BONNES HISTOIRES A RACONTER
LE DANSEUR QU'ON ATTENDAIT PAS
Peu de temps après l'exécution du maréchal Ney, un de ses plus ardents ennemis, le procureur général Bellard, donnait une grande soirée en l'honneur du comte Molé, autre farouche adversaire de l'infortuné Maréchal.
Les salons brillamment illuminés étaient remplis de l'élite la plus choisie et la fête battait son plein quand un laquais tout à coup paraît sur le seuil de la porte et d'une voix de stentor annonce : « Monsieur le maréchal Ney !... »
L'orchestre est muet, les danses cessent et l'expression de la terreur et de la surprise remplace sur toutes les physionomies celle de la gaieté. Heureusement cette sensation macabre stupeur est de courte durée et sur l'heure on congédie le maladroit laquais qui a confondu le nom du maréchal Ney avec celui d'un ami de la maison M. Maréchal aîné.
LES AVOCATS SONT PARFOIS DROLES
On trouve à rire partout, même au Palais de Justice. Au milieu du fatras de plaidoiries souvent fastidieuses, les lèvres des avocats laissent tomber parfois de véritables perles. Par les échantillons que voici, on se rendra compte que ces messieurs ne dédaignent ni le calembour ni le coq-à-l'âne et qu'ils trouvent même le mot d'esprit.
— Au barreau, il est plus facile de toucher le cœur d'un juge que les honoraires d'un client.
— Mon client avait donné à cette femme son cœur un mobilier et pas un sujet e mécontentement.
— La cave de la maison louée à mon client était tout humide des champignons y croissaient et c'est nous que l'ont accuse « de pousser au frais ! »
— Après trente années de travail, le demandeur avait bien acquis le droit de ne plus rien faire. C'est alors qu'il accepta un siège au tribunal de commerce.
UN MOT ÉPIQUE
Un soir de première représentation, à la Comédie Française, le maréchal Canrobert entrant au foyer du théâtre où la grande actrice Madeleine Brohan se chauffait, silencieuse en face d'un camarade tout pâle, demanda :
— Ah ça ! Qu'avez-vous donc vous, ce soir ?
— Ce que nous avons ? Eh ! Monsieur le maréchal nous avons une première et, vous comprenez, on ne peut s'empêcher d'avoir peur !
— Peur ! Reprend le maréchal. Qu'est-ce que c'est que ça ?
Madeleine Brohan tirant un cordon de sonnette et appelant l'huissier :
— Picard un dictionnaire pour S. E. maréchal Canrobert.
LE MEILLEUR TRUC PEUT RATER
Qui ne nous n'a fait le souhait au moment de prendre le train d'occuper seul son compartiment à l'abri des gêneurs.
Pour empêcher ceux-ci de monter ans on wagon le fameux acteur Gil Pérez trouva un amusant expédient un jour qu'il allait jouer à Bruxelles.
A chacune des stations il se mettait à la portière et d'un air dégoûté criait :
— C'est intolérable ! Cette vieille Anglaise qui a une indigestion et qui tache tous les coussins.
Bien entendu à l'énoncé de cette phrase magique tout le monde monté... à côté.
Pourtant à l'un des arrêts, un voyageur froidement ouvrit la portière et se hissa dans le wagon.
— Tiens, fit Gil Pérez surpris... tout de même ?
— Oui, répliqua le voyageur, je suis médecin, je la soignerai votre vieille Anglaise.
UN COR AU PIED DE 6 000 FRANCS
Le grand chirurgien Nélaton fut un jour mandé auprès d'un financier notoire.
— Tenez, lui dit ce dernier en se déchaussant tranquillement, j'ai là un cor dont je souffre beaucoup et je n'ai confiance qu'en vous pour me l'enlever.
Nélaton fait la grimace mais s'exécute et sans mot dire, extirpe le cor.
