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MOINEAUX SANS NID N° 130

16 Avril 2012, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

CHAPITRE-130--.jpegDe très bonne heure le matin un agent pénétra dans la salle du commissariat de police où se trouvaient tous ceux que l’on avait arrêtés au cours de la nuit.

— Tout le monde dehors là-dedans !

Il s’approcha de Pierrot, lui donna une légère bourrade amicale sur l’épaule en disant :

— Quant à toi, petit, ne recommence pas, et j’espère ne plus jamais te ramener ici !

— Mais, Monsieur l’agent, protesta l’enfant indigné, je n’ai rien fait de mal, moi !

— Allons file, et en vitesse ! Ordonna l’agent.

Pierrot ne se le fit pas dire deux fois et se précipita dans la rue. Une fois sur le trottoir, il poussa un grand soupir de soulagement ... Durant toute la nuit, il n’avait cessé de penser à Mireille. Aussi prit-il vivement la direction de la sordide masure où vivait la mère Picquet.

Il avait combiné un plan pour parler à la fillette et la convaincre de s’enfuir de nouveau.

« Silslareprennent,sedisait-ilenavançantrapidementehbien !Elleenseraquittepourrecommencer,etainsidesuitejusquàcequecettemauditesorcièreenaitassez !Cettefois,jesuisprêtàlexpédieraudiableduncoupdecaillou.Ilsagiraseulementdeviserjuste !

« Onmemettraenprison,maisonfinirabienparmerelâcherunjour,etmaMireillenaurapasàsupporterpluslongtempslesgiflesetlescoupsdecettemégère ! »

Enfin, le petit garçon atteignit la rue où habitait « l’Araigne ». Tout de suite, il remarqua les groupes formés par les voisins qui commentaient l’agression dont avait été victime la vieille sorcière.

Pierrot s’arrêta devant la porte fermée de la « boutique » et s’adressa à l’une des femmes :

— Pardon, Madame, savez-vous si la « grand-mère » est chez elle ?

— Elle est rentrée il y a quelques instants, répondit l’interpellée, mais elle doit dormir à présent. Que lui veux-tu donc, petit ?

— Ce n’est pas précisément elle que je voudrais voir, répondit Pierrot après une légère hésitation, mais la petite Mireille.

— Comment ? Tu ne sais donc pas ce qui s’est passé cette nuit ? S’exclama son interlocutrice.

— Si ; elle a repris Mireille avec elle !

— Je vois que tu ignores tout, constata la femme ; cette nuit, on a cambriolé « l’Araigne » et on a également enlevé la petite.

— Quoi ? S’écria-t-il tout pâle. Qu’est-ce que vous me racontez là ?

— Rien que la stricte vérité, mon gars !

— Et qui donc aurait enlevé Mireille ? S’exclama Pierrot d’une voix angoissée.

— On soupçonne un monsieur très élégant qui, justement, rôdait dans la rue cette nuit, expliqua la femme.

« Elleveutpeut-êtreparlerdemonsieurRobert... »Pensalepetitgarçon.

La femme après cette explication, reprit son entretien avec une voisine.

— Mon Dieu ! Commenta-t-elle. Chaque jour nous apporte du nouveau. Penser que maintenant les malfaiteurs sont des gens chics que l’on prend pour de vrais messieurs !

— Je me demande pourquoi cet homme a enlevé la petite, fit l’autre, perplexe, tandis que Pierrot les écoutait avec stupeur.

Lorsqu’on lui raconta le vol et la brutalité de l’agression, l’enfant comprit tout de suite qu’il ne pouvait certainement pas être question de robert Montpellier. Mais qui, alors, avait pu enlever sa jeune amie ?

« Peut-êtrelemarquisdEvreux ? »Pensa-t-ilenfrissonnant,carilserappelaittoutcequeleuravaitfaitsubircethommecyniqueetméchant.

Il s’éloigna en courant pour se rendre à l’atelier du peintre. Lorsqu’on lui apprit qu’il ne s’y trouvait pas, il en fut tout désorienté, se demandant ce qu’il devait faire, se répétant malgré tout qu’il devait à tout prix retrouver Mireille ... Mais où ? Et comment ?

