LE PREMIER CONTRIBUABLE ALLEMAND
LE PREMIER CONTRIBUABLE ALLEMAND
Voici qu'un de nos confrères allemands signale que le rôle des contributions dans la ville d'Essen porte depuis quelques jours seulement le nom du nouveau contribuable. C'est M. Krupp von Bohlen-Kalbach qui a épousé l'an dernier la fille du défunt « Roi du canon » Ce nouveau contribuable a élu domicile à Essen pendant l'hiver seulement, il passe l'été à la fameuse Villa Hügel.
M. Krupp von Bohlen-Kalbach est imposé pour la somme de 1 769 500 francs à Essen. Il paye une somme sensiblement équivalente dans la commune de Bredeney où est situé la Villa Hügel. Il à l'honneur d'être le premier contribuable d'Allemagne, l'empereur étant exonéré de par la Constitution.
UN VRAI MOT DE LA FIN
Un mathématicien du XVIIIe siècle le célèbre Bossut était à toute extrémité. Sa famille l'entourait et lui disait les choses les plus touchantes ; mais il ne donnait plus aucune marque de connaissance. Un de ses amis, le voyant dans ce triste état, dit à sa famille « Attendez je vais le faire parler »
— Bossut, quel est le carré de douze ?
— Cent quarante quatre, répondit aussitôt le moribond.
Ce furent ses dernières paroles.
UNE INFIRMIÈRE FAIT UN HÉRITAGE DE 750 000 FRANCS
Une jeune infirmière soigne pendant sept ans avec un inlassable dévouement, un jeune homme fort riche atteint d'une maladie incurable.
Le jeune homme touché de la douceur et de la bonté avec lesquelles les soins lui avaient été prodigués, décida de laisser, par testament, une partie de sa fortune à la jeune infirmière. Quand la fin approcha, son dévouement fut reconnu par le malade qui lui laissa 750 000 francs.
LE DOCTEUR CONSCIENCEUX
Un pauvre diable vient de se faire prendre la jambe dans un engrenage. On appelle le docteur. Malheureusement c'est un docteur consciencieux.
Pour commencer il ausculte gravement.
— Mais docteur, c'est la jambe...
— Ça ne fait rien. Tirez la langue.
Le patient tire la langue.
— Le pouls, maintenant... Bien !... Voyons les yeux... Bon !
— Mais doceur, c'est la jambe que...
— Tout à l'heure que diable !... Procédons par ordre. Etes-vous constipé d'habitude ?
— Au contraire. Seulement j'ai la jambe qui...
— Nous y arrivons.
La jambe gauche, broyée ne tient plus au tronc que par un mince lambeau de chair.
— Je vois ce que c'est, diagnostique enfin l'homme de l'art avec solennité. Vous avez mal à la jambe.
— Oui, docteur.
— A la gauche.
— C'est ce que je pensais (un temps de méditation) Avez-vous eu dans votre famille des parents qui ont eu la jambe gauche coupée par un engrenage ?
— Non docteur.
— Bon ! Nous ne sommes donc pas en présence d'une maladie héréditaire.... Et vous souffrez beaucoup ?
— Énormément docteur.
— Très bien ! Continuez mon ami... Je reviendrai demain matin.
REVUE NOS LOISIRS DU 15 NOVEMBRE 1908
