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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 2/2

29 Janvier 2013, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

A PARTIR DU LUNDI 28 JANVIER A 11 HEURES

DES PHOTOS DE SCULPTURES NEIGE ET GLACE

DU 28 JANVIER AU 1er FEVRIER

 

 

 

N° 31

 

VOTRE OPINION ET LA NOTRE

 

Passé le « pont » du 14 juillet, les heureux du monde commenceront de faire leurs malles. Un nombre croissant de Français, surtout de jeunes Français vont maintenant à l'étranger. Ils ont raison, non pas que notre pays n'abonde en paysage délicieux, mais parce que le voyage hors des frontières ouvre l'esprit à beaucoup d'idées utiles.

Trop longtemps, nous nous sommes imaginé que les autres peuples étaient en quelque sorte des barbares. Nous apprenons en courant le monde, à nous défier les légendes, à ne pas admettre des prétendues supériorités qui sont en réalité de simples différences. Les défauts et les qualités de chaque nation sont les produits de la terre qu'elle habite, du climat qu'elle subit, et des péripéties de son histoire.

Nous nous habituons à voir des hommes suivre d'autres usages et d'autres règles que les nôtres. Ce spectacle nous enseigne la tolérance. Et rien ne dégourdit un jeune homme comme la nécessité de se débrouiller seul ans un pays dont il écorche la langue, de se débattre avec des hôteliers, des employés de chemin de fer, des voituriers, des compagnons de route plus ou moins agréable. Excellente école de la vie.

 

U Y U Y U

 

Un financier milliardaire qui possédait une nombreuse écurie, avait légué à chacun de ses chevaux une rente mensuelle de 200 francs. C'est quarante fois plus que le législateur philanthrope ne fait espérer aux vieux travailleurs. Mais à la mort des chevaux légataires, la rente doit revenir à l'Assistance publique, pour qu'elle l'emploie en faveurs des ouvrières pauvres.

Le plus âgé des fortunés quadrupèdes vient de rendre son dernier soupir ; de sorte qu'une somme de 2 400 francs peut être offerte dès maintenant à une jeune fille pour s'établir ; c'était le revenu d'un cheval ; ce sera le capital d'une famille humaine.

Les chevaux d'omnibus de fiacre, de tombereaux qui souffrent le martyre sur le pavé de Paris trouvent que la répartition de la richesse et du bonheur n'est pas très bien faite ici-bas. Cependant tout le monde ne peut pas être cheval chez Rothschild.

Même avec beaucoup de mérite, il faut avoir beaucoup de chance ; et cette constatation, sans cesse répétée, trouble infiniment les âmes affamés de justice.

 

U Y U Y U

 

Il y a vingt ans, le droit des pauvres perçus par l'Assistance publique à l'entrée de tous les spectacles rapportait deux millions. Maintenant il rapporte trois millions.

On dit toujours que « les affaires ne marchent pas » Mais le plaisir marche. Les affaires les plus sûres, sont celles qui s'édifient sur notre appétit de joies et de divertissements. Trois millions de taxes représentent trente millions de recettes brutes. Combien de dépenses nécessaires sont ajournées pour que notre budget pourvoir aux dépenses superflues !

 

U Y U Y U

 

Le chien est l'ami de l'homme, c'est bien connu depuis saint Roch, sans remonter jusqu'au Déluge. Il devait donc arriver que l'homme mangeât le chien ; les Chinois ont donné l'exemple et les Allemands suivent.

Il y a de l'autre côté du Rhin, des boucheries de chiens, des abattoirs de chiens, des consommateurs de chiens. Les Chinois du moins, ne se régalaient que d'une espèce particulièrement comestible ; les Allemands dévorent indistinctement les dogues et les caniches, les épagneuls et les fox-terriers. C'est la conséquence de renchérissement de la viande. Et c'est la revanche du siège de Paris, pendant lequel tant de Français mangèrent leur fidèle toutou pour lui conserver un maître.

On n'avale pas le Roi de la création ! Nous avons connu des associations de libres esprits, où plutôt de libres estomacs, qui s'étaient donné pour mission de détruire le « préjugé du dégoût ». Ils se réunissaient à certains jours pour consommer des hannetons, des sauterelles, des crapauds, des vers blancs et des vers de terre, des araignées et des limaces présentés en plats appétissants, sous des étiquettes pittoresques. Ils n'ont pas eu d'adeptes, malheureusement et tout ce gibier continue à se perdre.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 2 AOUT 1908

 

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