Il avait dans sa poche la clé du modeste logis de Valérie et il y retourna presque machinalement.

« Jedoisréfléchiràcequilfautfaire,serépétait-il,maisjemeursdefaimetjetombedesommeil !Jevaiscommencerparmangerunmorceauetdormirquelquesheures ;ensuite,mesidéesserontplusclaires.

Par la fenêtre ouverte, il entendit un marchand de journaux crier dans la rue les dernières nouvelles, c’est-à-dire le vol et l’enlèvement qui avaient eu lieu chez la mère Picquet. Il se précipita au dehors et acheta « Paris-Jour ».

Il apprit ainsi l’arrestation de Robert Montpellier, accusé de cambriolage et du rapt.

Fou de colère, Pierrot déchira le journal en mille morceaux !

— Diable ! S’écria-t-il, la malchance s’acharne encore sur nous tous. Mais de quelle mauvaise action sommes-nous donc coupables ? Est-ce donc un pêché d’être bon et honnête ? Monsieur Robert jeté en prison ? Ca dépasse tout ce que je pouvais imaginer !

Il éclata en sanglots si violents qu’un agent de service dans la rue s’approcha de lui et lui demanda, apitoyé ce qu’il avait. Mais en levant les yeux sur l’homme qui lui adressait si aimablement la parole, et reconnaissant un agent, l’enfant, au lieu de lui répondre, prit ses jambes à son cou et disparut parmi la foule des passants, très nombreux à cette heure de la matinée dans ce quartier populeux de Paris.

Il remonta quatre à quatre l’escalier et une fois chez Valérie, il se laissa tomber sur une chaise, épuisé et éclata de nouveau en douloureux sanglots, car ici, plus encore que partout ailleurs, il ressentait cruellement l’absence des deux êtres qu’ils chérissait.

Au bout d’un instant, il se leva, essuya son visage ruisselant de larmes du revers de sa manche en murmurant d’une voix encore mal assurée :

— Je ne dois pas pleurer ! Un homme ne pleure jamais, même s’il n’est vu de personne ! Et puis, je dois dormir. Quand je serai un peu reposé, je trouverai quelle décision prendre, mais je dois récupérer avant tout, car, en ce moment, je suis trop las et incapable de penser ...

Il se dirigea vers sa couchette et découvrit sur l’oreiller une enveloppe contenant un petit mot et quelques gros billets de banque. L’enfant fixa cet argent avec ahurissement, presque avec crainte. Il le prit cependant et lut ce que Valérie lui avait écrit avant de s’en aller.

 

Pierrot, cet argent est pour toi et Mireille. Si mon absence devait se prolonger quelque temps, je t’en enverrais de nouveau.

Tendres baisers Valérie

 

La douce jeune femme avait laissé aux deux enfants une partie de l’argent envoyé par son père. Devant ce qu’il considérait comme une vraie fortune, le garçon demeura tout interdit, ne réussissant pas à compter le montant de son argent, tant il trouvait la somme fabuleuse.

« Un,deux,trois,quatre,cinqbilletsdedixmillefrancs !Cafaitcinquantemille !Jaicinquantemillefrancsmoi,Pierrot ! »

Une joie folle l’envahit. Puis il cacha les billets sous son matelas.

« Non,jenepuisfairedeprojetspourlemoment.Jetombedefatigue.Lorsquejauraidormijeréfléchirainormalement.Oh !Mireille,Mireille,pourquoinest-tupasici !Nousvoilàriches,àprésent ! »

Il alla fermer la porte à clé, puis se jeta tout habillé sur son lit et s’endormit presque immédiatement.

Il rêve beaucoup ... de Mireille, naturellement !

Ils étaient ensemble, mais beaucoup plus grands, de vrais jeunes gens. Tous deux très riches, dépensant l’argent à pleines mains, faisaient partie des gens les plus en plus de la capitale, de somptueuses voitures attendant devant leur hôtel particulier du Champ de Mars ...

