GAZRE AUX YEUX * UNE SOURCE D'INSPIRATION
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GARE AUX YEUX !
Instituteurs, veillez sur les enfants myopes
Neuf fois sur dix la myopie se déclare chez les enfants au moment où on les met à l'école. Comme il s'agit d'une conformation particulière de l’œil, cette myopie persiste telle quelle pendant toue la vie, sans diminuer ni augmenter. La seule chose à faire en pareil cas est donc de donner à l'enfant des verres convenables, des verres concaves, qui font reculer l'image des objets et la font apparaître sur la rétine même, comme cela a lieu ans la vision normale.
Or, dans la crainte de voir la myopie s'exagérer, crainte nullement fondée, les parents ne veulent pas que leurs enfants myopes portent des lunettes. Et es conséquences de cette façon de faire ne se font pas attendre.
Pour lire et pour écrire, l’enfant est obligé de se pencher sur ses livres et ses cahiers. Comme sa colonne vertébrale est encore très souple et qu'il passe dans la position penchée six à huit heures par jour, son dos ne tarde pas à prendre un mauvais pli ; bientôt c'est la scoliose inévitable contre laquelle tout échoue quand elle est solidement établie. Ce n'est pas tout; dans la position penchée que nous venons de signaler, la tête se congestionne, et cette congestion habituelle et fréquemment la cause des migraines, des vertiges. On comprend également que l'enfant qui ne voit pas bien loin, ne peut suivre les explications du tableau et, grâce à sa vision défectueuse, il devient mauvais élève.
Tous les maux et misères disparaissent ou ne se produisent pas quand on donne au petit myope des verres concaves convenablement choisis. Et il n'y a aucune raison de les lui refuser étant donné que les verres, contrairement à ce qu'on pense, n'augmentent pas la myope et que celle-ci constitue une petite infirmité qui persiste pendant toute la vie. Car il faut savoir que seules les myopies très légèrement s'atténuent avec l'âge, et encore cette atténuation ne se manifeste-t-elle qu'à un âge avancé, en général vers soixante dix ans.
Ce que nous venons de dire des myopes, nous pourrions répéter au sujet des hypermétropes.
Vers l'âge de quarante cinq ans le cristallin s'aplatit et les images des objets rapprochés se forment alors derrière la rétine. Aussi pour lire ou pour écrire, l'hypermétrope contrairement au myope est-il obligé de se reculer. Pour remettre les choses en place, il lui suffit de porter des verres convexes qui corrigent l'aplatissement du cristallin. S'il s’entête à lire sans verre correcteurs, il met instinctivement en jeu les muscles qui entourent l’œil ainsi que ceux qui se trouvent à l'intérieur. Ces contactions musculaires dont il ne se rend pas compte, deviennent aussi la cause des maux de tête, des migraines, des vertiges qui disparaissent quand il se décide à porter les lunettes. Le préjugé contre les verres correcteurs n'est donc fondé sur rien.
UNE SOURCE D'INSPIRATION
Béranger avait de jolis coups de boutoir mais qu'il ne gardait que pour ses amis.
Un jour, il dînait chez l'auteur des Trois Mousquetaires. Il n'avait bu que de l'eau pendant tout le repas. Alexandre Dumas fils, qui était encore au collège et qui montrait déjà ce qu'il serait plus tard lui dit tout à coup :
—Ah ça ! Monsieur Béranger, où donc cherchez-vous tout le vin que vous mettez dans vos chansons ?
—A la fontaine du coin, mon garçon, répliqua le chansonnier ; et je te conseille d'en faire autant.
REVUE NOS LOISIRS DU 15 MARS 1908