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MOINEAUX SANS NID N° 226

30 Janvier 2013, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

CHAPITRE-226.jpegRien à faire ! Annonça « le Boiteux » en se laissant tomber sur la chaise placée près du lit sur lequel était étendu Marius. Cette vieille sorcière à la peau aussi dure que celle d’un éléphant et vos menaces ne l’ont guère émue !

— Comment ? Elle refuse de donner de nouveau de l’argent à Edwige ? S’écria Marius en fronçant les sourcils.

— Elle menace même de l’accuser de chantage, ajouta « le Boiteux ». Je ne marche plus. Je ne veux pas avoir affaire à la police, c’est trop dangereux ! L’ami d’Edwige ne répondit pas. Il garda quelques secondes le silence, semblant réfléchir intensément, puis, brusquement, son visage s’éclaira :

L’odieuse mégère ! S’exclama-t-il tranquillement. Alors, tant pis pour elle ! Lorsqu’elle comprendra que nos exigences reposent sur quelque chose de solide, il sera trop tard !

— Ecoute ! Reprit « le Boiteux ». Au cours de mon entretien avec elle, « l’Araigne » a sortit de son armoire un coffret qui devait bien contenir deux à trois cent mille francs.

— Je sais en effet, que cette femme à l’habitude de gardez toujours beaucoup d’argent chez elle, convint Marius.

— Eh bien ! Ca m’a donné une idée, reprit « le Boiteux ».

— Si tu te proposes de l’alléger de son magot, tu te trompes, déclara sèchement Marius. Cette vieille est plus rusée qu’un renard. Elle ne se laissera pas surprendre. J’y avais déjà songé, mais sachant qu’elle avait autrefois subi une agression nocturne, j’en ai déduit qu’elle avait certainement redoublé de précautions pour défendre son bien. En outre, il ne faut pas courir un si gros risque sans savoir ce que contient exactement le coffret.

— Mais je le sais, protesta « le Boiteux » et si tu ne veux pas t’associer à moi, c’est ton affaire. Pour ma part, je suis décidé à tenter le coup. Tant pis ! Je chercherai quelqu’un d’autre pour faire le guet.

— Pour faire le guet ? S’écria Marius. Et combien es-tu décidé à donner pour ça ?

— Cinquante mille francs si le coup réussit, répondit « le Boiteux ».

Et il ajouta aussitôt :

— Je cours cependant le risque de trouver peu d’argent si la vieille en a retiré une partie pour traiter ses affaires, comme elle à l’habitude de le faire.

— Tu vois bien ! Interrompit Marius, le jeu n’en vaut pas la chandelle ! Laisse tomber ça et écoute mon conseil.

— Jamais de la vie ! Ne serait-ce que pour lui donner une bonne leçon pour m’avoir traité comme elle l’a fait !

— Alors, c’est tout à fait différent ! S’écria Marius, tu veux non seulement de l’argent, mais aussi te venger ?

— C’est juste, reconnut « le Boiteux », Marius quel est ton dernier mot ?

— D’accord pour cinquante mille francs, répondit ce dernier, en riant et en bondissant hors de son lit, s’étirant comme un chat qui vient de se réveiller. Et quand as-tu l’intention de tenter ce ...

— Cette nuit même, précisa « le Boiteux ».

— Cette nuit ? Répéta l’autre, très étonné. Tu agis sans avoir préparé ton coup ?

— C’est absolument inutile, trancha « le Boiteux ». Je connais très bien la maison et sais que cette sorcière y vit en compagnie de deux vieux domestiques. Ils sont inoffensifs et absolument incapables de lui porter secours, le cas échéant.

Marius le fixa, perplexe, puis sourit.

— Tu as peut-être raison, admit-il, d’autant plus que tu as vu l’argent dans le coffret.

— ... et cette idiote le range dans une armoire dont la clé reste toujours dans la serrure.

— C’est d’accord pour cette nuit, répliqua joyeusement marius. Je ferai le guet, à moins que tu ne désires que je prenne part à l’action. J’aimerais mieux me tenir à l’écart pour la raison que tu connais.

