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MOINEAUX SANS NID N° 88

12 Décembre 2011, 09:00am

Publié par nosloisirs

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88 – LE COMBLE DED LA DISCORDE

Ce soir-là, Jacques rentra à l’heure au dîner, de fort mauvaise humeur. Il prit place en face de son frère qui lassé de l’attendre, avait ordonné de servir. Emilie était assisse à la droite du marquis.

— Puisque Jacques n’arrive pas, dîner avec moi, Emilie, lui avait-il demandé. Je déteste prendre seul mes repas.

— Mais, Monsieur le marquis ... avait-elle protesté.

— Ajoutez un couvert, avait-il ordonné au valet de chambre, et vous, obéissez-moi, Emilie !

Le domestique avait exécuté l’ordre reçu, et le potage était à peine servi dans les assiettes que Jacques pénétrait dans la salle à manger, l’air furieux.

— Puisque Monsieur n’est lus seul ... dit Valérie en se levant.

— Restez, je vous prie, Emilie, ordonna Anselme avec autorité.

— Peux-tu me dire ce que tu as fait tantôt ? dit Jacques à son frère en dépliant sa serviette ; je t’ai attendu au cercle jusqu’à maintenant !

— Excuse-moi, répondit le marquis mais je ne me suis pas senti très bien et j’ai préféré rentrer directement à la maison.

— Eh bien ! s’exclama Jacques avec humour, sache que ton malaise m’a coûté la petite somme de quatre cent mille francs !

— Imbécile ! S’écria Anselme. Tu ne saurais donc jamais t’arrêter à temps ?

— Que veux-tu ? Je m’ennuyais tellement ... et j’ai été entraine à la table de baccara.

— Où tu as perdu quatre cent mille francs ! ahceva Anselme.

— Je n’ai pas eu de chance, se défendit Jacques. D’ailleurs, si tu m’avais rejoint comme il était convenu ...

Valérie comprit que le marquis était resté uniquement dans le but de la retrouver en réalisa que Jacques devait penser la même chose.

Le dîner s’acheva dans un silence pénible. Quelque chose d’indéfinissable séparait maintenant les deux frères. Tous deux ne cessaient de contempler leur jeune gouvernante, appréciant sa grâce et son charme incontestable

Valérie se leva pour servir le café et tendit une tasse à Jacques.

— A partir d’aujourd’hui, Emilie, lui dit-il ne voulant pas être en reste vis-à-vis de son frère, vous prendrez vos repas avec nous. Je ne puis supporter qu’une femme telle que vous mange à la cuisine.

— Et nous en serons très honorés, croyez-le, appuya le marquis.

— Je vous remercie infiniment, Messieurs, mais je ne puis accepter, refusa-t-elle. Je tiens à rester à ma place.

— Mais celle que nous vous offrons vous revient de droit, insista Jacques.

— Et j’approuve entièrement mon frère, renchérit le marquis en souriant.

— Vous êtes beaucoup trop bons pour moi, murmura Valérie, mais je vous supplie de me permettre de refuser cette faveur.

— Comment ? S’exclama Jacques. Chercheriez-vous à nous offenser, Emilie ?

— Oh ! Monsieur, n’interprétez pas ainsi mon refus !

— Pourtant, reprit Jacques, vous me froissez beaucoup, et personnellement, car vous ne refusez pas lorsque je ne suis pas là.

— N’en prenez pas ombrage, Monsieur, et réfléchissez plutôt à certaines impossibilités.

— Et lesquelles, je vous prie ?

— Que se passera-t-il le jour où vous aurez des invités ? Répondez-moi franchement ! Vous serez dans l’obligation de me demander de ne pas venir à table ou de me présenter comme votre gouvernante, ce qui sera gênant autant pour vous que pour moi.

— Nous vous présenterons sous votre nom : Mademoiselle Emilie Peyret ... et avec le plus grand plaisir ! répondit Jacques.

