VOTRE OPINION ET LA NOTRE 1/3
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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 1/3
Il vient de se constituer une Société des Amis de Versailles « pour la sauvegarde et l'entretien du domaine de Versailles et pour l'accroissement des richesses artistiques qui y sont contenues ». Rien de plus louable. L'abandon la dégradation des palais et des parcs de Versailles et de Trianon font rougir les visiteurs. La demeure superbe du grand roi ne s'accommode pas de la poésie spéciale aux ruines ; elle s'accommode mal de certaines restaurations, plus funestes que la négligence complète. Il faut que ce joyau de notre patrimoine national soit conservé en bon état, et par des gens de goût.
Mais on s'étonne que des Sociétés particulières soient obligées d'assumer les devoirs qui incombent à l'État et pour l'accomplissement desquels l'État et pour l'accomplissement desquels l'État nous accable d'impôts. Pour la Société des Amis de Versailles, figurent d'abord les fonctionnaires des beaux-Arts payés par nous pour « la sauvegarde et l'entretien » de Versailles. S'acquitteront-ils avec zèle comme membre d'une Société privée, de la mission que cette société même leur reproche de déserter comme fonctionnaires ? C'est bien singulier.
Il faudrait logiquement conclure à la suppression des Administrations publiques et à leur remplacement par des Associations libres !
L'armée a du bon, même en temps de pacifisme. Elle peut aider la viticulture. On a démontré au Parlement que la mévente des vins serait atténue, si les ministres de la Guerre et de la marine faisaient boire un litre de vin par jour à chaque soldat ou marin. Ce serait une consommation total de 857 00 hectolitres par an. Les contribuables paieraient.
Cette idée d'utiliser les militaires pour l'absorption des denrées invendues paraît ingénieuse mais elle ne produira son plein effet qu'à condition d'être étendue à toutes les catégories de consommateurs et à tous les objets de consommation.
Laissez faire les sociologues. Un temps viendra où l'État se chargera de régler par nature et par quantité, ce que vous devez acheter, manger, boire, user de chaque produit et le prix à payer. Vous serez ainsi débarrassé de toutes les préoccupations qui troublent notre existence. Sous l'Ancien Régime on trouvait abominable que le gouvernement imposât pour le sel seulement un minimum à un certain prix. Mais le Régime Moderne prend la même mesure pour toutes sortes de choses sans soulever d'objection, parce qu'il es un régime de liberté.
NOTRE RELEVUE NOS LOISIRS DU 12 JANVIER 1908