— Ne te tourmente pas à ce sujet, fit « le Boiteux », je comprends très bien cette restriction de ta part. tu n’auras qu’à me prévenir par un coup de sifflet en cas de danger.

— Ce sera très facile, répliqua Marius, ravi d’autant plus que les lumières sont interdites par crainte d’incursions aériennes toujours possibles !

— Bon ! Nous sommes bien d’accord, reprit « le Boiteux ».

— Il ne nous reste qu’à convenir de l’heure de cette opération, fit observer son complice.

— Trois heures du matin, fixa « le Boiteux » ; c’est l’heure à laquelle les agents relâchent leur surveillance. Nous partirons à deux heures. Nous aurons ainsi le temps de choisir le moment opportun pour agir.

« Le Boiteux » insista :

— Surtout, Marius, n’emporte pas d’armes !

— Je suis e ton avis, répliqua son complice. D’ailleurs, je n’en vois pas l’utilité ! Ajouta-t-il en riant. Je ferai le guet et c’est plutôt toi qui seras en danger ! Mais j’espère que tes poings te suffiront pour te défendre, le cas échéant, contre ces trois vieilles personnes.

— C’est exact ! Admit « le Boiteux » et au cas où l’opération raterait, il vaut mieux, surtout en période de guerre, ne pas être surpris les armes à la main, car ça pourrait nous coûter très cher !

Il se tut, puis reprit, soudain inquiet.

— J’ai oublié de te dire qu’il vaut mieux ne pas en parler à Edwige. On ne sait jamais ! Les femmes sont tellement bavardes ! Tu me comprends, j’espère ?

— Je partage entièrement ton avis, approuva Marius. J’ai promis à Edwige de l’accompagner au cinéma, mais tu peux compter sur moi, je serai ponctuel.

— Entendu, répondit « le Boiteux ».

— Alors, à cette nuit, conclut Marius, en lui tendant une main que l’autre serra chaleureusement.

« Le Boiteux » le quitta pour regagner sa chambre et Marius s’étendit de nouveau sur son lit, se replongeant da ns la lecture d’un journal sportif.

Marius, en effet, fut très ponctuel. A deux heures moins dix, il était de retour à la pension où « le Boiteux » l’attendait, trépignant d’impatience.

Il poussa un grand soupir de soulagement lorsqu’il le vit apparaître dans l’encadrement de la porte d’entrée.

Tous les pensionnaires, ainsi que madame Bonnet dormaient profondément. La maison était plongée dans le silence le plus parfait.

— Partons ! Murmura « le Boiteux », et espérons que tout se passera bien !

— J’en suis absolument certain, affirma Marius, et je suis ravi à l’idée du bon tour que nous allons jouer à cette odieuse mégère !

Silencieusement, les deux hommes quittèrent l’immeuble et se glissèrent dans les rues désertes où l’obscurité était totale.

La nuit était magnifique et d’innombrables étoiles scintillaient dans le ciel.

Après un quart d’heure de marche, Marius et « le Boiteux » se trouvèrent près du canal et ne tardèrent pas à arriver devant le petit pavillon habité par « l’Araigne » et ses deux vieux serviteurs.

Aucune lumière ne filtrait à travers les volets clos.

Les deux hommes demeurèrent immobiles, observant la maison. Après quelques minutes d’attente, « le Boiteux » murmura à son complice.

— Allons-y !

— Très bien, répliqua à voix basse Marius. S’il y a la moindre chose suspecte, je sifflerai l’air de la « Valse brune ».

— D’accord ! Approuva « le Boiteux ».

Après avoir regardé à droite et à gauche pour s’assurer que la rue était déserte, il adressa un dernier geste à son complice.

L’autre répondit par un signe de tête et se mit à marcher à pas lents sur la trottoir, comme le ferait un homme qui hésite à rentrer chez lui, afin de profiter quelques instants de plus de la douceur d’une belle nuit.

Pendant ce temps « le Boiteux » était déjà à l’œuvre.