Mais en se réveillant, il se trouva dans on petit lit ... Hélas ! Sans Mireille !

Il se souvint tout de suite de la petite fortune laissée par Valérie. Pouvait-il en disposer à son gré ? En avait-il réellement le droit ?

Il aligna en face de lui sur la table tous les billets et les contempla longuement en silence ... Qu’allait-il faire de cet argent ?

Pas un instant, malgré son jeune âge, il ne songea à s’acheter des friandises, ni aller se distraire au cirque ou au cinéma ... Mais il se dit qu’il devait profiter de cette aubaine pour commencer à faire son chemin dans la vie.

L’absence de Mireille le désespérait, le privant de la majeure partie de ses moyens ; son âme d’enfant était angoissée par la solitude qu’on ressent lorsque l’on est privé de la présence d’êtres tendrement chéris.

Où donc était sa chère Mireille ? Mystérieusement enlevée de chez la mère Picquet ... Valérie partie pour l’Espagne et Robert en prison !

Il se sentait affreusement seul, seul et si triste !

Brusquement, il se rappela l’abbé Louis et décida d’aller lui demander conseil.

« Oùdoncvais-jecachercetargent ?Sedemanda-t-ilsoudainpréoccupé.Lemporter ?Jepourraisleperdreoumelefairevoler.Lecacherici ?Commecettechambrerestepresquetoutletempsinhabitée,unvoleurpourraitmeledérober ...Jamaisjenauraispenséqueposséderdelargentpuissedonneruntelsouci !Avant,lorsquejétaistrèspauvre,jenepensaisàrien,tandisquàprésentilmesembleavoirperdremabelleinsouciance !Tantpis,jevaisenemporterlamoitiéetlaisserleresteici. »

« Etsijemachetaisuncostume ?...PierrotenMonsieur !Pourvuquenmevoyantmespetitscopainsnemaccablentpasderailleries !...Ouimais,habillé,jenemeferaipluschasserdepartout.Onabeaudire,lhabitfaitbienlemoine ! »

Lorsque Pierrot prenait une décision, il ne tardait guère à la mettre à exécution, chose indispensable à qui veut arriver dans la vie.

Il partagea donc son argent en deux parts égales, en dissimulant la moitié sous son matelas et glissa l’autre dans la poche droite de son pantalon.

« Jamaispersonnenepourraitimaginerquejeporteunetellesommesurmoi !Aucunpickpocketnesongeraàsattaqueràmoi !Dailleurs,jeseraitrèsprudent ... »

Un instant plus tard, il était dans la rue et marchait fièrement, avec l’impression que la terre entière lui appartenait ! Il arriva devant un magasin de vêtements pour garçonnets et jeunes gens, et poussa le tambour de l’entrée avec décision.

— On ne donne pas la charité ici ! Cria un vendeur en apercevant l’enfant qu’il prenait pour un mendiant, bien sûr.

— Mais je ne la demande pas ! Protesta Pierrot avec mépris.

— Que veux-tu donc, alors ?

— Je viens pour m’acheter un costume.

— Comme ça ... tout seul ?

— Je n’ai pas besoin d’un conseil de famille pour choisir un costume neuf, je pense !

— Va-t-en, petit, je n’ai pas de temps à perdre en plaisanterie !

— Mais à la fin, vendez-vous oui ou non des costumes ? S’écria l’enfant, impatienté.

— Tu as réellement de l’argent.

— Rassurez-vous ? Si je n’en avais pas, je ne serais pas entré dans votre boutique. Et mon argent vaut, je pense, tout autant que celui d’un autre !

Le vendeur, cette fois, éclata de rire et se montra un peu plus aimable.

— Je t’écoute, petit. Combien veux-tu dépenser ?

— Je ne sais pas ... Mais je tiens à être bien habillé !

— Dans ce cas il te faudra également chemise, souliers, chaussettes et cravate.

— Naturellement ! Admit Pierrot.

— Veux-tu me montrer cet argent ?

