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LES PLAINTES * LES JOUETS * UN ROI * UN NEGRE

30 Octobre 2012, 09:00am

Publié par nosloisirs

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LES PLAINTES DU SOUFFLEUR

Monologue comique par Miguel Zamacois

Ma vie à son secret ma boite à son mystère !

De ce terrier béant qui s'ouvre à fleur de terre

Je suis l'humble lapin. De ce lugubre trou

Je suis la sombre chouette et le triste hibou !

J'ai le visage cuit par la rampe qui flambe

Tandis qu'un air glacé m'endolorit la jambe...

Mais je conserve aussi de plus doux souvenirs,

Car j'ai soufflé des mots mêlés à des soupirs.

Quand j'étais amoureux de la jeune première

Dont la jupe sur moi balayait la poussière !

Que de fois éperdu, mon esprit s'envola,

Oubliant tout à fait ce pourquoi j'étais là !

Il fallait que sortant de la robe noire

Un joli petit pied trahi par sa mémoire,

A la réalité venant me rappeler

D'un petit coup rageur me soufflât... de souffler !

Que de fois j'ai senti le fond de la souffrance

Quand après un succès faisant la révérence,

La femme que j'aimais ramassait le bouquet

Jeté là sous mon nez par un beau freluquet !

Pour émouvoir un cœur sous un beau sein d'albâtre

Que de fois j'ai rêvé d'un grand coup de théâtre :

Dans mon trou — quel effet ! —me frapper sans broncher

Avec un des poignards tombés sur le plancher !...

J'ai cédé certain soir... soif de foule, un dimanche...

Mais le fer du poignard est rentré dans le manche

Et comme je cherchais en vain du sang sur moi !

Je fus guérir du coup ! Et depuis cette douche

Je ne suis plus un cœur, je ne suis plus qu'une bouche !

Mais je garde pourtant dans mon obscurité

Le juste sentiment de mon utilité

O comédiens ! Grisés du bruit de votre course

Vous êtes les ruisseaux, c'est moi qui suis la source !

Des plus grands d'entre vous je ne pourrais venger,

Car si je vous laissais tant soi peu patauger

Vous seriez exposés aux pitoyables fuites,

Sous la chute des bancs et sous les pompes cuites !

Que de rois, de prélats, d'empereurs, de tyrans,

Ont abaissé sur moi de grands yeux implorants !

Se noyant dans ses mots plus que dans sa folie,

Combien ai-je de fois sauvé cette Ophélie !

Plus heureux que Grouchy, moi Pichard, Jean-Léon,

Combien ai-je de fois sauvé Napoléon ?

Combien toi d'Artagnan ? Combien vous Célimène !

Sombrant dans son récit, combien, toi, Théramène !...

Héros au répertoire, ô princes, ô guerriers !

C'est sous ma cloche en bois qu'on poussé vos lauriers,

Et dans le firmament glorieux fait de toiles

Je suis le ver de terre allumeur des étoiles !

 

LES JOUETS DU PETIT VANDERBILT SONT ASSURÉS

POUR 125 000 FRANCS

 

Enfants qui vous amusez avec les jouets modestes que vendent les camelots sur les boulevards, gamins et fillettes qui cassez impitoyablement les chevaux en bois et les poupées gonflées de son des bazars, écoutez bien ceci.

Un enfant dont les jouets sont assurés pour la somme de cent vingt cinq mille francs viendra visiter Paris cette année. Cet heureux gamin et le fils de M. et de Mrs W. K. Vanderbilt. C'est le petit garçon le plus riche du monde, car il est l'unique héritier d'une fortune de cinq cent millions. Plusieurs de ses jouets ont été fabriqué spécialement pour lui. Ses trains mécaniques et ses chevaux à bascule sont de petites œuvres d'art.

En Américains pratiques, les parents du petit Vanderbilt ont eu soin de faire assurer les jouets de leur fils au cas où ils seraient perdus où brisés pendant leur voyage en Europe.

 

UN ROI QUI FAIT DE L'ESPRIT AU DÉPENS D'UN CANICHE

Il y a quelques années la reine Marguerite d'Italie s'étant aperçue que son époux commençait à blanchir, lui conseilla d'imiter l'exemple de son père et des officiers de l'armée piémontaise qui ne manquaient jamais de se teindre la chevelure dès que l'âge s'avisait de les poudrer à frimas ; mais le joli Humbert détestait, même ans les petites choses, la dissimulation. Il se fit tirer l'oreille « pour réparer des ans l'irréparable outrage »

La reine Marguerite alors eut recours à un stratagème. Se faisant envoyer de Paris un flacon d'excellente teinture, elle le mit en évidence dans la chambre à coucher du roi avec toutes les indications utiles pour s'en servir.

Plusieurs jours passèrent et le roi ne « noircissait » pas. La reine commençait à désespérer du succès de son entreprise, lorsqu'elle vit entrer dans sa chambre un beau matin, le joli caniche blanc, son favori qui s'était transformé du plus beau noir. Humbert avait épuisé malicieusement sur ses poils toue la provision de teinture qui lui était destinée !...

 

UN NÉGRE VENTRILOQUE S'AMUSE A FAIRE

PARLER LES MORTS

Un certain John Samson, joyeux nègre natif de Queenstown en Australie se livre parfois à d'étranges plaisanteries.

Samson qui es ventriloque, rencontrait dernièrement un cortège funéraire composé tout entiers de nègres. Il se joignit à l'escorte. Au moment où les porteurs se disposaient à descendre le corps du défunt au fond de la fosse ne voix caverneuse qui semblait sortir du cercueil s'écria :

Doucement, mes vieux, voulez-vous !

Les nègres devinrent blancs de peur.

Doucement, continua la voix, triples brutes que vous êtes, je sens que vous allez me lâcher et je me casserai les reins !

Pris d'un effroi indescriptible les nègres lâchèrent le cercueil qui s'abîma au fond de la fosse.

John Samson fit alors entendre un rire homérique ; fier de son succès, il raconta la chose à un ami qui le vendit. La police cueillit Samson et le joyeux nègre réfléchit à présent dans les prisons de Queenstown aux inconvénients qu'il peut y avoir à faire parler les morts.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 21 JUIN 1908

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