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DANS L'INDE MYSTERIEUSE * Où faut-il acheter un cheval ?

15 Février 2012, 09:00am

Publié par nosloisirs

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DANS L'INDE MYSTERIEUSE 0

Nous ne connaissons plus dans notre société policée, les besoins ni les frayeurs de nos ancêtres. Qui de nous par les rues joyeuses et éclairées de la ville, se trouble à la pensée des fauves ? Cependant des populations plus directement placées sous la dépendance de forces naturelles luttent encore contre une faune ennemie. L'Inde entière par exemple tremble devant le serpent.

 

Le serpent de l'espèce des najas que l'on désigne dans l'Inde sous le nom de cobra capello et vulgairement sous celui du serpent à lunettes, est un des reptiles les plus redoutables. Son corps couvert d'écailles inégale peut se dilater considérablement dans la région du cou où les écailles sont espacées distinctes, très grande. Il est jaune brun, marbré de plaques noires. Entre ses yeux des lignes grises rose dessinent une paire de lunettes qui devient très visible quand l'animal se gonfle sous le coup de a crainte ou de la colère.

Malheur à qui rencontre ainsi devant lui le cobra irrité. Sa morsure amène la mort foudroyante.

Plusieurs milliers d'indigènes — les Indiens allant toujours pieds nus — périssent tous les ans ; l'Angleterre a compté parfois dans ses possessions jusqu'à vingt mille victimes. Aussi quel enthousiasme et quel respect reconnaissant inspirent ceux qui visent et savent lutter contre le monstre ! Comme on se remet entre leurs mains ! Également comme on tremble à la pensée d'un tel pouvoir.

Partout dans l'Inde, une curiosité fanatique pousse le peuple vers les charmeurs de serpents ou psylles. Nulle part, cependant leur autorité n'est mieux établie qu'à Ceylans. L'île enchantée de l'Océan Indien, le pays des perles, des parfums, des pierreries aussi des jeteurs de sorts et des charmeurs de serpents.

 

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Voyez dans cette rue de Colombo, le port principal de Ceylan, la foule pittoresque et bigarrée, guidée par des tam-tams sonores, se diriger du côté où se tient le jongleur. Fakir aux blanches mousselines, marchand de bananes, femmes dont les lourds chinons d'ébène pendant sur un côté, ils se rassemblent impatients du spectacle.

Dans l'antique Égypte les psylles ou charmeurs de serpents formaient des associations redoutables et mystérieuses où les initiés se recrutaient par de dures épreuves. Dans l'Inde, le charmeur se dit doué d'un pouvoir surnaturel et d'une science qui lui fut transmise par ses ancêtres. Il prétend guérir la morsure du cobra (sans l'emploi du sérum Calmettes) et il assure que les serpents obéissent à ses ordres.

Effectivement devant le cercle des curieux, le charmeur tirera d'un panier des cobras qui viendront, colliers vivants, charger son cou et ses poignets.

Tout à coup le cobra tombe en léthargie lourd et raide comme une branche de bois mort ; puis à un signe du charmeur il retrouve sa flexibilité et s'enroule autour du torse du son maître. Des pressions sur l'extrémité de la queue et sur la tête sont des causes déterminantes, parait-il, de cette léthargie et de ce réveil soudain.

Nul ne s'aviserait dans l'Inde d'habiter une maison sans y avoir fait passer le charmeur le snakeman disent les Anglais.

Lentement l'homme ait le tour des pièces, tirant d'une calebasse percée d'un tuyau, quelques notes grêles ; il s'arrête, repart, appelle et l'on vous affirme que sur son passage des serpents accourent et le suivent. Toujours est-il que les fonctionnaires européens se sont pliés à cette coutume indigène ; ils ont recours au snakeman avant de prendre possession d'un nouveau logis.

Le charmeur vit du serpent aussi cherche-t-il sans cesse à se procurer des sujets.

Le voici en chasse ans la campagne. Il tapote des pierres, il tâte le terrain l'aide d'un bambou. Il s'avance sifflant son air monotone. Comme si l'odorat le guidait aussi bien que la vue, parfois il s'immobilise dans un espoir subit, les notes se pressent sur ses lèvres; ses prunelles qui s'enflamment fixent droit devant lui ; le balancement de son corps, ressemble aux mouvements rythmiques du serpent et du maigre gazon ou du milieu des pierres sort, en effet, le cobra cherché.

 

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L’indien marche vers lui, doucement en ondulant en l'imitant. Ses yeux ne quittent pas ceux du serpent. Il le domine, il le fascine ; sa main tombe sur la tête plate, le pouce appuie fortement sur le cervelet créant une catalepsie subite, et avec ne justesse qui tient du prodige l'animal est musclé d'un lien souple qui lui ferme la bouche et s'enroule autour de son cou.

Ensuite le psylle arrache au cobra ses croches venimeux ; il exerce sur sa sensibilité une action indéniable par les pressions dont nous avons parlé mais comment arrive-t-il à dompter carrément la cruelle bête ? A en faire comme un jouet bizarre et étrange entre ses mains ? C'est lui qu'il fit intervenir son pouvoir mystérieux qu'il évoque ses origines (un serpent merveilleux servit d'ancêtres aux psylles dans une fabuleuse antiquité) et qu'il répète sous la foi du serment qu'il est invulnérable aux morsures des reptiles.

On devine l'attrait que représentent pour les Indiens, les charmeurs de serpents. Aussitôt que ressortent leurs flûtes mélancoliques, un cercle attentif se forme ; mais l'instant glorieux ; c'est lorsqu'il rentre après une chasse fructueuse.

Par un beau soir d'Asie il nous fut donner d'admirer ce spectacle. La foule qui se pressait, dès ces premières minute de fraîcheur, aux degrés d'une pagode, se porta en masse aux devant des heureux chasseurs. Avec le geste du salut déférent, les hommes touchaient leur front teint du trident rouge de Siva. Les enfants poussaient des cris aigus. On aurait pu croire à un triomphe. Et n'était-ce pas, en effet la victoire de la ruse et de la force sur l'ennemi éternel ?

 

 

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OU FAUT-IL ACHETER UN CHEVAL ?

La question est vite résolue ; au pays où les chevaux coûtent le meilleur marché. Ce pays est la République Argentine où le dernier dénombrement à révélé l'existence « d'une population » chevaline de 4 792 340 têtes soit une moyenne de 112 chevaux pour cent habitants.

Aussi dans ce pays fortuné, les plus beaux chevaux valent-ils de 125 à 170 francs suivant l'âge. Les meilleurs chevaux de trait se paient au plus 75 francs ; pour les chevaux de ferme ordinaire, on peut s'en procurer autant qu'on en veut à 20 ou 30 francs au maximum et encore à ce prix-là sont des bêtes de choix.

Mais c'est loin, la République Argentine. Le voyage coûte cher. Peut-on trouver plus prêt ? Oui, en Sibérie. Après l'Argentine c'est la Sibérie qui compte le plus grand nombre de chevaux proportionnellement à sa population : 85 chevaux pour 100 habitants.

Aux États-Unis la proportion est bien inférieure : 22 chevaux pour 100 habitants ; en Angleterre elle est de 13 ; en France de 7 ; en Allemagne de 5 à peine.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 15 MARS 1908

 

 

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