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MOINEAUX SANS NID N° 240

13 Mars 2013, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

CHAPITRE-240--.jpegUne semaine plus tard, Valérie Labeille soignait des soldats blessés dans un hôpital militaire, érigé hâtivement dans un petit village de France. C’est là où elle eut l’occasion de soigner Esposito et d’apprendre qu’il été très lié avec son ancien séducteur, Jean Marigny. Lorsque le jeune blessé lui parla de Robert Montpellier et du dévouement dont il avait fait preuve à son égard, Valérie ne put s’empêcher de s’exclamer :

— J’espère qu’après ce que monsieur Montpellier a fait pour vous il a droit à votre reconnaissance !

— J’attends une occasion, affirma Esposito, pour lui prouver qu’il n’a pas obligé un ingrat.

Et, comme nous le savons, il sur, en effet, se montrer digne de l’attachement que robert lui avait témoigné.

Monsieur Michel Labeille régla rapidement certaines affaires restées en suspens et rejoignit sa fille en compagnie d’Alphonse, son fidèle valet de chambre qui ne voulut pas le quitter. Tous deux habitèrent une modeste maison dont le loyer était minime.

Le père de Valérie se rendait souvent à l’hôpital militaire où sa fille ne cessait de prodiguer ses soins attentifs aux blessés.

Un jour, parvint la nouvelle qu’une grande bataille venait de se livrer. Les commentaires plus ou moins pessimistes, ne cessèrent d’affluer

— L’hôpital va recevoir de nouveaux blessés, disait l’un.

— Nous sommes déjà très nombreux, répondait un autre.

Les ambulances ne tardèrent pas à apporter de jeunes soldats plus ou moins atteints.

Valérie, toujours présents là où on avait besoin d’elle, soigna les blessés, réconforta les déprimés. Le nom de « Sœur Bonté » fut vite sur toutes les lèvres de ces nouveaux venus. Elle se rendait toujours à leur moindre appel souriante et empressée.

Soudain, un jeune soldat lui fit un signe imperceptible. La jeune infirmière s’empressa de le rejoindre.

— On m’a dit que vous étiez une sainte ! Murmura naïvement le garçon.

— Hélas ! Non, protesta Valérie en souriant. Puis, elle prit dans sa main la médaille d’or qui ne quittait pas son cou et ajouta : la vraie et la seule sainte, c’est Elle, la Mère de Dieu !

Le soldat fixa la médaille avec étonnement et écouta les belles paroles de la jeune infirmière.

— C’est moi qui vais te soigner, mais Elle seule peut te donner la résignation qui fait accepter sans protester nos souffrances et nos déceptions. Pria-là et aie confiance en sa miséricorde.

— Merci, Mademoiselle, répondit le jeune blessé. Vos paroles m’oint fait du bien et sont allées doit à mon cœur. Encore une fois merci.

Valérie quitta brusquement le soldat. Il lui avait semblé entendre une dispute. Elle prêta l’oreille avec plus d’attention ... elle ne s’était pas trompée. Deux hommes discutaient à haute voix. Ce n’était pas à proprement parler une dispute, mais plutôt une conversation très animée.

A travers la porte vitrée de la salle, la jeune infirmière vit un médecin lieutenant agiter ses longs bras devant un sergent qui portait un blessé dans ses bras. Le sous officier semblait maîtriser difficilement sa réprobation et ce n’est qu’au prix d’un effort de volonté inouï qu’il répondait respectueusement au médecin lieutenant.

Valérie tressaillit.

Cette voix ! Elle connaissait cette voix qui résonnait jusqu’au plus profond d’elle-même et la faisait trembler.

Elle courut vers les deux hommes.

— Robert !... S’écria-t-elle d’une voix rauque, n’en croyant pas ses yeux.

Le sergent déposa à terre son précieux fardeau.

— Va ... Valérie ! Vous !... enfin, je vous retrouve !