Pierrot sortit vivement les billets de sa poche.

— Vous voyez que je ne mens pas, fait-il avec ironie ; cessez donc d’être aussi soupçonneux !

— Pour un gosse comme toi, je trouve que c’est beaucoup trop ! Remarqua le vendeur sévèrement. Dis-moi comme tu t’es procuré cette somme, sinon j’appelle un agent !

— Je ne suis pas un voleur ! Assura Pierrot avec force.

— Alors, dis-moi comment tu l’as eu.

Le petit garçon réalisa instantanément le danger qui le menaçait et expliqua vivement :

— Je suis vendeur de journaux et de billets de loterie. Comme il m’en est resté un de la dernière tranche, je l’ai gardé et j’ai eu un peu de chance, c’est tout !

— Pourquoi n’en as-tu pas fait profiter tes parents ? Reprocha sévèrement le vendeur.

— Parce que je suis seul au monde, pardi ! répondit Pierrot avec un haussement d’épaules. Et maintenant, voulez-vous, oui ou non, me vendre un costume ? Autrement, j’irai l’acheter ailleurs.

L’homme sourit, convaincu cette fois, et le fit passer dans un salon d’essayage, puis il le quitta pour revenir avec quelques costumes, des chaussettes et des souliers.

Après plusieurs essayages, Pierrot quelques instants plus tard, était complètement transformé. Il avait choisi un fort joli costume marron chiné à pantalon court, avec chaussettes et souliers assortis, et cravate chinée dans les tons roux et or du plus bel effet.

Il fut le premier stupéfait de l’image que lui renvoyait le miroir, tandis que le vendeur ne cessait de le complimenter.

— Tu as vraiment l’air d’un prince ! S’exclamait-il en riant.

Pierrot, satisfait, souriait à son image, ne se lassant pas de s’admirer.

— A présent, reprit le vendeur, tu devrais aller chez un coiffeur te faire couper les cheveux et t’acheter un bracelet montre.

Lorsque Pierrot paya son costume, la maison lui offrit une belle pochette de soie.

Quelques minutes après, il sortait de la boutique, mais il n’osait se hasarder du côté de la porte de Pantin, craignant les moqueries de ses petits camarades et portant sous le bras le paquet de ses hardes. Il avait refusé de s’en séparer, songeant qu’elles pourraient lui être utile au cas où il devrait se remettre à vendre des journaux.

Pierrot rentra chez lui pour déposer son paquet ; Comme il aurait aimé se montrer ainsi habillé à Mireille pour se faire admirer !

Après s’être lavé soigneusement le visage et les mains, il se rendit chez un coiffeur, et c’est à peine s’il se reconnut une fois ses cheveux coupés et coiffés.

En sortant de la boutique, il s’arma de courage et se dirigea vers la Porte de Pantin pour y chercher Mireille.

La première personne qu’il rencontra fut un de ses camarades qui vendait des gaufres à la porte d’un café, un grand dégingandé quelque peu « demeuré », le souffre douleur du coin, dont il avait maintes fois pris la défense contre les autres.

Il s’approcha de lui et demanda :

— As-tu vu Mireille, Petit Louis ?

PetitLouisnelereconnutpastoutdesuiteetréponditenlefixantavecahurissement !

— Mi ... Mireille ?

— Eh bien ! Oui, la petite fille qui vendait des billets de loterie à la sortie du métro. Voyons, tu ne me reconnais donc pas, Petit Louis ?

Le vendeur de gaufres hésitait ; il ne pouvait encore réaliser que ce garçon si bien habillé put être Pierrot, le vendeur de « Paris-Jour » et de « France-Soir ».

— Tu ne te souviens plus de moi ? Ton copain Pierrot.

Cette fois, la stupeur de son interlocuteur se transforma en hilarité et il s’écria en lui donnant de grandes tapes sur le dos tout en riant aux larmes.

— Pierr ... Pierrot ! Quelle surprise, Pierrot ! Mais tu es un vrai bourgeois à cette heure ! Non, je ne puis y croire !

