Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

3 HISTOIRES

10 Octobre 2012, 09:00am

Publié par nosloisirs

<!-- @page { margin: 2cm } TD P { margin-bottom: 0cm } P { margin-bottom: 0.21cm } -->

TROP DE FLEURS DISENT LES MARINS

LE MISSISSIPPI N'EST PLUS NAVIGABLE

Plusieurs bras du Mississippi ne sont plus navigable. Ils sont à ce point envahis par les jacinthes que les vapeurs n'y peuvent plus passer. Des capitaines qui s'entêtent durent abandonner leurs navires. Ils ne pouvaient plus ni avancer ni reculer. La fleur qui pullule ainsi est une jacinthe fluviale d'origine exotique probablement apportée par les courants et qui a trouvé dans les branches dérivées du fleuve un milieu éminemment propice à sa multiplication. On entreprit une lutte acharnée contre la plante maudite, mais ce fut en vain. Actuellement le gouvernement fédéral vient de fréter un navire spécial chargé d'étudier à nouveau le moyen d'exterminer sur place les trop envahissantes jacinthes.

 

SI VOUS ETES NEURASTHÉNIQUE FAIRE

UNE CURE DE SILENCE

 

Ce n'est pas seulement la vie agitée que nous menons dans les villes qui est pour nous une source perpétuelle de fatigue.

Les psychologues et les médecins qui s'occupent des maladies nerveuses ont établi l'énorme influence du bruit sur notre système nerveux.

Et il ne s'agit pas seulement des bruits journaliers que nous percevons et dont nous connaissons l'action nocive mais aussi de ces innombrables bruits qui pénètrent en nous inconsciemment mais qui n'en fatiguent pas moins notre nerf acoustique, déterminant ainsi une perte considérable d'énergie nerveuse.

Pour le démontrer, le professeur Rubner directeur de l'Institut d'hygiène à l'Université de Berlin a imaginé un appareil « compteur de bruit » qui permet de connaître le nombre des ondes bruyantes qui frappent notre oreille dans l'unité de temps. Il a établi ainsi que le travail journellement exigé de notre ouïe par les bruits d'une grande ville est si formidable qu'il n'est pas étonnant de voir les personnes habitant les grandes agglomérations en proie à un état perpétuel d'irritation sans parler de la tension nerveuse, des troubles fonctionnels, des maladies de tout genres du système nerveux. Cet état constitue à note époque une maladie particulière.

Aussi les surmenés, les maladies du système nerveux, les neurasthéniques feront-ils bien de s'en aller chercher le repos en des lieux silencieux, où ils seront à l'abri des mille bruits de la ville.

 

LE BEC DE GAZ

Fantaisie humoristique de Georges FABRI

Lorsque je reviens du pôle Sud après une petite excursion d'environ seize années je constatai tel Philéas Fogg après son tour du monde que le bec de gaz de ma cuisine était resté allumé.

Il me semblait pourtant bien l'avoir fermé avant de partir. Seize ans de gaz à payer ! bigre...

Mais aussitôt une rassurante hypothèse jaillit dans mon esprit.

J'avais par dépêche prié mon concierge de donner un petit coup de plumeau dans l'appartement. Sans doute pour y voir plus clair, avait-il cru devoir allumer le bec ; puis il s'en était allé sans songer à l'éteindre.

Oui, oui... c'était cela... Et mon gaz ne brûlait que depuis la veille, depuis le matin seulement peut-être.

Je voulus néanmoins en avoir le cœur net.

Le présumé coupable frottait l('escalier. Je l'appelait discrètement :

Concierge ! Venez donc... Venez donc un peu que je vous montre quelque chose.

Et lorsqu'il fut chez moi, brusquement je le confrontait avec mon bel allumé.

C'est vous n'est-e pas ? Qui avait allumé ce gaz ?

Moi ! Fit-il très maître de lui. Monsieur veut sourire.

Mais si ! Mais si ! C'est vous... ça ne peut être que vous !

Il examina la flamme avec attention puis se retournant vers moi :

Monsieur fait erreur... D'ailleurs, monsieur n'a qu'à regarder la flamme.

La flamme ? Qu'est-ce qu'elle à la flamme ?

Il eut un sourire de pitié.

Monsieur voit bien que c'est une vieille flamme ?

Une vieille ? Ah ça ! Je crois que vous vous offrez ma tête. Une vieille flamme ?... Et à quoi gros malin, à quoi voyez-vous que c'est une vieille flamme ?

Sa pitié se fit plus méprisante encore.

Monsieur n'a qu'à regarder de plus près... Là... tenez...

Par acquis de conscience, j'ajustai mon binocle... Et, mon Dieu ! Je dus m'incliner devant l'évidence.

Entre la flamme et la lyre, une araignée avait tissé sa toile !

 

REVUE NOS LOISRIS DU 14 JUIN 1908

 

 

Commenter cet article