Le lendemain, le financier recevait une note d'honoraires ainsi libellée : « Pour une opération chirurgicale, 6 000 francs »
Au tour du financier de faire la grimace. Il tente de discuter, mais Nélaton obtient gain de cause avec tous les rieurs de son côté, faisant entendre à l'homme de fiancer qu'un chirurgien n'est point un pédicure et qu'au surplus si l'opération ne valait point 6 000 francs la leçon les valait au-delà.
POUR RÉPARER DES ANS...
Le souci de se conserver à tout prix un semblant de jeunesse avait conduit l'éternellement jeune duc de Richelieu à s'imposer un traitement qui comportait de terribles exigences ! Voici ce que nous conte Mme d'Abrantès à se sujet : « Aux derniers mois de sa vie, il était toujours si coquet que, pour cacher ses rides, il se faisait tirer la peau sur le haut de la tête et, lorsque le valet de chambre l'avait amené à lui, il la liait avec un ruban. Puis on recouvrait le vieux chef de la vieille peau avec une perruque bien poudrée ; ensuite, comme par le déplacement de la peau, les sourcils étaient remontés d'un pouce on en peignait d'autres. Il n'y avait que les oreilles qui s'en allaient aussi derrière la tête et qu'on ne pouvait pas ramener...
— Maman, je voudrais aller au zoo aujourd'hui et voir la cage aux singes.
— Quelle idée ! Aller voir les singes alors que la tante Simone vient à la maison.
M. Machin a tout juste ouvert la porte de la maison lorsque sa jeune femme se précipite vers lui.
— C'est affreux ! C'est épouvantable ! Une chose terrible vient d'arriver.
— Quoi donc ?
— Le chat a mangé la crème que j'avais préparé pour ton anniversaire.
— Ce n'est pas grave. Nous achèterons un autre chat.
C'est aujourd'hui le vernissage de l'exposition du peintre Olibrius. Une foule admirative se presse devant le tableaux d'intérieur. Mrs Smirh, riche Américains, serre les mains du peintre avec effusion :
— Magnifique, maître, vos œuvres sont admirables, j'aimerais tant acheter votre toile intitulée : « nature morte à la cafetière » mais ne pourriez-vous la moderniser un peu, par exemple en remplaçant la cafetière par un mixer !
Un doryphore à un mille-pattes :
— Cher ami, venez donc dîner chez nous ce soir ; justement ma femme vient d'acheter un mille-feuilles.
— Je ne comprends pas ce qui se passe, se plaint une dame plus toute jeune et qui n'a jamais été belle, quand je passe devant la cage aux singes, ils me donnent des cacahuètes.
Mme Marin vint de se faire opérer de l’appendicite. L'opération s'est très bien passée et le chirurgien avait tout juste recousu la plaie lorsque soudain :
— C'est épouvantable, s'exclama-t-il, j'ai oublié mes ciseaux.
Vite, il découd trouve les ciseaux referme la plaie et à ce moment :
— Mon Dieu ! Mes gants en caoutchouc.
Vite il découd et on entend la voix de Mme Martin.
— Maintenant docteur, ça suffit. Qu'on me mette une fermeture éclair.
A la grille du jardin, une dame apparaît.
— Est-ce que ta maman est là, mon petit garçon ?
— Naturellement, autrement je ne serais pas en train de nettoyer l'allée.
Dans un restaurant.
— Garçon, une tasse de café qsans crème, je vous prie.
— Je suis désolé, monsieur, je ne peux pas vous donner une tasse de café sans crème parce que nous n'avons pas de crème. Si cela vous convient je vous donnerai une tasse de café sans lait.
La file d'attente s'allonge de plus en plus devant un éléphone public ; les gens commencent à murmurer. Brusquement la porte de la cabine s'entrouvre, une jeune fille en sort tenant toujours le récepteur et très à l'aise, demande :
— Est-ce qu'il y aurait parmi vous quelqu'un d'assez aimable pour faire un saut au café et m'apporte un sandwich au jambon ?