LA CONVERSATION * L'HOMME QUI A ÉTÉ...
POUR ALIMENTER LA CONVERSATION
Les autographes des anciens présidents de la République sont d'un prix très variable. Un collectionneur a trouvé une lettre de Thiers à 2.25 F, une de Carnot à 17 francs, une du Maréchal Mac-Mahon à 14 francs.
Les lettres de Félix Faure sont à rien ; on les a pour 6 francs. Par contre celle de M. Loubet sont introuvables.
Un Annamite, M. Tam-Nam-Tu est devenu dans son pays un journaliste de grand talent. Il écrit dans un français très élégant et très pur.
On a trouvé en Sibérie, dans les intestins d'un mammouth des restes de végétaux inconnus qui n'existent plus depuis des milliers d'années.
Les femmes les plus riches de New-York ont décidé de visiter des usines et de se renseigner sur la vie des ouvrières.
Les croque-morts de Berlin se sont mis en grève . Ils réclament 5 francs au lieu 2.50 F pour « dérangement »
M. et Mme James, de portland (Maine U.S.A.)viennent de célébrer leurs noces de diamant auxquelles assistaient cent trente quatre de leurs descendants.
Le plus petit os du corps humain est situé dans l'oreille.
L'asperge est une des plus anciennes plantes alimentaires.
On couvrirait une longueur e cent quatre vingt mètres environ en mettant bout à bout les chaudières d'un grand transatlantiques tel que ceux qui viennent d'être mis en service.
John Leystood, le sinistre bandit anglais
dont nous donnons ici la photographie, est bien connu de tous les policeman londonien. Il est actuellement âgé de terne deux ans. Au mois de mars de l'année 1901, il sortait à peine de prison où
il venait du passer trois ans, pour cambriolages avec effraction, lorsqu'il qu'il fut à nouveau arrêté pour l'assassinat d'une vieille héritière.
Condamné à mort, Leystood fut conduit dans la cour de la prison où il devait être pendu. On le hissa sur le gibet et on lui passa au cou la corde des condamnés.
On sait que le gibet employé par les Anglais consiste essentiellement en une potence placée au-dessus d'un plateau mobile sur lequel repose le condamné. Au moment de l'exécution, on fait descende le plateau au moyen d'un déclic et le condamné reste suspendu dans le vide.
Mais le jour ou Leystood devait être exécuté, le déclic ne fonctionne pas. Pour quelle raison ? On ne put jamais l'établir. Une première fois , le bourreau ne parvient pas à faire descende le plateau. Il vérifia l'appareil et ne constata rien d'anormal. Il fit alors jouer le déclic une seconde fois. L'appareil ne fonctionne pas d'avantage.
Et pendant ces minutes tragiques, le condamné grelottant de terreur, attendait.
On décida d'ajourner l'exécution au lendemain. L'assassin fut éconduit dans sa cellule. On conçoit qu'il eut pendant cette journée et cette nuit terribles, peu de goût à jouer aux cartes avec ses gardiens.
Le lendemain matin, le bourreau fit fonctionner l'appareil sinistre avant qu'on amenât le condamné. Le plancher mobile descendit parfaitement. Mais lorsqu'on eut amené l'assassin ligoté et qu'on l'eut hissé sur le plateau, l’appareil ne bougea pas. En vain le bourreau s’évertua. La potence décidément ne voulait pas Leystood.
Cependant il avait subi déjà « trois tentatives d'exécution ». La presse m'émut . On cria à la barbarie. Et, finalement sa peine fut commuée en celle de déportation perpétuelle.
N'importe, on parle souvent des gens qui ont vu la mort de prés. On peut dire sans exagération que Leystood détient le record.
REVUE NOS LOISIRS DU 5 AVRIL 1908
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