines d'asticots » est épouvantable mais les « fabricants » s'y accoutument encore assez facilement et finissent pas n'y plus faire attention. Lorsque la pêche est fermée , ils cultivent l'asticot rouge pour la nourriture des rossignols. L'asticot rouge se négocie au prix de 0.60 à 0.75 F le cent. On l'obtient en mêlant du petit son avec de la farine et des morceaux plus ou moins pourris de bouchons de liège. Le tout est placé dans de vieux bas de laie où l’asticot naît et se développe de lui-même. Ce n'est pas un mauvais métier, mais ce n'est pas un métier séduisant.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 2 AOUT 1908

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