A l’aide d’un crochet, il eut vite fait d’ouvrir la grille du jardin, la poussa avec précaution pour éviter qu’elle grinçât et longea a pas de loup la petite allée conduisant à la villa.

Connaissant parfaitement la maison, il se dirigea vers la véranda et essaya d’ouvrir la porte. Il ne fut pas étonné de découvrir qu’elle était fermée à clé. Il prit son passe-partout et pénétra quelques secondes après à l’intérieur, il avança avec une souplesse extraordinaire et atteignit la porte du salon qui était restée entr’ouverte.

Un sourire de triomphe se dessina sur les lèvres minces « du Boiteux ». Il entra dans la pièce en refermant soigneusement le battant de la porte.

Il respira plusieurs fois longuement pour maîtriser sa nervosité puis alluma sa torche électrique, dont il promena le faisceau lumineux autour de lui ... et se dirigea résolument vers l’armoire où « l’Araigne » avait remis le précieux coffret.

Ayant constaté qu’elle était fermée à double tour, il reprit son trousseau de clés et réussit assez rapidement à en trouver une qui ouvrit l’armoire.

Une seconde plus tard, le coffret métallique était entre ses mains. Il le serra contre lui en frissonnant de joie, puis s’éloigna sans faire le moindre bruit. Il arrivait à la porte de la véranda, lorsqu’il s’arrêta soudainement.

Il ne fallait pas que Marius connût le chiffre exact des billets enfermés dans la boîte, sinon il exigerait une somme bien plus élevée que celle convenue entre eux.

« Que dois-je faire ? Se demanda-t-il, hésitant. Ouvrir le coffret ? Je cours le risque de faire du bruit et de manifester ainsi ma présence ! »

« Le Boiteux » se décida vite ; il ralluma sa torche et posa le coffret sur une petite table d’osier. Puis il enfonça sans succès différentes clés ans la serrure. Ses gestes devenaient de plus en plus nerveux. Sortant alors un canif de sa poche, il essaya de soulever le couvercle ... A sa grande stupeur, il découvrit que le coffret n’était pas fermé à clé ! Son énervement et son impatience l’avaient empêché de s’en apercevoir !

Il tressaillit de joie en découvrant un gros rouleau de billets de dix mille francs. Le premier moment de surprise passé, il le saisit et le glissa dans sa poche.

Maintenant, il ne lui restait plus qu’à partir et à s’éloigner du pavillon le plus rapidement possible. L’opération avait parfaitement réussi et il sourit en songeant à la tête que ferait « l’Araigne » en s’apercevant du larcin.

Sans attendre davantage, il éteignit sa torche et posa sa main sur la poignée de la porte. Au même instant, la véranda fut inondée de lumière, tandis qu’une voix criarde et menaçante résonnait à ses oreilles :

— Haut les mains et ne bouge pas !

Pris sur le fait, le malfaiteur fut forcé d’obéir. Il leva lentement ses bras au-dessus de sa tête, livide de rage et de déception.

Comment avait-il pu se laisser prendre, tel un rat dans un piège, au moment où la réussite couronnait ses efforts !

— Tourne-toi de mon côté, « le Boiteux » ! Ordonna impérieusement la mère Picquet. Je t’ai tout de suite reconnu !

L’homme obéit de nouveau en proférant des injures et fixa ironiquement le visage grimaçant de haine de la vieille femme, ainsi que le revolver qu’elle serrait dans sa main droite. Elle le maintint en joue et vociféra !

— C’est en me volant que tu prétends me témoigner ta fidélité et ta reconnaissance ? Et dire que j’étais assez idiote pour avoir confiance en toi !

Elle prononça ces paroles en se rapprochant de lui et en le tenant toujours sous la menace de son arme. Elle le fixa haineusement, puis hurla, folle de rage :

— Eh bien ! Pourquoi ne me réponds-tu pas ? N’essayes-tu pas de justifier d’une manière ou d’une autre ta présence ici ? Jamais je ne t’aurais cru capable de me jouer un tour pareil ? Cependant, je dois reconnaître que j’ai beaucoup de chance, ce qui n’est pas ton cas, « le Boiteux », car je t’ai surpris juste au moment même où tu allais t’enfuir.

