4 HISTOIRES
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FUMEURS SI VOUS CRAIGNEZ D'AVOIR LE NEZ ROUGE
NE FAITES PAS PASSER LA FUMÉÉE PAR LE NEZ
Les ivrognes ont la réputation « justifiée » d'avoir le nez rouge.
Il paraît que les fumeurs sont dans le même cas, du moins ceux qui font passer la fumée par le nez.
Voici en effet que nous conte un journal médical :
Un jeune étudiant de dix neuf ans vint récemment consulter son médecin sur la rougeur de son nez le jeune homme était grand fumeur de cigarettes et avait la fâcheuse habitude de rendre la fumée par le nez.
Le fréquent passage de la fumée par des narines avait irrité d'abord les muqueuses puis la peau extérieure du nez, qui avait pris une teinte rouge peu naturelle chez un jeune homme.
Le médecin se contenta de lui ordonner de mois fumer et surtout de renoncer à la pernicieuse habitude de faire passer la fumée par le nez.
UN SEUL JOUR DE VACANCES EN QUATRE VINGT DIX ANS
Benjamin Radleigh qui vient de mourir à Boston à l'âge de quatre vingt dix ans était considérer comme le champion américain de l'avarice. Il se glorifiait de ce titre.
Homme d'affaires, il acheta avec ses économies des terrains qu'on estime 75 000 000 de francs et comme distraction entassa des boutons, des lacets de souliers, des morceaux de craie, de la ficelle et dans les dernières années des numéros d'omnibus et des tickets de métro.
En quatre vingt dix ans il pris un seul jour de vacances.
Encore se reprocha-t-il cette extravagance pendant des semaines.
Il se ventait de n'avoir jamais acheté un billet de théâtre ou de concert ou dépensé de l'argent pour aller au café. Non pas qu'il méprisait ces plaisirs, mais il ne se les permettait que si on les lui offrait.
Il renonça à se faire raser pour ne pas payer le coiffeur et il y a vingt ans alors qu'il avait une fortune qui aurait pu combler les désirs de bien des hommes il se priva subitement de son tabac qui lui coûtait environ huit sous par semaine
QUI DONC AVAIT ENLEVÉ LE PAPE ?
Du temps de Léon XIII toute une bibliothèque a été fournie par les détails et les anecdotes de la vie privée du pape. Mais la simplicité de Pie X ne prête pas matière à beaucoup de littérature.
Il est d('une grande frugalité. Ses menus se composent de soupes au riz, de haricots blanc, de pâtes et de bœuf bouilli. Au moment de son élévation, il crut que ses sœurs (de bonnes campagnardes ainsi qu'on sait) pourraient s'occuper de la cuisine personnelle.
Il fut très étonné quand on lui soumit la lise innombrable des employés à la cuisine et à l'office.
— Que de chefs et de marmitons pour me faire ma soupe, s'est-il écrié.
Ainsi qu'on le sait, le pape ne peut sortir dans les jardins du Vatican ni à pied, ni en voiture sans escorte.
Que fit Pie X ? Un jour il enfila un escalier dérobé et s'en alla se promener seul dans le jardin.
Au bout d'une demi heure le Vatican était en rumeur. On ne trouvait plus le pape. Les messeigneurs discutaient dans les antichambres. Les gardes nobles faisaient atteler la vieille Victoria de Léon XIII, d'autres montaient à cheval.
Et le bois du Vatican était envahi par cette chasse au pape pendant que Pie X se dérobait derrière les bosquets avec malice, mais non sans une certaine irritation.
DES SOURIS QUI FABRIQUENT DU FIL
Un Écossais avait imaginé d’employer des souris à produire la force motrice nécessaire pour actionner un minuscule métier à filer le lin. Il se procura donc une sorte de tambour mobile autour d'un axe fixe à l'intérieur duquel il enferma une souris dont les pattes imprimaient un mouvement de rotation toutes les fois qu'elle essayer de marcher.
Savez-vous combien de kilomètres fait par jour une souris enfermée dans un tambour à rotation, comme un écureuil dans sa cage ? Seize, en moyenne et quelques sujets en ont même fait jusqu'à vingt neuf ! Seize kilomètres par jour, pour un animal qui ignore tout naturellement le repos hebdomadaire, cela fait par an 5 840 kilomètres presque le tour de la France, s'il vous plaît.
Notre inventeur pendant cinq semaines, fit travailler ses souris ; elles produisent à peu près deux kilomètres de fil.
Enthousiasmé l'ingénieux Écossais calcula d'abord que chacune d'elles, au tarif d'une ouvrière d'usine, gagnant environ neuf francs par jour ; puis il annonça urbi et orbi qu'il était acheteur de 15 000 souris.
Malheureusement il mourut sur ces entrefaites. Qui reprendra jamais ses plans ?
REVUE NOS LOISIRS DU 19 JUILLET 1908