QUATRE PETITES HISTOIRES
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Franck Rupsals qui vient de mourir à vienne, était vraiment un original. C'était bien le plus excentrique des gourmets. Il s'enorgueillissait d'avoir goûté à la chair de tous les animaux.
Il avait mangé du rat. Mais cela c'est l'enfance de l'art. Les survivants du siège de Paris se souviennent tous d'en avoir mangé mais ce n'était pas pour leur plaisir.
Franck Rupsals avait connu des émotions gastronomiques plus rare.
Il avait mangé du rhinocéros et de l'hippopotame, chairs d'ailleurs assez médiocre. Il avait mangé de l'éléphant. Il paraît que la trompe est un morceau de roi.
Mais parmi tous les animaux plus ou moins exotiques auxquels avait goûté Franck Rupsals, celui dont il avait gardé le meilleur souvenir, c'était le boa constrictor, le serpent géant.
Rupsals aimait à raconter que la chair de boa constrictor bien cuite et bien assaisonnée avait la délicatesse de la chair des poissons les plus fins et le fumer des meilleurs gibiers.
Le plus curieux c'est que pour satisfaire sa bizarre manie Rupsals était obligé de faire des voyages lointains très coûteux et souvent très dangereux.
Car les restaurants de Vienne pas plus que ceux de Paris, ne donnent à leurs clients des ragoûts de boa constrictor.
On vient de publier des documents nouveaux sur les derniers jours de Napoléon 1er à Sainte-Hélène. Il souffrait de crises hépatiques très violentes. Le médecin qui le soignait ne se rendait pas compte de la gravité de la maladie et il ne savait pas prescrire des vomitifs.
Napoléon souffrait tellement qu'il se roulait par terre en poussant des cris et en traitant son médecin d'assassin.
Un second médecin fut envoyé à Sainte-Hélène. Celui là était un médecin miliaire. Comme le premier, il prescrivit de l'émétique et n'eut pas l'air d'attacher grande importance aux crises dont souffrait l'empereur.
Napoléon 1er soigné à l'ipéca et traité en fricoteur comme un soldat de deuxième classe, voilà qui n'est pas banal.
L'époque est bien passée où les artistes allaient par les routes, bohémiens vêtus de guenilles. Si la profession de chanteur où d'acteur comporte encore de terribles aléas, les premiers sujets ne sont plus à plaindre.
Trois tournées en Amérique valurent à la Patti, sous le Second Empire 1 600 000 francs. L'imprésario Abbey de New-York, offrit à la Patti un cachet quotidien de 20 000 francs pour son engagement au Metropolitan
Opéra, mais le colonel Mac Pherson la lui enleva avec le cachet fabuleux de 25 000 francs. Les frais quotidiens d'Abbey au Metropolitan Opéra s'élevaient à 40 000 francs. Mme Christine Nilsson recevait 10 000 francs. Mme Marcella Sembrich 7 500 francs.
Mais que sont les cachets déjà respectable à côté des sommes fabuleuses que gagne le ténor Caruso.
Dans les plus mauvaises années, les années de repos, Caruso gagne un minimum de 900 000 francs par an ! Seul Paderewski qui gagne une une moyenne de 750 000 francs annuellement, peut approcher le roi du gosier !
Un soir à New-York , Caruso assistait à une représentation du théâtre New-Fields avec son collège et ami, le ténor Salega. Au cours de la soirée, on vint le chercher pour chanter chez un milliardaire quelconque de Central Park ou de Fifth Avenue. Caruso se lève, sort et revient exactement une heure après avec 5 000 dollars (16 200 francs) ce qui, déduction faite du temps nécessité par le trajet aller et retour, met la minute du chant au chiffre coquet de 375 francs.
Nous ne pouvons omettre de signaler le traité qu'il passa il y a quelque temps avec une maison de phonographes. Il fut convenu que le roi des ténors chanterait dans quatre appareils à raison de 10 000 francs par appareil, soit 40 000 francs, plus un tant pour cent sur la vente des cylindres, qui lui rapporta en quelques mois la sommes ronde de 14 000 dollars c'est-à-dire 75 600 francs... Et le traité dure toujours !
C'est un Matin...
C'est un matin de mars qu'elle m'est revenue
E veillant le jardin d'un bruit de falbalas,
L'enfant toujours cruelle et toujours ingénue
Que je n'ai point aimée et qui ne m'aimait pas.
Le givre s'égouttait aux branches, mais plus bas,
La neige ourlait encore les buis de l'avenue ;
Et le frison d'hiver , sous leur écosse nue,
Emprisonnait le rire embaumée des lilas.
Un éclair parut : « Bonjour c'est moi » dit-elle
Dans l'air moins froid passa comme un cri d'hirondelle
Je la vis me sourie et crus avoir seize ans ;
Et depuis, quelquefois, je me surprends à dire
Songeant à ce rayon, songeant à ce sourire
C'était presque l'Amour et presque le Printemps !
Paul Arène
REVUE NOS LOISIRS DU 17 MAI 1908
TOUS LES LUNDIS A 14 HEURES
SERIE DE PHOTOS
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L'HOMME QUI A MANGÉ DE TOUT
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NAPOLÉON 1er A SAINTE-HÉLÉNE TRAITÉ COMME UN TIRE AU FLANC
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QUAND LE TÉNOR CARUSO CHANTE IL GAGNE 400 FRANCS PAR MINUTE
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