Elle le défia du regard, goguenarde comme si l’embarras « du Boiteux » l’amusait beaucoup, alors qu’il aurait voulu rentrer sous terre.

— Je me doute bien qu’il t’est difficile de trouver une excuse, alors que je t’ai pris la main dans le sac !

« Le Boiteux » haussa les épaules et poussa un grand soupir.

— Ne bouge pas ! Hurla-t-elle, en se rapprochant d’une petite console sur laquelle était une clochette d’argent ... Je te préviens qu’au moindre geste, je t’abas comme un chien, et tu sais que j’exécute toujours ce que je dis !

Elle tendit la main pour saisir la clochette et appeler ses domestiques, lorsque « le Boiteux » s’écria, terrorisé à la perspective d’être mis en prison.

— Attendez, Madame Picquet ! Il est vrai que vous m’avez pris sur le fait, mais avant d’appeler, permettez-moi de vous expliquer ce qui s’est passé, même si mes paroles vous paraissent invraisemblables.

« L’Araigne » eut un sourire sceptique et méprisant.

— Tu as raison de dire « le Boiteux » que je ne pourrai pas croire à tes explications. Inutile de perdre davantage un temps précieux. Le fait est indiscutable ; tu m’as vu prendre de l’argent dans ce coffret et tu n’as pas résisté à la tentation de t’en emparer. Tu es une canaille et un bandit. Je refuse de t’écouter.

Elle saisit la sonnette et l’agita vigoureusement.

« Le Boiteux » sembla se résigner à son sort et bredouilla quelques paroles incompréhensibles, tandis que la vieille femme ne le quittait pas des yeux.

Quelques minutes s’écoulèrent avant que la porte ne s’ouvre pour laisser entrer le vieil Arnold qui avait enfilé un pantalon sur son pyjama. Apercevant sa maîtresse armée d’un revolver, il demeura pétrifié de stupéfaction.

— Entrez donc, imbécile ! Cria rageusement « l’Araigne ». Vous ne voyez pas que j’ai besoin de vous ?

— Que ... Que désirez-vous madame ? Bredouilla le pauvre homme en obéissant craintivement, je croyais ...

— Courez vite chercher un agent et si vous n’en trouvez pas dans les parages, allez jusqu’au Commissariat de Police. Vous préviendrez le Commissaire ou son remplaçant que j’ai surpris un cambrioleur chez moi. Qu’on vienne tout de suite l’arrêter ! Faites vite !

— Oui, Madame, répondit Arnold, en jetant un regard furtif sur « le Boiteux » mais je vais, auparavant monter m’habiller.

— Ce n’est pas la peine, cria aigrement la mère Picquet. Allez-y comme vous êtes. Personne ne s’en étonnera, vu les circonstances. Je vous répète qu’il n’y a pas une minute à perdre.

Arnold fit un geste d’acquiescement. Il allait sortir de la pièce, lorsque la voix étrangement impérieuse « du Boiteux » l’arrêta.

— Attends un instant, il faut, auparavant que je parle à ta maîtresse !

— Bandit ! Hurla « l’Araigne ». Je t’ai déjà dit que je ne veux pas t’écouter. Obéissez, Arnold !

— Je t’ordonne, moi d’attendre ! Hurla « le Boiteux » d’une voix de stentor et se tournant vers « l’Araigne » il ajouta : pour votre bien je vous conseille de m’écouter !

Un sourire ironique éclaira le visage ridé et méchant de la vieille femme.

— Pour mon bien ? S’exclama-t-elle, furieuse, ne dis pas de telles sottises, « le Boiteux »

— Lorsque vous saurez ce que j’ai à vous dire, vous changerez certainement d’avis, déclara ce dernier avec le plus grand calme. Laissez-moi parler avant d’alerter la police.

— Bon ! Je t’écoute ! Grogna-t-elle en fronçant les sourcils. Parle vite, car je n’ai que trop perdu mon temps avec une canaille de ton espèce.

