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JE VENS L'OPIUM JE VENDS L'OUBLI JE VENS LA MORT

26 Mai 2013, 09:00am

Publié par nosloisirs

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JE VENDS L'OPIUM JE VENDS L'OUBLI JE VENDS LA MORT

 

L-OPIUM----copie-.jpegCette jeune femme habillée comme une japonaise d'opéra-comique est bien connue de tous les coloniaux qui ont rapporté d'Indo-Chine le goût de la passion de l'opium.

Ce n'est d'ailleurs pas une vulgaire vendeuse de poison. Fille d'un officier de marine, divorcée à l'âge de 24 ans, Mme Geneviève Babinet à la suite d'incroyable aventure, finit par se dévoyer complètement et fit un jour la connaissance d'un riche industriel qui revenait de Saïgon, après fortune faite, mais dont la santé et le cerveau étaient minés par l'abus de l'opium.

Mme Babinet voulut elle aussi, fumer quelques pipes de poison et connaître le paradis artificiel pendant quelques semaines ont la vie ans les fumeries du port étendue sur un lit bas aspirant avec des bouffées pernicieuses, le rêve et le mirage décevants. Mais le système nerveux de Mme Babinet était bien équilibré. Elle refusa de s'intoxiquer davantage. Mais de la passion dont les autres meurent, cette élégance jeune femme fit un commerce dont elle vit et dont elle vit bien.

Luxueusement installé dans un des plus beaux quartiers du port de guerre où elle fut d'ailleurs élevée, elle tient une fumerie où ont accès que les opiomanes de l'aristocratie. Toujours vêtue d'un costume japonais, elle prépare avec soin les boulettes de la drogue pernicieuse et préside elle-même à ces agapes de poison et de rêve. Pour être admis à fumer chez elle, il faut payer un cachet très élevé et on dit que la jeune femme est en train de constituer ainsi une respectable dot.

 

LES CHIENS S'HABILLENT À LA MODE

AUSSI BIEN QUE LES FEMMES DU MONDE

A Paris comme à Londres, comme à Dresde un tailleur pour chiens lance la mode chaque hiver. Pour la promenade et pour les visites on recommande un joli manteau « tailor made » qui nous changera de la jaquette « sealskin » de l'hiver dernier. Ce nouveau manteau est spécialement destiné à protéger la poitrine du chien en voiture ou en automobile.

Le mouchoir — et tout chien bien soigné a le sien — se porte dans une bourse attaché au bout de la laisse. C'est le dernier cri. Pour être tout à fait dans le train, il faut que le nœud de satin ou de soie ait des proportions massives qu'il soit porté sous l'oreille et non plus sur le sommet de la tête « style » qui est passé de mode. De plus la couleur du nœud doit être assortie à quelque détail de la toilette — de préférence l'ornementation du chapeau de la maîtresse du chien. Cela ne va pas toujours sans tâtonnements puisqu'il faut en outre tenir compte de la nuance de la robe de l'animal.

Le bleu, le rose ou le rouge conviennent très bien à un caniche noir ; le bleu est préféré pour les blenheims tandis que n'importe quelle couleur — sauf le vert — peut-être employée pour les terriers. Il y a aussi les dames « coiffeuses » qui doivent faire une étude approfondie des couleurs. La question des parfums est moins employée ; une dame parfume toujours son darling avec l'odeur dont elle se sert elle-même.

Pas grand chose de neuf en ce qui concerne la bijouterie ; parfois des bracelets d'or orné de diamants attachés aux pattes de devant ; le collier portant le nom de la propriétaire est également enrichi de brillants. Les chaussures ne sont plus de mode ; on a trouvé qu'elles font paraître les pieds du chiens plus longs qu'ils ne le sont en réalité.

Enfin, voilà la nouvelle mode de costume d'automobile. Le chien est assis sur la banquette entre sa maîtresse et le chauffeur. Le pauvre petit porte une paire de lunettes et un capuchon qui lui couvre la tête pour que la poussière ne puisse pénétrer. L'animal est ridicule. Mais son maître est très heureux.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 20 SEPTEMBRE 1908

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