LA MODE DE NOS LOISIRS
LES PLUS ÉCONOMES ET LES PLUS COQUETTES
CHOISIRONT ÉGALEMENT CES BLOUSES
Ce modèle conviendra tout
particulièrement à un tissu rayé, petite soie ou petit lainage fantaisie. Les biais de velours noir, grenat, vert bouteille ou hanneton qui garnissent la blouse ont l'avantage d'être élégant et
d'avoir cependant de la durée. On pourrait mieux les remplacer par un galon de blanc ce qui conviendrait à une blouse de « tout-aller » gentille et commode.
Le petit plastron taillée dans une guimpe (imitation) noire. Une jeune fille choisira plutôt une broderie anglaise ou une dentelle craponne, montée sur une doublure blanche. Une personne en grand deuil pourrait choisir cette forme de corsage en l'exécutant en crépon uni, garni du biais en crêpe. Plastron et col en crêpe anglais. Et cette forme sera encore indiquée pour la toilette élégante d'une demoiselle d'honneur qui choisirait un voile de soie ou en crêpe de Chine crème ou maïs et ferait la garniture avec des entre-deux de guipure de soie ou de filet brodé.
Il faut pour exécuter ce modèle pour taille moyenne : 2 m de tissu en 1 m 10 de large, plus 0 m 75 environ de tissu large de 0 m 40 de plastron. On pourra prendre pour la garniture 6 m de ruban de velours, ou 6 m de biais ayant 8 cm de large chacun.
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Vous pouvez madame exécuter la
blouse qui représente notre second modèle et dessin, telle que le montre notre modèle ; faisant corps avec la guimpe et les manches. Vous pouvez également confectionner uniquement la blouse de
dessus et la mettre avec une blouse de broderie ou de dentelle, que vous auriez déjà, qui serait un peu défraîchie et donc vous voudriez renouveler l'aspect. La seconde hypothèse est plus
économique et plus pratique aussi. Mais nous vous indiquerons cependant comment faire le corsage complet. La forme de cette blouse en fait un vêtement habillé, élégant. Nos Loisirs vous conseille donc de choisir un joli tissu pour la confectionner.
Il serait joli de tailler dans du satin liberty ou du taffetas désapprêté. Un joli velours miroir ne sera point trop chaud en octobre et pourra se porter tout l'hiver. La guimpe peut se faire en filet ou en tulle brodé. On la portera en chair, ou doublée. Mais en ce cas il faudra faire une doublure, non pas en satinette ou en croisé, mais en toile de soie ou en taffetas. Et il sera beaucoup plus simple et pas beaucoup plus cher en ce cas de faire toute la doublure en un même tissu. Le galon qui encadre la blouse est soutaché. C'est un travail facile que toute femme adroite peut mener à bien elle-même.
Il faut pour exécuter ce modèle pour taille moyenne 1 m 50 de tissu en 1 m 10 de large, plus 2 m 10 de laize de dentelle large de 35 cm pour faire l'empiècement et des manches.
AYANT PERDU SON FIANCÉ ELLE SOIGNE
NOS SOLDATS AU MAROC
Notre infirmière au cours de la campagne du Maroc, se
montra un plus admirable dévouement que cette jeune fille du monde qui se console de ses propres souffrances en soulageant celles des autres.
L'an dernier Mlle Germaine Durand était une jeune fille semblable à beaucoup d'autres. Sa vie était occupée par les visites de l'après-midi par les thés de cinq heures et les soirées dansantes. Fiancée à un jeune homme de son monde, qui était un de ses amis d'enfance, elle se préparait à une vie de bonheur et de sécurité. Mais son fiancé trouva la mort dans un accident d'automobile.
D'autres se seraient résignées, Germaine avait le culte du souvenir. L'homme qu'elle allait épouser avait été le compagnon de ses jeux d'enfance et de ses rêveries de jeune fille. Elle décida de rester fidèle au disparu. On ne la vit plus aux five o'clock. Et la jeune fille vécut une vie solitaire, seule avec ses pensées, seule avec sa tristesse.
Mais lorsque les premiers soldats Français tombèrent sous les balles marocaines, malgré les objurgations de sa famille, malgré toutes les supplications et tous les désespoirs de ceux qui l'entouraient, parents et amis, elle se fit inscrire comme infirmière volontaire et partit. On la vit désormais au chevet des blessés, passant les plaies béantes de ses fines mains accoutumées à d'autres besognes, trouvant chaque fois le mot qui console, la parole qui encourage.
UN RIDEAU EN BOUCHONS DE CHAMPAGNE
Un des cercles les plus élégants de Berlin possède dans la salle à souper, un rideau fait de bouchons de champagne. Quatre mille bouchons avec leur chapeau d'or ou d'argent ont été enfilés sur des minces baguettes décorés de ruban de couleur et de petites balles de cuivre. L'effet est très décoratif. De loin on dirait un panneau japonais. Chaque bouchon provient d'une bouteille de champagne coûtant environ 25 francs, ce qui fait que ce rideau représente une dépense totale d'environ cent mille francs.
CHANTEURS ET CHANTEUSES MÉFIEZ-VOUS DES PARFUMS
Beaucoup de parfums artificiels ou naturel, affectent la voix au point de lui enlever la clarté et la sonorité, de modifier son moelleux et sa douceur. Les cordes vocales sont très sensibles aux vapeurs des huiles essentielles. Aussi la plupart des professeurs de chants préviennent-ils leurs élèves contre l'usage et le mésusage des parfums. Quelques uns de ces maîtres poussent la précaution si loin qu'ils interdissent rigoureusement tout parfum à leur élève, et l'un d'eux ajourna une leçon parce qu'il avait aperçu un bouquet de vilolette sur le corsage d'une élève. Il paraît que le parfum le plus dangereux est celui de l'humble violette. Il faut se méfier aussi de l'iris, du muguet et du jasmin. Le parfum de la rose est le moins redoutable de tous.
REVUE NOS LOISIRS DU 6 SEPTEMBRE 1908