— Voici : commença calmement « le Boiteux ». Bien que les apparences soient contre moi et que votre colère soit compréhensible, vous me remercierez d’avoir agi comme je viens de le faire dans quelques instants.

— Te remercier ? Hurla « l’Araigne » rouge de colère. Tu en as du toupet !

— Laissez-moi achever, vous ferez ensuite tous les commentaires que vous voudrez.

— Je pense que vous n’avez pas oublié ce que nous avions projeté ensemble ce matin ? Reprit-il froidement. J’ai donc sollicité les confidences de Marius. Il m’a appris qu’il avait décidé de venir vous cambrioler cette nuit ...

— Ecoute « le Boiteux » j’ai nettement l’impression que tu cherches à brouiller les cartes car si ce que tu dis était vrai, pourquoi n’est-ce pas lui qui est ici ?

— Parce que je l’en ai empêché, expliqua « le Boiteux » en souriant car s’il avait volé votre coffret, vous n’auriez jamais revu votre argent ; c’est un garçon astucieux et très dangereux. Je me suis débrouillé pour venir à sa place. J’allais empocher l’argent et lui remettre le coffret vide. Me comprenez-vous à présent ?

— Tu me prends pour une imbécile ? Comment peux-tu penser que je vais croire à une telle histoire ? Ricana-t-elle.

— Vraiment ? Tu as empoché mon argent et tu ...

— J’allais vous le rendre. Libre à vous de ne pas me croire, c’est la stricte vérité. Je ne suis pas un voleur et voici la preuve de mes paroles ; en ce moment, Marius doit rôder autour de votre maison pour y pénétrer lorsqu’il aura jugé le moment favorable.

— Quelle imagination « le Boiteux » ! Je ne crois pas un mot de ce que tu racontes, répliqua « l’Araigne » après avoir échangé un regard stupéfait avec son vieux domestique.

— Vous n’avez qu’à regarder dans la rue et vous y découvrirez très certainement Marius. Je suis presque certain qu’il doit roder autour du jardin, attendant le moment propice pour pénétrer chez vous.

— Arnold ordonna « l’Araigne » allez vous assure de la vérité de ces paroles !

Le vieil homme s’empressa d’obéir et disparut dans la nuit, après avoir refermé derrière lui la porte de la véranda. « Le Boiteux » et « l’Araigne » demeurèrent face à face, sans échanger une parole.

Quelques minutes s’écoulèrent ainsi, puis le jardinier rentra, de nouveau, dans le salon.

— Il ... il a dit vrai, Madame, annonça-t-il. A travers la grille du jardin, j’ai distingué un homme, faisant les cent pas et ne quittant pas les yeux la maison.

« L’Araigne » fixa « le Boiteux » stupéfaite, tandis que ce dernier plongeait une main dans la poche de son pantalon et retirait le paquet de billets de banque qu’il posa sur la table.

— Voici votre argent, dit-il à « l’Araigne », déconcerté, comptez-les, il n’en manque pas un seul !

— Tu ne mentais donc pas ! S’exclama la vieille femme. Tu es entré ici pour défendre mon bien ! Mais pourquoi ne m’as-tu pas prévenue ?

— Je n’en ai pas eu le temps. Marius se préparait à venir, lorsque je l’ai devancé. Vous n’ignorez pas combien il peut être dangereux, car il n’hésite pas à tirer, lorsqu’il tient une arme dans sa main et ...

— D’après ce que je peux en conclure, fit « l’Araigne » toujours méfiante, Marius doit entrer ici pour me voler ?

— C’est ce qu’il ne va pas manquer de faire, lorsqu’il jugera le moment opportun, affirma « le Boiteux ».

— Alors nous allons l’attendre ensemble dans l’obscurité, décida « l’Araigne » et ce sera à toi de te débrouiller avec lui.

« Le Boiteux » agita affirmativement la tête, tandis qu’un imperceptible et étrange sourire se dessinait sur ses lèvres.

 

( A SUIVRE LE 2 FEVRIER )

 

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