— Cesse d’insister, Jacques, intervint le marquis et vous Emilie, décidez ce qu’il vous plaira, car nous ne tenons pas à vous contrarier. Mais sachez, cependant, que vous aurez toujours votre couvert mis à cette table, avec ou sans invités.

A ces paroles succéda un bref silence que rompit soudain Jacques.

— Pour un malade, s’écria-t-il en s’adressant à son frère, je trouve que tu as mangé avec pas mal d’appétit !

— Mon malaise s’est complètement dissipé après mon retour répliqua le marquis tranquillement.

— Tu n’en vois ravi, ajouta Jacques, ironiquement, sans cesser de jeter des regards furieux à son frère et à Valérie.

Cette dernière ne sachant plus quelle attitude prendre, sortit de la pièce, sous prétexte d’un travail pressé à terminer. Quelques minutes plus tard, Jacques et son frère quittaient la maison également.

« Ils ne rentreront sûrement qu’à l’aube se dit Valérie en soupirant de soulagement. Je ne pourrai certes pas rester encore longtemps ici ; il faut absolument que je découvre ce testament le plus vite possible ! »

Elle s’acquitta de ses tâches du soir, et, lorsque tous les domestiques furent couchés, elle se dirigea aec précaution vers la bibliothèque.

Elle prit un livre et s’assit dans un fauteuil pout se donner une contenance, au cas où quelqu’un l’y aurait surprise. Elle ne lisait pas, mais réfléchissait intensément au moyen de trouver le coin où les misérables cachaient le précieux papier.

« Ils ne l’ont certainement pas rangé parmi leurs autres documents, se dit-elle et je dois fouiller minutieusement toutes les pièces de cette maison. Je vais d’ailleurs commencer par celle-ci ; ils peuvent très bien l’avoir glissé entre les pages d’un bouquin. Je vais tous les passer en revue, les uns après les autres. »

Et quittant son fauteuil, la jeune femme commença cette harassante besogne, ouvrait chaque livre et le retournant vers le sol dans l’espoir d’en voir tomber la feuille tant convoitée, le cœur battant à coups précipités.

Après deux heures de cet exercice, elle pensa que le testament se trouvait ailleurs et examina avec soin toute la pièce mais toujours sans résultat.

« Je crois que je tente l’impossible, se dit-elle découragée ! Comment dénicher cette maudite cachette ? Cette maison est si vaste ! Je dois plutôt écouter toutes leurs conversations et attendre qu’eux-mêmes parlent de l’endroit où ils l’ont dissimulé puisque je suis certaine qu’ils ne l’ont pas détruit. »

Elle s’apprêtait à sortir de la pièce lorsqu’elle entendit la porte de l’entrée s’ouvrir. Immédiatement, elle reprit un livre et se rassit dans son fauteuil, faisant semblant d’être plongée dans une lecture passionnante ... Une seconde après Jacques pénétrait dans la bibliothèque.

— Tiens, vous êtes ici, Emilie ? S’exclama-t-il.

— Excusez-moi, Monsieur, dit-elle en se levant vivement mais, ne parvenant pas à dormir, je ...

— Vous avez très bien fait, interrompit-il aimablement. Vous pouvez venir puiser dans la bibliothèque tant qu’il vous plaira. Je suis rentré parce que, à mon tour, je ne me suis pas senti très bien ...

— Désirez-vous que je réveille Grégoire, Monsieur ? demanda Valérie.

— Pas du tout, répondit-il vivement. Ce n’est qu’un prétexte. J’ai agi comme l’a fait mon frère, comprenez-vous ?

— Non Monsieur, je ne veux pas comprendre, répliqua froidement la jeune femme, et puisque vous n’avez pas besoin de soins, permettez-moi de me retirer.

— Ah ! Mais non ! S’écria-t-il avec force. Ne devinez-vous pas que je suis rentré plus tôt dans le seul but de pouvoir passer quelques instants seul avec vous ?

— A une heure pareille ? S’indigna-t-elle.

— Je n’ai guère le choix ! Anselme est toujours sur mon dos ! Expliqua Jacques souriant.

— Je ne comprends pas, Monsieur, bredouilla Valérie en se dirigeant vers la porte.