En quelques mots, Robert Montpellier expliqua à la jeune femme que le médecin lieutenant voulait s’opposer à ce que le blessé qu’il portait soit hospitalisé tout de suite, jugeant son état peu grave comparativement à celui de certains blessés.

— Ne vous énervez pas, Robert, fit doucement Valérie. Tout va s’arranger. Votre ami sera accepté ici.

Pendant cette conversation, deux infirmiers avaient emporté sur une civière, Jean Marigny, qui gémissait doucement.

Le médecin lieutenant s’approcha de robert la main tendue.

— Sergent, excusez-moi ! Je soigne les blessés depuis plusieurs jours sans prendre aucun repos, j’ai les nerfs à fleur de peau ...

— Mes respects, mon lieutenant, répliqua robert, mettant ainsi fin à une discussion qui avait eu une heureuse solution ; Robert avait retrouvé sa chère et adorée Valérie.

Jean Marigny fut installé à une extrémité d’une grande salle, il se sentait découragé et à bout de résistance.

Bientôt deux médecins entourèrent son lit.

— J’ai mal !... Gémit le blessé.

— Nous allons calmer vos douleurs, répliqua l’un d’eux. Une infirmière va vous faire une piqûre.

Le diagnostic fut le suivant : blessures diverses sur le corps et fracture du péroné !

— Pensez-vous que je vais rester infirme ? Interrogea Jean Marigny.

— Vous plaisantez, jeune homme, répondit l’un des médecins en riant. Vous semblez broyer du noir ! (Et se tournant vers Robert qui suivant d’un regard attentif cette scène, il lui demanda) : Sergent, veuillez s’il vous plait, appeler « Sœur Bonté » ?...

— Tout de suite, mon lieutenant, répondit le jeune sergent.

Robert rejoignit rapidement celle qu’il aimait.

— Valérie, dit-il en l’enveloppant d’un regard plein de tendresse et d’admiration, le médecin vous réclame.

— Je le rejoins immédiatement, répondit-elle, en terminant le bandage qu’elle faisait à la jambe d’un blessé.

— Merci, Valérie, murmura Robert.

Il sourit à la jeune infirmière et revint auprès des deux médecins qui examinaient toujours très attentivement les blessures de Jean Marigny.

— « Sœur Bonté » arrive tout de suite, dit-il.

Leur examen terminé, les deux praticiens se penchèrent sur d’autres blessés.

Quelques minutes plus tard, Valérie s’approcha du médecin lieutenant et lui demanda :

— Vous m’avez appelé, docteur ?

— Oui ! Répondit-il. Je crois que vous feriez bien de faire une piqûre calmante au blessé que vient d’apporter le sergent. Il est très abattu et semble souffrir beaucoup.

— Oh ! S’exclama Valérie, apitoyée. Ses blessures sont-elles graves ?

— Il en a deux qui sont sérieuses, précisa le médecin lieutenant, mais je pense qu’il est surtout victime d’un état de dépression extrême. Après lui avoir fait une piqûre, parlez-lui, Mademoiselle. Je suis certain que vous saurez trouver les paroles qui le réconforteront.

Valérie fit un signe de tête affirmatif et se dirigea rapidement vers une petite table qui contenait des seringues et tout ce qu’il fallait pour faire des piqûres aux blessés.

Peu de temps après, elle était au chevet de Jean Marigny.

Le jeune blessé gémissait doucement, sa tête enfouie dans ses bras repliés. Il espérait ainsi arriver à s’endormir.

Valérie murmura doucement :

— Je vais vous faire une piqûre calmante.

Jean Marigny ne répondit pas.

Sans se décourager, la jeune infirmière poursuivit :

— La Providence n’abandonne jamais ses créatures, il faut avoir confiance en Elle !

— Laissez-moi tranquille, répliqua Jean Marigny. Laissez-moi ... j’ai fait beaucoup de mal et je mérite mon sort.

Valérie crut défaillir au son de cette voix et elle ne put retenir une exclamation étouffée.

Elle avait tout de suite reconnu la voix de son ancien séducteur !

 

( A SUIVRE LE 16 MARS )

 

 

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