L'HIPPIQUE LES PLUS MODESTES CHEVAUX
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L'HIPPIQUE LES PLUS MODESTES CHEVAUX
REÇOIVENT AUSSI DES RÉCOMPENSES
Ce n'est pas seulement pour le plaisir des belles dames et des beaux messieurs que les chevaux sautent des obstacles au concours Hippique. Sans doute, on « lance » au tribune des chapeaux et des toilettes. Et « l'hippique » encourage aussi les couturières,et les modistes. Mais depuis quarante deux ans que se tiennent les réunions de la Société hippique française, on a toujours tenté de leur donner un caractère pratique et de ne point satisfaire seulement à des vanités où à des récréations mondaines.
La Société hippique française donna son premier concours hippique en 1866, sous les auspices de l'empereur Napoléon III, qui la déclara aussitôt d'utilité publique et mit à sa disposition le Palais de l'industrie. C'est du reste, dans ce local que se tinrent, depuis les Concours successifs, jusqu'au jour où on avisa de démolir cette bâtisse informe pour construire, en bordure de l'avenue Nicolas II, ce magnifique, grandiose et spacieux Grand-Palais.
Dès 1860, la Société hippique s'était donné le but de développer l'emploi du cheval de service né en France ; c'est-à-dire que, à l'encontre des sociétés de courses qui ont pour but de favoriser l'élevage des chevaux spéciaux, utilisables seulement sur les hippodromes , la Société hippique française se posait en société beaucoup plus pratique. L'idée était ingénieuse et juste. Heureusement l'entourage du souverain en comprit la valeur et la portée, et le snobisme, en faisant affluer le public élégant au concours hippique, lui donna une vogue qu'il a conservée.
Au surplus il serait dommage que cette vogue diminuât . Les concours hippiques sont certainement les meilleurs moyens d'encourager l'élevage en France, et, à une heure où la multiplication des automobiles menace fortement le commerce des chevaux, attaquant ainsi dans ses œuvres vives toute une partie de la population agricole française, on conçoit l'importance que prennent de telles institutions.
Les règlements de la Société hippique française sont parfaitement compris, d'ailleurs pour encourager l'hippisme pratique. Elle donne des médailles à la suite d'examens aux cochers, piqueurs, chefs d'écurie, directeurs d'écoles d »équitation et de manèges. Elle décerne des prix à des chevaux militaires après des épreuves spéciales où, non seulement la monture mais encore le cavalier doit faire montre de ses qualités . Elle accorde des récompenses aux équipages de commerce bien tenus, bien attelés et bien conduits.
Elle attribue aussi des primes au cocher qui a soigné l'attelage ou le cheval avec lequel le propriétaire à touché un prix.
Dans un but louable de décentralisation, la société organise cinq autres Concours hippiques en province ; celui de Nantes, celui de Bordeaux, celui de Nancy, celui de Vichy, celui de Boulogne-sur-Mer. Elle prête en outre, son appui aux concours régionaux de : Angers, Auch, Cercy-la-Tour, Charolles, Cluny, le Creusot, la Guerche, Limoges, Morlaix, Nevers, Rennes, Saint-Brieuc, Séez.
Ainsi modifiant la parole célèbre d'un poète ancien tout membre de la société hippique pourrait dire : « J'aime le cheval et rien de ce qui touche au cheval ne m'est étranger »
REVUE NOS LOISIRS DU 12 AVRIL 1908
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