— Je vais m’expliquer sur-le-champ, dit Jacques en lui barrant le passage.

— Mais, Monsieur Jacques ... protesta la jeune gouvernante, très effrayée.

— Ne vous êtes-vous donc pas encore aperçue, Emilie, que mon frère et moi nous sommes follement épris de vous ? Pour ma part je n’hésite pas à vous le déclarer, très franchement.

— Je suis navrée par vos paroles, Monsieur, répondit sévèrement Emilie, car, désormais, il m’est impossible de rester sous votre toit ...

— Qu’est-ce que vous dites ! S’exclama-t-il, ahuri.

Mais sans lui donner d’autres explication,s elle lui adrersse un petit signe de tête très sec en ajoutant :

— Bonne nuit, Monsieur !

— Attendez, je vous en conjure ! Fait-il en essayant de la retenir.

— Non ! Refusa-t-elle (Et comme il l’empêchait toujours de passer, elle poursuivit les yeux étincelants de colère) : Je vous prie de me laisser sortir !

— Pas avant que vous m’ayez écouté !

— C’est tout à fait inutile !

— Il le faut pourtant, car je suis revenu dans cette seule intention, déclara-t-il énergiquement en se collant contre la porte.

Valérie domina sa frayeur et murmura avec mépris :

— Qu’avez-vous donc l’intention de faire, Monsieur ? Je suis réellement étonnée d’une telle attitude de votre part !

— Je vous aime, Emilie ! Ecoutez-moi un instant !

— C’est impossible ! Laissez-moi m’en allez !

— Avez-vous été aussi dure avec mon frère ?

— Monsieur le marquis ne m’a jamais manqué de respect, fit-elle d’une voix glaciale.

— Ha ! Ha ! Ha ! Il eut un rire sarcastique - Me prenez vous donc pour un imbécile ? S’il vous invitée à notre table, c’est que certainement, il a dû se passer quelque chose entre vous.

— Que cherchez-vous à insinuer ?

— Que quelque chose a dû se passer entre vous et Anselme, je le répète, répliqua-t-il, cynique et furieux.

— Vous êtes complètement fou ! Rétorqua-t-elle indignée. Vous n’avez pas encore compris qui je suis ! Laissez-moi m’en aller et cessez de me tourmenter de la sorte. Je ne veux pas entendre un mot de plus !

— Emilie, reprit-il avec plus de douceur, soyez, vous aussi, plus raisonnable et tâchez de m’écouter un instant ; vous aurez toujours en moi un ami très affectueux qui vous donnera tout ce qu’une femme peut désirer.

— Taisez-vous ! Ordonna-t-elle d’une voix vibrante de colère et de mépris, et cessez de m’insultez aussi odieusement !

— Mais je ... Je vous aime, Emilie ! Insista-t-il et je ne pense qu’à vous depuis le premier instant ou je vous ai vue. Je ne peux plus dormir ! Je suis fou de vous qui êtes si belle, et adorable et je vous jure d’exécuter aveuglement le moindre de vos caprices.

Comprenant qu’elle n’arriverait à rien en la brusquant, Valérie répondit avec calme :

— Il est très tard, monsieur Jacques ; nous reparlerons de tout ceci demain, voulez-vous ?

— Non, il faut le faire tout de suite, refusa-t-il, très excité, car je sens d’Anselme lui aussi, va se déclarer.

— Non, monsieur Jacques, déclara la jeune femme en haussant les épaules. J’ai déjà dit à Monsieur le marquis que je ne désire et ne veux accepter l’amour de personne, pas plus de lui ni de vous que d’un autre.

Jacques la fixa, stupéfait. Il ne pouvait admettre qu’une aussi jeune et jolie fille puit parler de la sorte.

— Mais ne songez-vous donc pas à l’avenir ? Je vous offrirai une merveilleuse demeure, des fourrures, des bijoux, et ...

— Ce sont des choses qui ne m’intéressent absolument pas. Et maintenant, Monsieur, laissez-moi sortir ou j’appelle !