Il continuait à se torde de rire et à frapper de grands coups sur l’épaule de son camarade, mais il le faisait avec tant de cœur et en riant si fort que Pierrot, qui essayait d’éviter les « caresses », un peu trop brutales à son gré, de son ami, finit par s’écrier, énervé :

— Cesse donc ! Tu me fais mal, voyons !

Des badauds désoeuvrés s’arrêtaient, observait la scène ; quelques-uns hochaient la tête d’un air réprobateur. Un homme intervint même, croyant que le marchand de gaufres malmenait le petit garçon. Il saisit par le bras celui qu’il croyait l’agresseur et le secoua en lui disant sévèrement :

— N’as-tu pas honte de maltraiter cet enfant de la sorte ? Il n’a rien des voyous de ton espèce !

Le jeune marchand le fixa avec stupéfaction.

— Mais je ne lui veux aucun mal, Monsieur ! Protesta-t-il.

— comment ? S’écria le passant. Tu ne vas pas me dire que tu lui manifestais ton amitié !

— Il faudrait appeler un agent, renchérit une femme en s’approchant à son tour. Quelle petite brute !

Puis, se penchant sur Pierrot, elle lui caressa la joue et lui demanda avec sollicitude :

— Il ne t’a pas fait mal, au moins ? Pauvre chou, tu es si mignon !

Pierrot était tellement étonné qu’il ne pouvait arriver à articuler un mot, il désirait cependant dissiper cette équivoque et faire comprendre à toutes ces personnes combien elles se trompaient.

L’enfant ne pouvait s’empêcher de se dire, avec une pointe d’amertume, qu’auparavant, quand il portait encore ses vieilles hardes et qu’ils lui arrivait de se battre avec d’autres gamins des rues, les passants s’arrêtaient également pour les regarder et voir lequel d’entre eux sortirait vainqueur de la bagarre, même pourtant jamais intervenir pour les séparer.

Cette pensée provoqua dans son âme d’enfant une sorte de rancune contre ses défenseurs actuels ... Oui, ils le défendaient à cause des vêtements neufs qu’il portait, et la gaîté un peu brutale de son pauvre camarade lui sembla infiniment plus noble.

Pierrot leva un regard légèrement moqueur sur la femme qui se penchait vers lui et il répondit en haussant les épaules :

— Vous vous trompez, Madame, nous plaisantions tous deux. Nous sommes de bons amis et il ne m’a fait aucun mal !

La passante le dévisagea avec sévérité, puis ajouta :

— Comment se fait-il que tu joues avec un tel voyou ? Je suis sûre que ta maman l’ignore et si j’étais à sa place, je te punirais très sévèrement. De plus, à ton âge, on ne doit pas errer tout seul dans les rues ! Tu devrais être à l’école, à cette heure !

Le vendeur de gaufres, craignant que les choses ne se gâtent complètement, profita de ce qu’on ne s’occupait plus de lui pour disparaître momentanément, abandonnant son éventaire. La passante s’éloigna à son tour en hochant la tête et le petit groupe de curieux qui assistaient à la scène se dispersa.

Quelques secondes plus tard, Pierrot se trouvait de nouveau seul, le cœur lourd d’une insupportable tristesse.

< Que c’est lamentable d’être pauvre ! Se disait-il amèrement. Quelques sous m’ont suffit pour être considéré par mon prochain. Ah ! Ce n’est pas à moi désormais que l’on dira que l’habit de fait pas le moine ! >

Très frappé par cette dernière constatation, il avança le long du trottoir, perdu dans ses réflexions. Soudain il s’arrêta, sourit d’un air méprisant et s’exclama à haute voix :

— Diable ! Qu’est-ce qui se passera alors je jour ou j’entrerai en possession de mon héritage ?

Mais il chassa vite ces pensées de son esprit, car il avait bien autre chose à faire pour le moment, beaucoup plus important et plus urgent que de s’attarder à de telles considérations.

 

( A SUIVRE LE 19 AVRIL )

 

 

Lundi 16 avril a 14 Heures serie de photos

 

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