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CET HOMME QUI JOUE DU PIANO * L'HOMME AUX 2 JAMBES DE BOIS

6 Décembre 2012, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

Cet homme joue du Piano d'une facon

Qui n'est veritablement pas banale

Un étudiant américain combine les talents du musicien et de l'acrobate. Il a joué devant le Président Roosevelt, que cette bizarrerie a beaucoup amusé et qui à vivement félicité l'étudiant clown et mélomane.

Marsall Hantson est un jeune étudiant de l'Université de Cornell aux États-Unis qui préfère au tennis et au football un sport à la fois plus artiste et plus acrobatique.

M. Hantson adore la musique mais à la condition qu'il ne soit pas contraint pour jouer ses compositeurs favoris, à s'asseoir sur un vulgaire tabouret de piano.

M. Hantson aime Schumann, Beethoven et Wagner,n les musiciens classiques et ceux de l'école moderne, mais à une condition c'est qu'il exécute leurs œuvres dans la position que représente la photographie que nous reproduisons.

Le jeu de  M. Hantson est excellent mais il doit le meilleur de son succès à ses méthodes bizarres d'exécution.

Il a donné récemment une représentation à la Maison Blanche devant le Président Roosevelt et les membres de son cabinet.

Pendant douze minutes trente secondes le virtuose se tint la tête en bas, tapant vigoureusement sur les touches et jouant avec brio une valse difficile.

Le Président fut ravi et le manifesta hautement.

Mais M. Hantson a des façons encore plus bizarres de jouer du piano.

Il sait jouer les yeux bandés sur un clavier recouvert d'un épais morceau de drap.

Le plus difficile des tours qu'il exécute consiste à s'élancer d'un trapèze sur un table, à faire un double saut périlleux et à retomber assis sur le tabouret du piano où il continue, sans manquer la note, un air qu'un musicien joue sur un autre piano.

Récemment interviewé par un journaliste, M. Hantson lui disait :

Ne croyez pas que j'éprouve à jouer du piano dans des positions étranges une simple joie d'acrobate. Il y a dans mon cas autre chose que le plaisir de la difficulté vaincue, autre chose que le désir d'étonner les gens par la souplesse de mon corps et l'adresse de mes mouvements.

Il me semble, en vérité, que je sens mieux les musiciens que je goûte plus complètement leurs œuvres, lorsque je suis obligé de tendre tous mes muscles, de mettre ne jeu tous mes nerfs pour arriver à exécuter un morceau. Je trouve une joie que je ne puis définir à ce mélange, à cette combinaison de l'émotion sportive et de l'émotion musicale.

 

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L'HOMME AUX DEUX JAMBES DE BOIS

Fantaisie humoristique par Gabriel de LAUTREC

Il est très rare de voir un homme doué par la nature d'une jambe en bois. Presque toutes sont artificielle. Je n'ai rencontré qu'un individu qui paraissait être venu au monde avec cette infirmité. Il s'appelait Sam. Tout le village le connaissait. Il marchait les mains dans ses poches avec sur la tête un petit chapeau vert à trois cornes. Et il avait l'air aussi confortable que s'il eût été chaussé de bons et solides snow-boots.

Le plus admirables c'est que Sam ne s'était pas contenté d'une seule jambe de bois ; il en avait deux.

Il racontait aux veillées qu'il avait eu les membres emportées à la guerre par un obus, mais il ne savait pas au juste ce que c'était qu'un obus.

Comme on le tenait pour un bon garçon, on ne le poussait pas trop là-dessus pour ne pas le mortifier.

J'entrais souvent pour lui dire bonjour. Sa maison était au bout du village, près du cimetière.

Une maison bizarre que la sienne, vieil abri de cantonnier tout effondré par la pluie, avec une porte, au ras du sol qui n'avait pas plus d'un yard de haut ce qui le forçait à se baisser pour entrer.

C'était quand même un joyeux gaillard.

Il faisait de ses jambes tout ce qu'il voulait.

Que de fois je l'ai vu danser aux assemblées, où grimper sur les arbres pour dénicher des fruits.

Je me rappelle qu'un jour, un fermier à qui il venait de conter quelque histoire stupide pour se moquer courut après lui et lui lança vigoureusement sa canne à travers les jambes. C'était un gros bâton de cornouiller qui pesait au moins cent livres. Sam était déjà sur la route près de la barrière, quand il reçut le cadeau. Le bâton lui cassa la jambe droite au ras du genou.

Vous croyez qu'il s'en affecta ? Pas du tout.

Il s'assit tranquillement sur un tas de pierres, tandis que l'autre, qui pensait l'avoir tué, rentrer fumer une bonne pipe ; il prit son couteau, qui ne le quittait jamais, et se mit à vous travailler très bien le morceau de jambe coupé.

Deux heures après, il avait creusé une flûte superbe, sur laquelle il était train, lorsque je passai par là, de jouer un air qui me parut un mélange de : Du Clair de la Lune et du Yankee Doodle.

Et il jouait avec expression, faisant aller et venir sa tête et manquant la mesure avec l'autre jambe.

Quand il eut fini, je lui conseillai de couper, pour s'en retourner, l'autre jambe à la même hauteur.

Il troua le conseil excellent, et s'en retourna sur ses deux genoux.

La nuit tombait. Je entrai chez moi, sifflai mon chien et verrouillai ma porte solidement.

Je liais le journal confortablement assis devant un verre de vieux genièvre, écoutant cuire mon souper, quand j'entendis frapper au volet et s'élever une voix pleurarde.

C'était Sam qui me demandait l'hospitalité pour la nuit.

Je vais vous expliquer, gémit-il, je reviens de ma maison. Maintenant que j'ai perdu mes deux jambes, je ne peux plus entrer chez moi, la porte est trop haute.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 5 JUILLET 1908

 

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