— Non, non, attendez, je vous en supplie, s’écria-t-il bouleversé. Ne croyez-vous pas Emilie à quel point je vous adore ? Je vous veux, même s’il me fallait pour cela vous épouser !... Consentez-vous à devenir ma femme, Emilie ? Je suis très riche et, si vous ne m’aimez pas, peut-être mon grand amour saura attirer le vôtre un jour !

— Commencez, dans ce cas, par mes respecter, fit froidement la jeune femme.

— Il me faut une réponse tout de suite, avant le retour de mon frère.

— Attendez jusqu’à demain, proposa-t-elle avec douceur, dans le but de la calmer et de pouvoir regagner sa chambre et s’y enfermer à double tour.

— Non, tout de suite, vous dis-je ! Hurla-t-il, fou de désir qu’éveillait en lui la vue de cette ravissante femme.

Valérie en effet, était très belle avec son visage animé par la colère, ses yeux étincelants d’indignation.

Jacques verrouilla brusquement la porte et glissa la clé dans la poche de sa veste. Voyant cela, la jeune femme courut vers la sonnette pour appeler les domestiques, mais d’un bond, Jacques la saisit avant qu’elle ne puit achever le geste, et il la serra avec force dans ses bras, essayant de lui prendre les lèvres.

Valérie se défendait, criait, frappait le misérable pour lui échapper, mais hélas ! Il était trop fort.

— Laissez-moi, je vous en supplie ! Balbutiait-elle. Ne soyez pas aussi odieux !

— Je suis un être odieux, reconnut-il haletant, mais je me moque de tes insultes ! Je veux que tu m’appartienne parce que je suis fou de toi !

— Voyou ! Vous êtes un voyou et j’aimerai mieux mourir ! S’exclama la pauvre enfant, sentant avec terreur ses forces l’abandonner, tandis que Jacques, tout à fait hors de lui, essayait et la maîtriser.

— Tu seras mienne ! Haletait-il. Je te donnerai tout ce que tu voudras ensuite. Je t’adore ! Jamais je n’ai autant désire une femme !

— Vous êtes ignoble ! Criait l’infortunée, continuant à se débattre avec désespoir. Laissez-moi ! Vous me dégoûtez !

— Tais-toi ! Ne sois pas si méchante ! Ne vois-tu pas que je t’aime ? Que je suis fou de toi ? Répétait-il ayant perdu tout contrôle.

— Laissez-moi, misérable ! Je vous hais ! Je vois hais ! Criait désespérément Valérie.

A cet instant, des coups violents ébranlèrent la porte tandis que leur parvenait la voix furieuse d’Anselme.

— Ouvre ! Ouvre donc, Jacques !

Jacques pâlit affreusement et abandonné sa proie.

Il était grand temps, car la pauvrette à bouts de forces se laissa tomber dans un fauteuil, les cheveux défaits, la jupe déchirée jusqu’au genoux, prêtre à s’évanouir.

Jacques demeurait immobile,. Les coups redoublaient avec une telle violence que le battant faillit céder. Alors, le misérable se décida et ouvrit à son frère qui entra dans la pièce, tel un bolide, pâle comme la mort, les yeux noirs de colère.

— Canaille ! Cria-t-il en saisissant Jacques par les revers de son veston, bandit !

— N’as-tu pas fait la même chose ? Ricana l’autre avec défi.

— Tais-toi ! Tu n’es qu’un imbécile !

— Et toi un hypocrite ! Répliqua Jacques avec rage. Moi, au moins, j’avis ouvertement tandis que toi, tu ...

— Jacques !

Ils s’emblaient prêts à se battre, se dévisageant avec haine, tremblants de colère.

— Cela suffit, déclara Anselme en retirant son pardessus qu’il jeta sur un fauteuil près de lui. (Puis, se tournant vers Valérie, il ajouta) : Pardonnez-lui, Emilie, il doit être ivre.

— C’est toi qui es ivre ! Se déchaîna l’autre, et je répète que tu es un hypocrite et que tu pensais te conduire comme je l’ai fait. Mais je t’ai devancé, et je veux cette femme !

