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LE TRAIN LE PLUS RAPIDE DU MONDE

6 Mars 2012, 09:00am

Publié par nosloisirs

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A PARTIR DU LUNDI 5 MARS A 14 HEURES

VOUS POURREZ VOIR UN REPORTAGE DE PHOTOS

SUR MON DÉPARTEMENT. LES PHTOS SERONT PUBLIÉES TOUS LES LUNDIS ET POUR COMMENCER JE VOUS INVIE DE VOIR LES CLOCHERS TORS

Si cela vous intéresse veuillez me donner votre avis

 

LE TRAIN LE PLUS RAPIDE DU MONDE

Plus vite... toujours plus vite, telle semble être la formule du monde moderne. La vitesse est nécessaire à la vie commerciale et industrielle d'aujourd'hui. Elle a ses héros, elle a ses martyrs peut-être. En tout ça elle a ses serviteurs et les plus modestes n'en sont pas les moins sympathiques.

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Sait-on que la compagnie de chemins de fer qui détient au monde le record de la vitesse est une compagnie française, celle du Nord ? Sait-on que dan cette Compagnie, il existe un mécanicien qui détient sur ses collègues le record du record et qui peut dire en toute vérité : « C'est moi qui ai été le plus vite du monde ! Jamais depuis que la terre existe et depuis que l'humanité la parcourt, aucun homme n'a été aussi vite que moi ! » Sait-on cela ? Sait-on aussi que cet ouvrier consciencieux auquel la gloire de cette vitesse revient à juste titre, en éprouve si peu de vanité qu'il voudrait que l'on laisse son nom ? Et ce nom, cependant, doit être connu pour être ajouté à la liste de ceux qui, depuis le Français Marc Séguin, inventeur de la chaudière tubulaire soit en perfectionnant les locomotives, sont en les conduisant hardiment sur nos voies ferrées, contribuèrent au progrès général par l'accélération de la vitesse des transactions.

M. Fayard est un des trente cinq mécaniciens de la ligne du Nord qui pilotent ces admirables machines compound de 70 tonnes, longues de 20 mètres avec leur tender, et qui joignent à une science pratique de la locomotive un merveilleux sans-froid, fait de l'habitude des grandes vitesses et de la conscience de leur responsabilité. C'est du reste à ces qualités qu'il a dû de ne jamais avoir d'accident. Il a pourtant vingt quatre ans de machine, dont quatorze de « rapide » ; il est par conséquent aux quatre cinquième de sa carrière, puisque la limite d'âge pour les mécaniciens est de cinquante ans.

Il conduit habituellement les trains rapides, qui passent par Saint Quentin. Il fait ainsi 9 000 kilomètres par mois.

Il va de Paris jusqu'à cette dernière ville, soit 153 kilomètres 100 mètres. Là, les trains changent de machine, pour continuer leur voyage.

Dans ce trajet, il marche à l'allure moyenne de 101 kilomètres à l'heure ; c'est-à-dire qu'il doit accomplir son parcours à raison de cette vitesse ; mais, comme bien l'on pense, les règlements lui interdisent de traverser certaines gares Creil entre autre ou de passer certaines aiguilles telles celles entre Paris et Saint-Denis à cette allure ; il doit ralentir jusqu'à 60 kilomètres parfois. Alors pour atteindre sa moyenne , il est obligé, en rase campagne de marche à cent vingt kilomètres à l'heure. Il ne peut aller plus vite bien que par ses essais sa machine puisse aire du 151 à l'heure ; les règlements administratifs édictés par le ministre des Travaux publics le lui interdisent.

Une seule fois cependant alors qu'il avait été choisi pour convoyer le train spécial qui amenait le prince de Galles, fils de S.M. Édouard VII, il lui fut permis de lancer sa locomotive au maximum de vitesse que l'on puisse atteindre sans que les voies en souffrent. Il alla en pleine marche à centre trente à l'heure. C'est le record du monde pour un train de voyageurs faisant un long parcours ; les 254 kilomètres qui séparent Boulogne de Paris furent franchis en deux heures huit minutes. Et cette allure était,encore conforme aux règlements ministériels, du moins à leur lettre, puisqu'elle représentait une moyenne de 120 à l'heure.

Que l'on songe à ce que représente une vitesse de 120 à l'heure celles des rapides du Nord en pleine marche : 2 040 mètres à la minute, 34 mètres à la seconde ! Or, qu'est-ce qu'une seconde ? Un rien mais beaucoup de chose ; il s'est à peine écoulé un milliard de minutes depuis la naissance de Jésus-Christ. En une minute on a le temps de réfléchir encore, mais en une seconde ! Et pour le mécanicien, impassible, les yeux fixés au loin devant lui, guettant les signaux, guettant les obstacles imprévus, les nerfs tendus « dans la position du chat épiant une souris » (selon la pittoresque expression de M. Fayard) une seconde représente un temps très long ; pendant ce temps, il doit faire le raisonnement suivant ; voici un obstacle, ralentirais-je ou m'arrêtais-je ? Si je ralentis cela n'est peut-être pas suffisant, je butte dedans et alors je cause ne catastrophe, si je m'arrête, je risque de m'attarder pour un obstacle qui au moment où je serai auprès, aura disparu. Car l'obstacle est le plus souvent une voiture qui traverse la voie par suite de la négligence d'un garde barrière, ou bien encore un wagon ou une locomotive qui manœuvre dans une gare, il faut, par conséquent une grande maîtrise de soi et une grande habitude pour diriger un tain à une telle allure. Si l'obstacle est aperçu à 700 mètres en avant on l'évite par un arrêt brusque, sinon il y a collision ; en effet, à 120 à l'heure, tous freins serrés et vapeur renverser par suite de la vitesse, le train parcourt encore 550 mètres en patinant.

Heureusement que toutes les précautions sont prises, que,les voies sont soigneusement visitées et que de stricts règlements assignent à chacun une tâche très limités. Si tout le monde se conforme aux règlements, aucun accident ne peut se produire, mais si par malheur quelqu'un croit pouvoir les outrepasser, il y a inévitablement catastrophe. Or, une catastrophe c'est un fait qui se produit rarement par la faut du mécanicien ; celui-ci, homme choisi dévoué, soucieux de sa responsabilité, ne s'abandonne jamais à faire des interprétations de règlements ; il n'a d'ailleurs pas le temps, il raisonne automatiquement, tandis que l'homme de voie, aiguilleur, bloqueur ou chef de gare, se laisse aller à conjecturer ; tel train est sans doute passé, se dit-il en plein brouillard après une minute d'inattention, ou bien dans une confusion d'horaire, tel train à vraisemblablement le temps de passer avant quel autre ne survienne. Et généralement ces raisonnements sont fatals.

REVUE NOS LOISIRS DU 22 MARS 1908

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