LA MAGICIENNE DE DIRS - EL - KEDIR
LA MAGICIENNE DE DIRS - EL - KEDIR
Les miracles des thérapeutes que nous rapportent les savants ne peuvent être expliqués que par le magnétisme. C'est ainsi que les scientistes réunis en congrès à Alexandrie viennent d'en décider. Ils avaient fait venir auprès d'eux tous les hommes se prétendant doué d'un pouvoir surnaturel et bien des supercheries furent dévoilées. Certains fakirs, on le sait font des tours extraordinaires. Un panier vide se trouve soudain rempli d’œufs frais ; un verre plein se vide graduellement sans que personne ne l’effleure. El fakir jette en l'air une corde et se met à grimper après et disparaît dans les nuages. C'est de 'Inde que viennent la plupart des mystères incompréhensibles. Et pourtant c'est une Égyptienne une fellahme qui cette fois, semble être tous le personnage le plus stupéfiant. Elle a un visage d'un aspect farouche et des yeux étranges, lumineux, durs, autoritaires. Elle possède une puissance magnétique qu'aucun sorcier du moyen âge n'atteignit jamais. Elle arrête net les oiseaux dans leur vol et immobilise les passants sur place. Elle lit l'avenir à travers une carafe opaque et ce n'est parait-il jamais trompée dans ses prédictions. A sa comparution il s'est passé ce phénomène incroyable que dix des savants ne pouvaient plus ni parler ni remuer. On observe que le cristallin de ses yeux était formé d'une matière solide comme de la corne, et que pourtant a vue n'en était pas affectée. Fathma la magnétiseuse affirme qu'elle distingue des créatures invisibles qui peuplent l’atmosphère, et rien n'est plus inquiétant que le regard insoutenable de cette magicienne moderne.

UN MOYEN ORIGINAL DE PAYER SES DETTES DE CAFÉ
Charles Nodier fréquentait assidument le Café des Variétés où nombre de gens allaient pour le voir. Aussi était-il tenu en grande estime par le patron. Toutefois ce dernier crut devoir, un jour présenter la note à son illustre client ; elle atteignait un chiffre respectable.
Nodier doucement et avec bonhomie, répondit à son créancier : « Mon bon ami, je n'ai pas d'argent à vous donner, vous vous en doutez. Mais je crois avoir trouvé un moyen de liquider ma situation. J'arriverai aisément vous payer, si vous voulez. Voilà : Chaque fois que des amis tiendrons à m'offrir quelque chose, je demanderai un verre de kirsch, vous me ferez servir de l'eau et la valeur du petit verre viendra en déduction de mon compte.
Ainsi fut-il fait. A partir de ce jour Nodier fut célèbre par sa passion pour le kirsch, dont son cerveau supportait avec une admirable fermeté une infinie de petits verres. Le compte se solda ainsi lentement, mais la réputation de Nodier dut y perdre.
GARE AUX MAINS
Un savant médecin a établi qu'une pression mutuelle des mains n'est autre chose que l'échange d'un nombre infini de microbes ; nous en possédons environ 80 000 par décimètre carré. Les plus dangereuses poignées de mains sont celles des médecins, des nourrices, des coiffeurs, des bouchers, des charcutiers, des tanneurs.
LE PARAPLUIE DÉTROUSSEUR
Un Parisien qui garda jusqu'à son dernier jour la réputation d'un homme d'esprit très fin, d'un humoriste fort agréable, Romieu, fut un jour victime de sa propre plaisanterie. Surpris par une averse , il avait été obligé de s'abriter sous une porte cochère. Il était six heures du soir et Romieu était attendu au Café de Paris.
La pluie tombait à torrents ; pas une seule voiture libre. Que faire ? Juste à cet instant passe un monsieur bien mis, porteur d'un grand parapluie. Pris d'une soudaine inspiration, Romieu se précipite vers l'étranger, le serre dans ses bras et s'installe gravement sous le riflard protecteur.
— Je suis enchanté de vous rencontrer, s'exclama-t-il. Voilà deux semaines que je vous attends. J'avais besoin de vous parler de Clémentine.
Et sans donner à 'étranger le temps de se reconnaître, Romieu continue bavarder entremêlant les anecdotes de nouvelles d'une famille hypothétique mais très chère jusqu'au moment où il fut arrivé à la porte du Café de Paris. A ce moment il lève subitement la tête vers la figure de son compagnon et s'écrie :
— Oh ! Pardon monsieur, je dois m'être trompé.
— Je crois, répond froidement l'étranger.
— Combien je vous dois d'excuses, monsieur ; mais vous voudrez bien oublier mes confidences intempestives, j'espère. Merci, monsieur, au revoir !
Romieu se hâte d'entrer et en s'esclaffant raconte l'aventure à ses amis. Tout à coup l'un d'eux lui dit : « Votre cravate est fripée » Romieu porte la main au cou et devient pâle ; son épingle un saphir de grande valeur avait disparu. Machinalement il se fouille ; plus de porte-monnaie, plus de montre. L'homme au parapluie obligeant était un pickpocket de marque !
REVUE NOS LOISIRS DU 1er DÉCEMBRE 1907