— Que répondez-vous à ceci, Emilie ? Murmura Anselme, livide.

Valérie haussa les épaules avec un air de profond mépris.

— Répondez, je vous en prie ! Insista-t-il.

— Jamais ! Répliqua avec force la jeune gouvernante.

— Tu as entendu, crétin ! Murmura le marquis en s’adressant à son frère.

— Elle ne t’appartiendra jamais non plus, je te le jure ! Reprit Jacques avec énergie.

— Comment l’en empêcheras-tu si elle le voulait ! Répondit Anselme en riant.

— Je n’en sais rien encore, reconnut son cadet avec dépit mais je t’en empêcherai !

— Ne l’écoutez pas, Emilie, poursuivit le marquis, et pardonnez-lui ; il est très exalté parfois.

— Goujat ! Murmura tout bas la jeune femme en essayant de fermer sa jupe déchirée.

— Je ne suis pas un goujat ! s’écria douloureusement Jacques, mais un homme trop impulsif. Pardonnez-moi, Emilie.

Elle lui lança un regard indigné et quitta la bibliothèque aussi altière et digne qu’une reine.

— Quelle brute tu es ? S’exclama le marquis après le départ de Valérie. En voilà une façon de se conduire avec une femme !

— Bah ! Elles se valent toutes, déclara cyniquement Jacques.

— Tu te trompes ; avec celle-ci, il faut agir autrement pour l’obtenir.

— C’est à toi que tu penses, sans doute ? Reprit Jacques ironique.

— Je ne puis le nier, gémit Anselme.

— Ainsi, tu la veux toi aussi ?

— J’en ai le droit tout autant que toi.

— Je t’interdis de seulement lever les yeux sur elle !

— Tu en es donc vraiment épris ? Demanda le marquis.

— Evidemment, et je veux l’épouser.

— Trop tard, mon vieux ! Ricana Anselme.

— Que signifient ces paroles ? dit Jacques menaçant.

— Que tu aurais dû y songer plus tôt ! Expliqua Anselme.

Jacques blêmit recula en fixant son frère avec des yeux de feu.

— Tu veux dire que ... Qu’elle t’a appartenu ? Bégaya-t-il.

Anselme sourit, énigmatique. Jacques alors lui saisit le bras le secouant rageusement en répétant :

— Réponds ; est-elle ta maîtresse ? Est-elle ta maîtresse ?

— Qu’est-ce que ça peut te faire, puisqu’elle ne veut pas de toi ? Répliqua-t-il.

— As-tu été son amant ? Insista Jacques avec rage.

— Je ne veux pas te répondre.

— Je saurai t’y forcer ! Menaça le cadet.

— Tu es fou ma parole ! Comment oses-tu me traiter ainsi ?

— Ne comprends-tu pas que je l’aime ? Et que je veux savoir !

— Eh bien ! Oui, cet après-midi ... Est-tu satisfait à présent ?

Jacques à ces mots, poussa un gémissement sourd et se lança sur son frère avec une telle violence qu’il l’envoya rouler sur le parquet. Puis il se mordit la main pour étouffer un cri et fit le geste de se jeter sur lui ... mais, se ravissant, il se précipita en courant hors de la pièce.

Anselme se releva lentement. Reprenant son pardessus, il se dirigea lentement vers sa chambre, le cœur lourd d’angoisse.

« Nous voici donc ennemis, se dit-il douloureusement. Mais je ne peux renoncer à cette femme pour lui. Non, c’est impossible ! Je ne peux vivre sans elle ... Elle va certainement vouloir nous quitter après ce qui vient de se passer. Je dois à tout prix l’en empêcher ... Si je n’y parviens pas, alors, je la suivrai où qu’elle aille !... Elle finira bien par m’appartenir un jour ... »

Telles étaient les lamentables pensées qui agitaient le marquis.

Un grave, bien grave danger, menaçait à présent l’infortunée Valérie ...

( A SUIVRE LE 15 DECEMBRE )

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